‹ Echos de Québec [microforme]Chapitre 5 sur 25 · ETC · texte numérisé non relu

ETC

assurément belles, mais peu canadiennes, de Gus-

le ment dure Pa 1859, e le de m lélat de

nières ay

tave Aimard, de Louis Veuillot, d'Hippolyle Aude-

val, de M"° Craven et autres, elle est entrée néces-

sairement dans une période de décadence. Eth chose se comprend facilement, On forme une liste d'abonnés pour une publication destinée à

promouvoir la littérature canadienne, à la répandre

# et à la faire connaître; puis, on donne à ses lec@i cos ;

leurs, au lieu décrits indigènes, des reproductions avoir

La littérature canadienne 27

avec trangères. Evidemment, les directeurs ne rem-

[nten- jisent pas leur partie du contrat, et l'abonné, jbré, en quelque sorte, de ses obligations, leur

fete hurne le dos.

cation, À Aussi, depuis un peu plüs d'un an, la Revue

conSla- Belle dû adopter une autre ligne de conduite et

ée Vtt rnir à l’idée dont s'étaient inspirés 5es fonda-

ospères. Bus. Il est à espérer que ce retour aux bonnes

rs etra- itions sera bien accueilli et surtout bien rému-

œuvres, , de Gus- Le Aude-

ée néces-

k mentionnerai encore l'Echo du Cabinet de ture Paroissial, excellente compilation fondée

1899, et j'en finirai avec cette partie un peu

le de mon sujet pour considérer le temps actuel lélat de la littérature canadienne pendant ces

lières années.

“c'est ici que nous pouvons nous. demander,

"pductions

ès avoir parcouru rapidement cette période de

UE

près de trente ans, si véritablement, aujourd'hui,

il y a lieu de constater un progrès bien réel.

Je ne voudrais pas avoir l'air de flatter les écrivains de mon époque; mais il me serait difficile de ne pas reconnaître qu'il y à un progrès, non-

seulement réel, mais extrêmement accentué,

Jusqu'à ce jour, au point de vue de la littérature, l'Europe nous ignorait complètement ou à peu près. Mais, depuis quelques années, nos écrivains ont pu franchir ce cercle étroit dans lequel ils étaient enfermés, pour se produire au dehors et parler dans un horizon un peu plus étendu. On nous Jit en France ; on nous lit surtout aux Etats Unis, et des revues de ces deux pays ont non seulement signalé et commenté, mais reproduit les

meilleurs écrits de nos littérateurs.

Le beau, quelque part qu'il se manifeste, pr

voquera toujours l'admiration; l'essentiel est qui

ma hab fre:

leur chose

preuv

La littérature canadienne 29

it tit

ird'hui, soit mis en lumière. Un discours, par exemple,

|. comme celui qu'a prononcé M. Chauveau lors de

ie l'inauguration du monument commémoratif de la les ecrli-

L difficile

ANA hol-

bataille de Sainte-Foye, fait nécessairement sa | marque, même chez les nations qui sont le plus Le

habituées aux grandes joûtes oratoires. On est ntue. ! (] , . \ breé d’avouer qu’un peuple qui possède un ora-

la littèra- À teur capable de penser et de dire de semblables

ment où à À choses, n’est pas un peuple illeltré, mais fait

s, nos éeri À preuve, au contraire, d’un goûtextrêmement dève-

dans lequel

au dehors

bppé pour les œuvres véritablement littéraires.

Les conférences de M. l’abbé Holmes, dont on

tendu. 0. FR ete “ent de faire une seconde édition, sont, dans un

ux Etats il a autre genre, un de ces monuments qui parlent par

pe ot no eux-mêmes ; et le fait qu'on ait senti le besoin de reproduire une seconde fois ces admirables disours indique à lui seul, pour notre époque, un jrogrès étonnant dans le sentiment du bon et du

eau littéraires. Je sais bien que ces deux ora-

30 La littérature canadienne teurs distingués ont, en eux-mêmes, tout ce qui

faut pour provoquer et attachei ’admiration ; mai

je désire faire ressortir ce fait que leurs bell

œuvres empruntent de la publicité qu'ont su con

quérir les auteurs de nos jours, un regain de faveu

el d'éclat qui ne peut que profiter à tout le moud

Je pourrais dire la même chose des écrits pod tiques de MM. Fréchette et Crémazie, que no n'avons pas été seuls à admirer et que la France salués avec un légitime orgueil.

