‹ Echos et glanuresChapitre 23 sur 51 · DONNÉE A LA CATHÉDRALE AU COURS D'UNE NEUVAINE EN MARS · texte numérisé non relu

DONNÉE A LA CATHÉDRALE AU COURS D'UNE NEUVAINE EN MARS

Reddite ergo omnibus débita :

cui iributum, tributum ; cui vectigal, vectigal ; cui timorem, timorem ; cui honorem, honorent.

Rendez donc à chacun ce qui lui est dû : le tribut, à qui vous devez le tribut ; les impôts à qui vous devez les impôts ; la crainte, à qui vous devez la crainte ; l'honneur, à qui vous devez l'honneur.

Rom., XIII, 7

L'honneur, mes Frères, nous le devons, entre autres personnes, aux saints qui sont au ciel, à leurs images et à leurs reliques, et c'est ce que je me propose de vous faire voir ce soir. J'entre de suite en matière.

Pourquoi honorons-nous les saints ?

Pour répondre à cette question, il faut d'abord se deman-

der : Qu'est-ce que les saints ? — Les saints sont les esprits des morts, qui régnent avec Jésus-Christ dans sa gloire. — Faut-il des saints ? Personne n'en doute, du moins parmi ceux qui admettent l'immortalité de l'âme. Or, la croyance à l'immortalité de l'âme est universelle, et sur ce point toutes les religions sont d'accord.

Revenant à notre question : Devons-nous honorer les saints ? je réponds : Qui oserait le nier ? Ne devonsnous pas honorer les justes et les saints de la terre ? L'enfant n'est-il pas obligé d'honorer ses parents ? L'apôtre saint Paul n'écrit-il pas aux Romains d'avoir les uns pour les autres une affection fraternelle, de se prévenir les uns les autres par des témoignages d'honneur ^ ? Mais cet honneur qui est dû aux autres, regarde bien plus leur esprit et leur âme que leur corps. Ainsi nous honorons la dignité, la supériorité, le génie, le talent, la vertu ; qu'est-ce que tout cela, sinon des qualités de l'âme ou des qualités se rapportant à l'âme ? Pourquoi donc cesserionsnous d'honorer les âmes des défunts lorsqu'elles ont quitté cette terre et qu'elles sont entrées dans les joies de la vie éternelle ? Est-ce que la différence de situation et de lieu efface leurs mérites, et leur enlève tout droit à nos hommages ?

J'ajoute : pourquoi ne ferions-nous pas ce que fait Dieu lui-même ? Dieu honore ses amis, et il ne saurait certes leur marquer son estime d'une manière plus éclatante que lorsqu'il les fait passer de cette vallée de larmes dans le séjour de sa gloire. N'est-ce pas nous inviter à leur rendre nous-mêmes quelque honneur ? Pourquoi serait-ce un devoir d'honorer nos parents, tant qu'ils sont avec nous sur la terre, et y aurait-il obligation de leur refuser toute marque de respect lorsqu'ils sont dans

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