DE LA BATAILLE DE SEMPACH A LA REFORME
Le quinzième siècle vit se continuer le travail d'affranchissement et se développe!
l'esprit guerrier des Suisses.
Ce fut d'abord, de 1401 à 1429, la guerre des Appenzellols et des Saint-Gallois contre les Autrichiens.
Puis, en 1415, la conquête de tArgovte.
Vers la même époque, Vaillance du peuple d' Uri avec le Valais contre les ducs de Milan et de Savoie. Déjà, dans le siècle précédent, les habitants d'Uri avaient franchi le Saint-Gothard et pris, pour un temps, la Léventine aux ducs de Milan.
A mentionner encore la fondation des ligues Grisonnes.
La conquête de l'Argovie, en excitant la cupidité des vainqueurs, fut l'origine de la guerre civile qui éclata, huit ans après, entre Schwyz, alliée à la plupart des états confédérés, et Zurich qui s'était tourné vers l'Autriche.
Les confédérés avaient mis le siège devant Zurich. L'empereur d'Autriche, se sentant trop faible, invoqua contre eux le secours du roi de France, Charles VIL Le Dauphin (depuis Louis XI) les écrasa, malgré leur vaillance acharnée, dans cette bataille de Saint Jacques, sur la Birse, dont
on voit à Bàle le monument commémoralif.
De 1458 à 1468, conquête de la Thurgovie.
De 1474 ii 1476, guerre de Bourgogne dans laquelle les Suisses abattirent la redoutable puissance de Charles le Téméraire dans les immortelles batailles de Granson, Morat et Nancy.
Morat ! Glorieuse et sanglante journée, qui valut aux Suisses leur renom de bravoure implacable. Ils avaient pu réunir une armée de 80,000 hommes, qui infligea une désastreuse et irrémédiable défaite aux Bourguignons, leurs anciens alliés. Ils en massacrèrent 10 à 13,000. D'où le proverbe :
« Cruel comme à Morat ! »
A voir à Fribourg le vieux Tilleul, dont voici la légende.
A Morat, les jeunes gens de Fribourg avaient mis une branche de tilleul à leurs chapeaux, en signe de ralliement. Le premier qui apporta la nouvelle de la bataille tomba mort, épuisé parla course, après avoir crié Victoire! en agitant sa branche de tilleul.
On la planta religieusement sur la place
de l'Hôtel-de-Ville, où elle donna, dit-on, naissance à l'arbre plus de quatre fois séculaire qu'on y voit encore aujourd'hui (?)
Enfin, la guerre de Souabe (1499), où les Confédérés tinrent en échec les armées de l'empereur Maximilien d'Autriche, mit leur gloire à son apogée. Dès lors on les regardait comme le premier des peuples.
Fribourg et Soleure, dont les secours leur avaient été d'un grand poids pendant la guerre de Bourgogne, puis Ieg villes libres impériales de Bàle et de Schaffhouse, furent admises dans la Confédération.
Cependant ces guerres continuelles avaient développé chez les Suisses la cupidité, avec le goût des aventures. C'est alors qu'ils commencèrent à s'enrôler dans les armées étrangères.
Avec le duc de Milan, puis avec le pape Jules II, ils vainquirent à Norare le roi de France Louis XII. Mais ils furent à leur tour écrasés à Marlgnan par François P 1 ', en 1515.
Un de leurs plus redoutables voisins était le duc de Savoie.
Dès 1260, un de ses premiers ancêtres, le comte Pierre de Savoie, avait conquis le pays de Vaud et fait son repaire du château de Chillon, bâti sur un roc au bord du lac Léman.
Il convoitait Genève et Fribourg; l'alliance de ces villes le tint en respect. 11 ne put que faire décapiter ou emprisonner plusieurs notables citoyens de Genève, entr'autres le célèbre Bonivard. Ce dernier fut tiré du souterrain de Chillon par les Bernois, qui, avec l'aide de leurs alliés de Genève et de Fribourg, reprirent en 1536 le pays de Vaud au duc de Savoie.