Il serait extrêmement délicat pour moi d'en ici dans une étude détaillée des œuvres qui vienn de se produire ou qui se produisent actuelleme Je ne puis pas, cependant, m'empêcher de sign les écrits remarquables de MM. Casgrain, Fauc de St. Maurice, Marmette, Lemay, Larue, Bu Evanturel, Marchand et Routhier, qui, dans dvers genres, contribuent puissamment à pron voir notre littérature, et à la faire non-seulet

con eux publ qui 1 par € mule l'espé lemps de la { nerf d

, ce quil on ; mA urs belle{ nt su con n de favetl le mont

écrits pui :, que no

, la France

moi d'enl qui vient Letuelleme er de sign rain, Faut Larue, Bu i, danse ent à proii

1on- seule

La littérature canadienne 31

connaître, mais estimer à l'étranger. C’est grâce à eux si nous pouvons, aujourd'hui, parler à un publie plus étendu et faire de nos écrits une chose qui rémunère et peut, par conséquent, se soutenir par elle-même. Car, il est inutile de se le dissimuler, les littérateurs, pas plus que le reste de l'espèce humaine, ne sauraient vivre de l'air du temps ; et ce qu'on est couvenu d'appeler le nerf de la guerre peut, à aussi bon droit, s'appeler le nerf de la littérature.

Autrefois, et cet autrefois ne remonte guère à plus de dix ans, l'écrivain travaillait pour le seul amour de l'art, ou, du moins, dans le seul but de se faire une réputation. (Ce sont, sans doute, deux motifs pleins de noblesse et de grandeur, et ceux qui ont le moyen d'y chercher exclusivement leur inspiration n’en ont pas un mérite moins digne d'admiration. Mais, en somme, sans être trop

malérialiste, il faut bien compter un peu avec les

32 La littérature canadienne

exigences de la vie terrestre, et je ne crois pas, comme certaines personnes—celles-là n'ont sans doute jamais senti l’aiguillon de la faim—je ne crois pas que l'on prostitue l'art en le faisant servir à produire le pain quotidien. On a écrit d’ad mirables choses, sur ce sujet, pour encourager les artistes dans tous les genres à mépriser les souf frances de la chair, ct à poursuivre, sans défaillir leur noble but, en tenant leurs yeux fixés san cesse sur ces étoiles brillantes, mais glacées comm l'étoile polaire : la gloire et la renommée Hélas il est difficile de tirer quelque chose de son encri lorsque l'encre s'y gèle, et il est presque impo sible de se recueillir quand c'est la faim qui charge de donner canstamment des distraction Le génie seul est capable de ces actes surhumain

et, de nos jours, les génies sont rares. Notre hi

tude impitoyable pourrait, d’ailleurs, paraly

leur aile et abaisser quelque peu la hauteur dele

La littérature canadienne 33

pis pas wl. Il est bien probable, dans tous les cas, que ont san «es admirables conseils dont je parlais {out à

je ne l'heure ont été écrits dans un fauteuil moelleux et

ant ser-M sous la chaude influence d'un brasier pétillant. Il crit d'air} a rien comme les prodigues pour donner des

acec Li cours d'économie. Il n’y a rien comme les riches urager les

Les soufii rour savoir bien prècher les avantages de la pau-

,s défaillir vrelé.

fixés sa RNT ;

Quoiqu'il en soit, dans les circonstances où nous ‘6Es COMM ÿ À | u s#mmes, il est impossible de ne pas avouer que la

ce Hélas

Mrinunération des œuvres de l'esprit ne soit une son enCrl Le . :

F les cénditions nécessaires au progrès de notre litsque 1m faim qui!

istraction

lreture. Et il est de fait que de l'adoption de ce ystème date l'essor qui a été imprimé aux lettres

Mans ce pays.

surhumail

. Notreh

8, paralfs

Les fondateurs de la Revue Canadienne ont été,

à crois, les premiers à consacrer ce principe.

uteur de Siheureusement, leurs ressources limitées ne : C

La littérature canadienne

té

leur ont pas permis de réaliser toutes les espé- Fe

rances qu'ils avaient laissées entrevoir.

plu

L'Opinion Publique est ensuite entrée dans cette que

voie, et a pu s’y maintenir au profit des uns et des À été]

autres, vel é

L'Album de la Minerve, ressuscité en 1872, a

il avait également adopté ce système, et l'aurait laute

à exploité avec beaucoup de succès, si d'autres entre. paul

L prises plus considérables et plus importantes n °se qui co

n’eussent obligé ses promoteurs à suspendre leur

al Moi en fait

grain.

intéressante publication.

