PARTIE
Le Cljapt Gré^oriep
et l’Œuvre
des Bépédictips de Solesmes.
La question, au moins quant à la première partie de son titre, n’est pas neuve. C’est même une decesquestions rabâchées depuis longtemps et qu’il faudrait, ce semble, épargner désormais à la patience des lecteurs.
Plusieurs fois déjà notre Presse religieuse a gémi des plaintes réitérées d’un certain « organiste de campagne », sur la négligence générale du chant liturgique, et fait entendre les sages conseils, hélas ! peu écoutés, de ce Dilettante expérimenté. Oserons-nous donc entonner une nouvelle Antienne de plain-chant, avec quelque espoir de faveur ? Oui, car notre Antienne est à peu près inconnue dans ce diocèse : sa nou-
veauté lui donnera peut-être quelque crédit. — Nous la portons au clergé et aux séminaristes en villégiature. Ceux qui auront la patience de l’entendre jusqu’au bout, seront surpris, sinon charmés. Heureux si leur curiosité n'est pas satisfaite, mais, au contraire, vivement piquée. Ce serait le plus beau succès de cet humble travail.
Qu’on s’occupe du plain-chant, qu’on multiplie sur la matière les règles et les livres, nul ne l’ignore ; mais qu’on soit à la veille d’un grand mouvement, d’une restauration, le dirons-nous, d’une révolution dans cet art, voilà une nouvelle bien propre à émouvoir les hommes de la partie, à faire sourire les uns, espérer peut-être les autres.
Loin de nous la pensée de vouloir susciter dans notre pacifique Rouergue cette révolution musicale. Notre but plus modeste n’est autre, en ce moment, que de faire connaître les résultats de la science historique, les données récentes de l’archéologie sur le plain-chant, et les principes fondamentaux de la restauration qui tend à s’accomplir dans cette partie importante de la liturgie sacrée. — Si cette esquisse rapide trouve grâce auprès de nos lecteurs, nous la ferons suivre de quelques considérations pratiques qui pourront guider leur zèle et prévenir bien des difficultés.