CXLVI
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Le pauvre, le riche, ainsi que ]’impie, seront convoqués devant le tribunal céleste, pour voir juger leur conduite sur terre (*).
(?) Dieu dit 4 Moise : « Tu désires savoir mon nom ? eh bien, « c'est selon mes ceuvres que je suis dénommé : lorsque je juge les « créatures, je suis appelé « Elohim »; lorsque je fais la guerre
Io6 EcHos DES PSAUMES
Au pauvre, Dieu dira: « Pourquoi ne t’es-tu pas oc- « cupé de |’étude de la Tora >? » Et s'il répond: « J’ai « été pauvre, et je n'ai songé qu’a gagner ma misérable - « vie, pour ma famille et pour moi », il lui sera répondu :
« Mais étais-tu: plus pauvre que Hillel ? »
Hillel ]’Ancien, en effet, se livrait 4 un travail des plus -pénibles pour 3 « Tropéikon », par jour. La moitié de cette petite somme, il la donnait au portier du « Bet-hami- © drasch ») (), pour avoir son droit d’entrée; et |’autre moitié servait a l’entretien de sa maison.
Une fois, il n’avait pas trouvé d’ouvrage, et partant, point d’argent, et le portier de l’Ecole lui en refusa |’entrée. I] grimpa alors sur la terrasse, jusqu’a |’ouverture vitrée d’ou il pouvait entendre les deux grands conférenciers : Schemaya et Abtalion. C’était une veille de Schabbat, au solstice d’hiver, et, durant la nuit, la neige se mit 4 tomber avec abon-. dance, recouvrant le pauvre Hillel ! A l’aurore, Schemaya dit 4 Abtalion : « Frére, d’habitude, a cette heure, il fait « clair, et aujourd’hui on n’y voit pas encore »). C’est une journée de brume, pensérent-ils tous les deux. Mais lorsque, Oe instinctivement, ils portérent leurs regards vers le ciel, ils Pe apercurent, contre la fenétre, une figure humaine, comme figée. On monta sur la terrasse, et, |’ayant débarrassé de T’épaisse couche de neige qui le couvrait, on reconnut Hillel !
« aux méchants, je suis appelé « Sebaoth »; lorsque je pardonne -« les fautes des hommes, je suis appelé « El-Schadai ». Midrasch Tankhoum sur Exode III, 18, cité par S. Karpp, dans Etude sur le Sohar, page 396.
(?) Ecole.
ebbat en ee « Il est ie aoe qu’ on. , bane « gresse, pour le sauver, la défense schabbatique -concer- « nant le feu ». Rey
Au riche, Dieu dira : « Pourquoi ne tes-tu. as livré & ljétude de la Tora ? Et, s’il répond, qu'il avait. as ’occuper de ses intéréts, on lui objectera : « Mais étais-tu plus. eke « que R. Eliézer, fils de Hirsoum, qui avait d’immenses ae sur terre, dont les navires sillonnaient les mers, e€ qui, malgré cela, n’a pas passé un seul jour, ni une seule nuit, sans s occuper de la sainte Loi ?
A Vimpie, Dieu dira : « Pourquoi as-tu négligé Heude
de la Tora ? Et s'il répond : « J’étais beau, et je me suis” livré a la fougue des passions », il lui sera. répondu : ne ‘Etais-tu plus beau que Joseph, le Pieux >? chase jour
désirs et eut recours a tous les moyens de seduean: en ‘son pouvoir ! Et lorsque, enfin, elle passa de la priere.
la menace, et qu’elle lui dit: « Si tu ne m’écoutes: pas, Je te ferai jeter en prison », Joseph lui répondit (7)
l’Eternel délivre ceux qui soni prisonniers;
jabattrai ton orgueil’ », Joseph répondit (8) :
l’Eternel redresse ceux qui sont courbés; —
( je te ferai crever les yeux », Joseph répondit (6) :
TEternel rend la vue aux aveugles!
258 EccHos DES PSAUMES
« Enfin, elle lui offrit une somme d'argent considérable
« pour ébranler sa constance, mais, lui, refusa de se perdre —
« dans ce monde et dans l'autre ».
C’est ainsi que Hillel fait condamner les pauvres; Eliézer, fils de Hirzoum, les riches; et Joseph, les impies.
(Yoma 35°).