Il y a, toutefois, un fait maintenant bien établ

c’est qu'aucune revue ne peut, dorénavant, sub

M. Ca Ourrici

sister parmi nous si elle ne se résigne à rémunéré convenablement ceux qui fournissent l'aliment ü l'a tj ail, pou loit et

écep le

sa vie intellectuelle.

Du reste, nous devons à ces généreux bienf

ne mn

teurs de la littérature canadienne un tribut

< rasage RES Rata ts snanss crntsrred,

ein

S espé-

ans celle

ns et des

en 1872, et l'aurait

atres entré:

pendre \eur

à rémunelté

t\ aliment

La littérature canadienne 3)

reconnaissance que nous leur :ccordons avec la plus entière sincérité, Mais il y a, cependant, quelqu'un à qui nous devons encore plus, qui a été le véritable promoteur et le soutien de ce nouvel état de choses; qui s’est interposé, avec toute l'autorité que lui donnait son indépendance, entre l'auteur et les éditeurs; qui a forcé ceux-ci à reconnaître la suprématie de ceux-là, et qui a imposé ce principe, juste d'ailleurs, que l'écrivain qui compose un livre a droit à une rémunération a moins aussi grande que celle du prote qui en fait l'impression. J'ai nommé M. l'abbé Cas-

grain.

M. Casgrain peut être appelé justement le père

jourricier de la littérature canadienne. C’est lui ui l'a tirée de l’état de svjétion où elle languisait, pour iui permettre de s'asseoir au soleil du oit et de la liberté. Il a lui-même donné le éceple et l'exemple.

36 La littérature canadienne

Là-dessus, il ne peut, ou, du moins, il ne doit y avoir qu'une opinion.

Parmi les jeunes liftérateurs de nos jours, ils en a peu qui ne lui doivent un bon conseil ou une aide donnée à temps; et beaucoup de nos écrivains sont parvenus aujourd’hui à se faire un nom, qui n’y seraient jamais arrivés s'ils n'avaient rencontré sur la route cet ami plein de dévouement 4 désintéressement, qui sait mettre de côté toutes les petites jalousies de métier, et qui se réjouit di

succès des autres comme de son propre succès.

Ces choses sont assez rares pour qu'on ne I passe pas sous silence.

Maintenant que nous avons vu, à vol d'oise pour ainsi dire, ce qu'a été et ce qu'est nl littérature, nous pouvons légitimement nous (

mander—et c'est par là que je terminerai—quel

peuvent être nos espérances pour le futur.

J puis grès donn

l'aven

il nou

ne doit

ours, il y il ou une nos écri-

re un nom,

La littérature canadienne 37

praliie

J'ai étudié de près le mouvement littéraire, depuis quelques années, et il m'a semblé que les progrès immenses que nous avons accomplis nous

donnent le droit d’avoir une entière confiance dans

l'avenir. Mais, pour arriver à des résultats sérieux,

nous faut deux choses.

D'abord, il est indispensable d'apporter, non pas un changement radical, mais certaines modifica-

ions dans notre système d'instruction.

J'ai le plus grand respect pour l'antiquité; etles

monuments littéraires qu’elle nous a laissés, après

or éclairé nos esprits, feront encore, pendant

ben longtemps, l'admiration de ceux qui viendront près nous. Mais il me semble, d’un autre côté, lue nous ne tenons pas assez compte de l’âge résent, Je ne veux pas qu'on abandonne Homère ! Virgile ; mais je voudrais que leurs admirateurs

ussent moins exclusifs, et nous permissent d'étu-

38 La littérature canadienne

dier davantage ceux qui sont plus rapprochés de nous.

