DÉVELOPPEMENT DE LA SUISSE
Les lecteurs qui pensent qu'un voyage est d'autant plus intéressant qu'il est instructif m'excuseront de rappeler ici, — pour ne pas scinder le sujet, — les principales étapes du développement de la Confédération et de jeter un rapide coup d'œil d'ensemble sur l'histoire de la Suisse.
Les autres tourneront les pages.
Ce qui fit en tout temps la force et la cohésion du petit peuple suisse, c'est d'abord sa configuration géographique, son sol tourmenté, merveilleusement disposé pour la défense.
Ce fut ensuite, « dans la lutte pour la vie » contre leurs puissants voisins, la
conformité des intérêts des divers cantons, formés à l'origine d'éléments hétérogènes, en hostilité perpétuelle les uns contre les autres.
De même enfin que la dureté des minéraux est en rapport avec la durée de leur formation, la lenteur du développement de la nation Suisse fut une autre condition de sa force de résistance aux chocs extérieurs et aux dissensions intestines.
Autour du noyau formé par l'alliance des trois « cantons primitifs » s'agglomérèrent successivement les dix-neuf autres cantons.
Cette lente cristallisation à travers les siècles se lit dans l'ordre suivant :
En 1322, Lucerne.
En 1351, Zurich.
En 1352, Glaris et Zug.
En 1353, Berne.
En 1481, Fribourg etSoleure.
En 1501, Bàle et Schaffhouse.
En 1503, Appenzell.
En 1798, Valais, Vaud, Argovie, Tessin, Grisons,ThurgovieetSaint-(iall.
En 1815, Genève et Neuchâtel.
A la suite de ce tableau chronologique, indiquant les rattachements successifs des cantons à la Confédération primitive, il suffira de placer celui des principaux faits de l'histoire de Suisse, pour rafraîchir la mémoire du lecteur et l'intéresser davantage à la suite de cette pérégrination à travers ses cantons historiques.
S'il désire des notions plus étendues, il en trouvera de très complètes dans 1' « Abrégé de l'histoire de la Confédération suisse »
par Alexandre Daguet (Neuchâtel, 1891), édité précisément à l'occasion du sixième centenaire.