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l'annexion à la Suisse de la grande cité et du petit canton de Genève. C'est un beau groupe en bronze, figurant l'étroite union de l'Helvétie et de la ville de Genève.

Comme il convient de ne pas passer à Genève sans se faire une idée d'un de ses grands magasins d'horlogerie, vous pouvez demander à visiter, par exemple, sur le Grand quai, non loin du Jardin Anglais, les ateliers de la maison Patek Philippe ; on s'empressera de vous en faire les honneurs. C'est un modèle d'organisation et de division du travail, et d'un travail intéressant au plus haut degré par sa minutieuse précision.

En quittant le jardin anglais, suivez les ombrages du Cours de Rive, de la promenade de l'Observatoire,de celle de la Treille, d'où l'on voit, à l'horizon, les montagnes des Salèves et, au premier plan, les allées en contre-bas du Jardin de botanique et du Bastion .

Ces dernières promenades surtout sont admirables ; le Bastion avec sa grille dorée ouvrant sur la Place Neuve, ses grandes al-

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lées d'arbres séculaires, sa bordure de majestueux édifices (l'Université, le Musée zoologique et la Bibliothèque) ; le Jardin botanique et sa superbe collection de plantes, ses bassins, ses jets d'eau, ses rochersminiature.

La Place Neuve est la place monumentale de Genève. Au centre, la statue équestre du général Dufoar. A gauche, la grille et les promenades du Bastion, Y Université, le Palais électoral. A droite, le Musée Rath et le Théâtre, dont l'élégante et riche façade rappelle (de loin) celle du grand opéra de Garnier. En face, le Conservatoire et le paisible etcharmant quartier AePlainpalais, où j'ai l'avantage d'habiter.

Je passe sur la visite des édifices : l'Eglise Saint-Pierre, Y Hôtel de Ville, etc. A signaler pourtant l'originalité de ce dernier monument, de style florentin, et le chemin de cailloutis incliné en pente douce, qui, à l'intérieur, remplace le grand escalier.

Les anciens conseillers pouvaient ainsi se rendre h cheval ou en litière jusqu'à la salle de leurs séances. Qui sait si cette pra-

tique des ascensions équestres du vieil Hôtel de Ville ne contenait pas en germe l'idée géniale des ascenseurs, qu'on voit aujourd'hui partout ?

Ma promenade m'ayant conduit de la place du Bel-Air à l'île de Genève, je me trouve en face de la Tour de Vile. Les trois façades apparentes de cette haute tour carrée portent chacune un cadran, indiquant une heure différente ; ce sont les heures de Genève, de Berne et de Paris.

Laissant à droite le pont de la Machine et sa bourdonnante cascade, je vais par le pont des Bergues dans l'île Rousseau, partager un instant, avec la statue de l'illustre « citoyen de Genève », l'ombre du massif qui l'abrite.

Je pousse enfin, par le quai du Mont- Blanc, jusqu'à la Place des Alpes, non loin du superbe Kursaal — émule de celui de Lucerne, — où je reviendrai passer une fort agréable soirée.

Sur la Place des Alpes, je m'arrête devant le Mausolée du duc de Brunswick.

Je renonce à décrire ce chef-d'œuvre de

sculpture gothique ; sa plate-forme et ses lions en marbre rose; la chapelle, entourée de colonnes et de statues, qui contient son sarcophage ; l'élégante pyramide qui la surmonte. Quant à la statue équestre du bienfaiteur de Genève, élevée au sommet du monument, elle ne brille en ce moment que par son absence; « elle est sortie »," comme M rae Benoîton, pour cause de réparations, j'imagine.

Sa situation est, en tout cas, privilégiée et vaut — quand on est aussi riche — les 32 millions légués par le duc de Brunswick à la ville où il est mort.

Elle fait face aux glaciers Au Mont-Blanc et au Môle, flanqués, à gauche, des Voirons (le Righi Genevois) et, à droite, des Salèves.

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