Dans toutes les branches des connaissances hue maines, il y a eu, à l’origine, des lätonnements et

des essais. Puis, les siècles, dans leur marche, se

sont servi des découvertes de leurs devanciers pour À

pousser plus avant leurs recherches, et arriver à

des résultats que ceux-ci n'avaient pu atteindre,

Si, aujourd’hui, chaque savant était obligé de recommencer les calculs effrayants qu’ont dû s’imposer les Copernic, les Galilée, les Newton, les Morse, pour arriver aux résultats qu'ils ont obtenus, la science en resterait au même point, sans avance d’un seul pas. Mais on fait mieux. On prend ce qu est déjà fait; on l’approfondit, on l’améliore, onl perfectionne. C’est ainsi qu’on avance et q chaque siècle apporte son contingent de déco vertes et de perfectionnements sous l'œil de Die

> faisons

D sélo prog Je plique admet où le p

que l’ar

Certa

de co ossible ile qui, l'éblou

ar Cont

el’ons

Le tout

La littérature canadienne 39

ete

és de qui bénit ces travaux lorsqu'ils sont faits dans un bon esprit, et qui les anéantit quand ils tendent à | s'éloigner de la source de toute science et de tout

ces bte À progrès.

nents et Je n'ignore pas que ces idées ne sauraient s’apir che, 8 piquer entièrement à la littérature ; mais faut-il Le 4 | mettre, d’un autre côté, qu'elie soit le seul art arrive on progrès reste en quelque sorte impossible, et Leindre.

que l'antiquité, sur ce sujet, ait dit le dernier mot ?

obligé de nt daù sim ewton, le nt obtenus, ins avance rend ce qi sliore, Où!

nce et { de déc Le tout est de bien choisir, et c’est ce que nous

Certainement non.

Je conçois qu’on doive s'éloigner, autant que possible, de cette littérature immorale et matériaile qui, de nos jours, envahit le monde, et tend l'éblouir par un clinquant de faux aloi; mais, ar contre, il y a des beautés, des magnificences

e l’on semble rejeter avec un peu trop de mépris.

œil de Di faisons pas assez. Une arme dangereuse dans

40 La littérature canadienne

ns

une main inexpérimentée peut devenir le salut

même avec un bras qui sait s’en servir.

Nous avons cette main inhabile, je l'avoue:

mais nous possédons également ce bras exercé et !

ferme : c’est à lui que j'en appelle pour nous guider dans LL voie qui ne peut que nous conduire au

SUUCOÔS,

Il y à une seconde cause qui entrave, parmi nous, les progrès de la littérature. C'est l'absence

complète d’une véritable critique littéraire.

J'ai remarqué que, dans notre province, lorsqu'il se produit une œuvre littéraire, on la blâme à ou trance, où on l'élève jusqu'aux nues. Il n’y a pi de milieu: le livre est plat ou sublime. Cela vie de ce que, généralement, la plume du critique es placée entre les mains d’une personne tout-à-fii inexpérimentée, qui, ne pouvant juger par elk même, et, souvent, n'ayant pas même la l'ouvrog

dont l'am Souv vinai, lende

même

Cet

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Jde n

mer, a

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enir did avail } Nériter ]

ui save

’AVOUR ; ercé et !

as guider

duire au

ve, parmi l'absence

La littérature canadienne 41

dont il s’agit, donne libre cours à la haine ou à l'amilié que peut lui inspirer le nom de l’auteur. Souvent, un livre d’un mérite réel subit la censure vinaigrée d’un mousse de la plume, tandis que, le lendemain, une fadeur littéraire est placée par le même au rang des chefs-d'œuvre.

Cet état de choses est profondément regrettable et de nature à décourager tout effort sérieux vers k progrès de nos lettres.

Je ne puis m'empêcher, en terminant, de témoimer, au nom du public lettré, mes remerciments aux directeurs de l'Université Laval, pour l'initialive patriolique qu’ils ont prise en ouvrant des concours publics où la jeunesse litléraire peut enir disputer la palme du mérite. L'Université

‘avait pas besoin de ce nouveau sacritice pour

uériter les sympathies etl'admiration de tous ceux

ui savent apprécier le dévouement qui se cache

42 La littérature canadienne

sous le manteau de l'humilité chrétienne. Mais elle a voulu prouver que ce sont toujours ceux qui ont le plus fait qui font encore davantage. D'ail. leurs, le proverbe le dit: «Noblesse oblige ;» et

le Séminaire de Québec a un passé qui ne lui

permet pas de faire les choses à demi.

Ce bel exemple a porté ses fruits, et j'ai vu avec plaisir que l’Institut Canadien de Québec a été le premier à le s'ivre en ouvrant, cette année, un

concours d’éloquence.

Avec l’élan qui est déjä donné, et des encouragements partis de si haut, la littérature, dans la province de Québec, ne peut manquer d'arriver à ce degré de perfection qu’ambitionnent tous les véritables amis de la religion et de la patrie.

ne

Mais

encoura >, dans la arriver à

tous les

trie.

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