‹ Échos grégoriens des deux centenairesChapitre 17 sur 29 · AU CERCLE D’APOLOGÉTIQUE PONTIFICALE · texte numérisé non relu

AU CERCLE D’APOLOGÉTIQUE PONTIFICALE

Les fêtes du treizième centenaire de l’exaltation de saint Grégoire au trône de Pierre allaient donner un éclat tout nouveau à son œuvre renaissante.

La séance d’inauguration, donnée par le cercle d’apologétique pontificale, réunissait, le 29 janvier 1891, dans une vaste salle du séminaire français, une assistance nombreuse de prélats, de maîtres et d élèves de collèges divers, sous la présidence des cardinaux Masella, préfet de la Congrégation des Rites, et Parocchi, vicaire du Pape.

Dans un discours préliminaire fort remarqué, passant en revue les travaux entrepris en Europe relativement à l’histoire de Grégoire le Grand, le P. Grisar, de la Compagnie de Jésus, professeur à l’université d’Insprück, faisait une mention solennelle des études archéologiques et musicales des Bénédictins de Solesmes. « Ils viennent de fonder, dit-il, la magnifique publication périodique, intitulée : Paléographie musicale . . — v

» Peu d’années auparavant, l’illustre dom J.

Pothier avait proposé, dans son ouvrage Les Mélodies grégoriennes , ces théories que la Paléographie musicale confirme avec tant d’évidence.

» Elle fait voir en effet que ces mélodies forment un tout tellement homogène, qu’elles doivent nécessairement provenir d’un antiphonaire primitif, écrit selon toutes les règles de l’art, et cet antiphonaire n’est autre que celui de saint Grégoire. »

Si l’on veut savoir quelle est la valeur artistique des mélodies grégoriennes, il faut interroger ceux qui les connaissent et les pratiquent ou qui les ont entendu interpréter par des chantres non seulement exercés mais remplis du sentiment religieux et liturgique. Et le P. Grisasse souvenant alors qu'il parle dans un séminaire où l’étude de ces saintes mélodies est en honneur, ajoute, dans un langage qui est une récompense pour le séminaire français :

« De tels chantres, soit dit en passant, n’allez pas les chercher hors des murs de ce séminaire français : On sait à Rome avec quelle perfection artistique et quelle profonde piété les jeunes élèves de cette institution, dans leur église de Sainte-Claire, exécutent les antiques mélodies de saint Grégoire. »

Et pourtant, ce ne sont pas des virtuoses, rompus à toutes les hardiesses d’une vocalisa-

lion soignée ; preuve manifeste que ce chant est plus que tout autre à la portée des voix les plus ordinaires. Qui ne sait que souvent dans nos églises beaucoup de fidèles ou même des chantres moins bien doués de force pulmonaire, succombent, je veux dire sont réduits au silence par les mugissements lourds et saccadés de stentors orgueilleux. — L’église de Santa-Chiara, n’est pas, tant s’en faut, une de ces arènes musicales.

Cependant la schola devait avoir bientôt une imitatrice, pour ne pas dire une rivale. — Mais bien loin de lui porter envie, elle devait ellemême applaudir au succès de ses premiers efforts.

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