V PREMIÈRES MACHINES MAGNÉTO-ÉLECTRIQUES
>p élevé et que remplacement qu'elles exigent est trop )nsidérable pour que l'industrie en puisse tirer un parti éellement avantageux. On verra, en effet, dans le chapitre jonsacré au prix de revient de l'éclairage électrique, le rôle important que jouent les frais de premier établissement pour l'installation des machines magnéto-électriques et de leurs régulateurs. Chacun sait, d'autre part, combien l'emplacement est précieux dans la plupart des manufactures ou des ateliers de construction.
L'Exposition de 1 878 renfermait quelques machines de \' Alliance un peu simplifiées , mais incapables encore de lutter contre les appareils à courants continus dont nous parlerons plus loin.
M. Holmes, qui s'est beaucoup occupé des machines magnéto-électriques destinées à la production de la lumière*, a fait breveter plusieurs dispositions originales, dont la plus récente (5 juin 1869) est représentée figure 33. Au lieu de faire tourner des bobines devant des aimants ou des électroaimants, M. Holmes fait tourner les aimants ou électroaimants devant les bobines. Il emploie une partie du courant produit pour magnétiser les électro-aimants, et couple les bobines de telle sorte qu'il peut prendre plusieurs courants indépendants, et par la suite, produire plusieurs lumières indépendantes avec la même machine.
Ainsi, au lieu de faire tourner les bobines à induire devant les inducteurs, M. Holmes fait tourner les inducteurs et laisse fixes les pièces induites. C'est un retour à la machine Pixii qui peut avoir sa raison d'être pour certaines applications, mais qui n'a qu'une importance secondaire dans la généralité des cas. Nous ne signalons cette machine que pour donner une idée de la voie suivie par M. Holmes dans ses recherches sur l'éclairage électrique.
1. M. Holmes est le premier électricisQ qui ait appliqué une machine magnétoélectrique à la production de la lumière, ses travaux précédèrent ceux de la Compagnie VA Uianee.
120 ÉCLAIRAGE A L'ÉLBCTRICITÉ
L'analogie qui existe entre celte dernière machine el ii machine de YAlliance nous a amené à la décrire immédiatement après celle-ci, mais il est utile de faire obserm ici que le fonctionnement de ta machine Holmes est basé sor l'emploi d'électro-aimants excitateurs et sur les effets du
Fiu. 33. Machi
magnétisme rémanent ou résiduel qui furent mis en usage avant lui par plusieurs physiciens.
L'exposition de 1867 renfermait deux machines magnétoélectriques à courants alternatifs, extrêmement remarquables. Elles venaient l'une el l'autre d'Angleterre, et leurs inventeurs, MM. Wilde et l-add, le premier surtout, sont deui physiciens connus el appréciés du monde entier.
PREMIÈRES MACHINES MAGNÉTO-ÉLECTRIQUES 121 ' La machine Wilde (fig. 34) se compose de deux appareils Siemens superposés et de grandeurs inégales, avec cette modification que, dans le plus grand, l'aimant est remplacé
p un fort électro-aimant. La petite machine supérieure a pour but de faire naître le magnétisme dans l'électro-aimant : c'est pour cette raison qu'on la désigne souvent sous le nom de macliote excitatrice. Entre les deux branches de l'aîmanl tourne une bobine longitudinale qui développe des couranla
alternatifs, lesquels sont redressés par un commutateur e-^ conduits aux électro-aimants par des fils métalliques abou — tissant à deux bornes spéciales.
Au-dessous est placé le grand éleclro-aimant : ses deux branches sont formées par de grosses plaques de tôle, et le coude du fer à cheval est remplacé par une plaque de fer qui porte Texcitateur ; les pôles de cet électro-aimant sont dans des masses de fer, séparées par une plaque de cuivre, et formant une cavité cylindrique dans laquelle tourne la seconde bobine de Siemens. On nomme générateur celle partie de l'appareil.
Les deux bobines sont exactement semblables ; la plus grande a un diamètre triple de l'autre. A ses pôles sont adaptés les fils du conducteur extérieur.
Le fil de cuivre isolé qui enveloppe les branches du gros électro-aimant aboutit aux bornes spéciales de l'escitaleur.
A l'aide de deux courroies de transmission et d'un moteur convenable, on fait tourner les deux bobines, la petite avec une vitesse de 2,400 tours à la minute, la grande avec une vitesse de 1 ,.^00 tours à la minute. Alors les courants induits dans l'excitateur entretiennent le gros électroaimant fortement aimanté, et les courants induits dans le générateur sont utilisés en dehors. Leur intensité est considérablement supérieure à celle des courants de l'excitateur.
C'est là une très-remarquable disposition qui présente des avantages considérables sur les machines précédentes, surtout au point de vue des décompositions chimiques ; aussi les applications en sont-elles très-nombreuses en Angleterre. Il en aurait été de même en France si MM. Christofle et C'. qui essayèrent simultanément la machine Wilde et celle de Gramme en 1872, n'eussent reconnu que cette dernière était supérieure à la machine anglaise '.
1. MM. Page et Hoigne avaient montré, avant M. Wilde, que le courant magnétique pouvait produire de puissants éleclro-aimanls.
PREMIÈRES MACHINES MAGNÉTO- ÉLECTRIQUES 123 M. Wilde a égalemeni consiruil une machine avec laquelle il obtenait une intensité lumineuse de 1,200 becs carcel avec 10 chevaux de force, ce qui était un progrès réel sur les anciennes dispositions adoptées par MM. Holmes et Nollet, mais qui laissait beaucoup à désirer sous le rapport de la durée des organes de commutation. Dans cette machine, il avait placé une série de noyaux magnétiques
Fia, 15. Mnchinc de Laild.
entourés de bobines d'induction, en couronne, sur un disque en fer, et il les faisait tourner devant les pôles de puissants électro-aimants droits. Le disque central était garni de bobines des deux côtés, et les électro-aimants se trouvaient groupés sur le pourtour des deux bâtis circulaires. L'ensemble formait une double machine comprenant 32 bobines et 32 électro-aimants.
Pour exciter les inducteurs, M. Wilde redressait une