‹ Éclaircissemens sur l'Apocalypse et sur l'Épitre aux Hébreux, ou analyse de leur compositionChapitre 20 sur 48 · XVII · texte numérisé non relu

XVII

Ge combat et son résultat font le pendant de ceux du chapitre XII, 9", où le grand dragon et ses

(i) Ezéehiel * XXVI> 7> le nommé aussi le Rai des rois.

anges furent précipités en teri^; et du chap. XX, 3> lOf où le dragon ou le diable fut jeté dans Tabyme , et après mille ans il fut jeté daHë Tétang de feu et de soufre.

Cette extermination des rois, des capitaines, de» puissans , des chevaux qu'ils montaient^ et de tous les hommes libres , esclaves , petits et grands , est suivie d'une circonstance bien étrange : c'est que tous les oiseaux qui volaient par le milieu du ciel furent assemblés par la voix d'un ange qui était dans le soleil ^ pour le festin du grand Dieu , c'est*à-dire, pour manger la chair de tous ces corps morts ; et ils furent tous rassasiés.

L'énumération des différentes classes d'hommes, exterminés se trouvait dans le f. i6 du chap. XlII; c'étaient ceux que la seconde bête avait obligés de prendre une marque à la main droite ou au front.

La circonstance des oiseaux qui mangent les corps morts^ et qui en sont rassasiés, est empruntée d'Ézé-^ chiel,^ XXXIX, 1 7 — 20 ; mais au lieu de l'ange du soleil qui crie à haute .voix aux oiseaux de s'as-^ sembler^ c'est Ezéchiel qui, sous le titre de Fils de l'homme ^ et à l'occasion de la destruction de Gog et de son peuple , reçoit l'ordre suivant de l'Eternel :

Dis aux qiseaux de toute espèce et à toutes les hêtes des champs : AssemhleZ'-^ous , et venez p€ut mon sacrifice, que je sacrifie pour tous 4 . .y et vous mangerez de la chair et boirez du sofig y 1 8 : f^ous mangerez la chair des hommes forts f ^ vous boire*

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le sang des principaux de la terre ; 19 : f^ous rrian^ gérez de la graisse votre soûl. ... 20 : J^ous serez soûlés sur ma table , de cheçfaux et de bétes date-loge y d hommes forts et de tous les 1vomm.es de guerre.

Quand on compare ces détails avec l'Apocalypse, on voit qu'elle n'a fait que les imiter ; le festin du grand Dieu n'est autre chose que le sacrifice à l'Éternel. L'Apocalypse n'appelle au festin que les oiseaux, et non les bêtes des champs; elle retranche seulement les moutons, les boucs et les veaux parmi les êtres tués. Les oiseaux sont également rassasies (i).

Dupuis observe que chez les Mages et les Perses, on ne donnait point aux morts de sépulture, mais on les exposait aux oiseaux, qui se nourrissaient de leur chair. Ezéchiel et son copiste, l'auteur de l'Apocalypse , empruntent donc un usage particulier à la Perse.

Les visions de ce chapitre sont des plus extraordinaires; quatre fois le Prophète entend des voix dans le ciel qui disent Alléluia , et donnent gloire à Dieu (2) ; ces voix annoncent les jugemens de Dieu et les noces de l'agneau. Le juge, nommé le Fidèle^ |>arait monté. sur un cheval, accompagné des armées des cieux ; la bête et les armées des rois de

' (l) On trouve encore dans Ezéchiel, XXIX, 5, que TEternel dit )i Phat^on, roi d'Egypte : Je (ai livré aux bétes de la terre et aux oiseaux des cieux y pour en être dévoré.

(2) Les Mahométans ont conservé Tidëe d*ange&^ dont Tunique occupation est de chanter des hymnes en Thonneur de Dieu et de son prophète*

la terre lui font la guerre et sont vaincues et détruites.

Ce chapitre peint la victoire de Dieu sur la grande prostituée^ et celle du Fils de Thomme sur la bête et les rois de la terre, (i)

Mais ces visions ont- elles quelque sens caché^ c'est ce que je ne saurais découvrir ni croire* Ces voix entendues dans le ciel, sont-elles autre chose que le produit d'une imagination orientale, comme on en trouve des exemples dans les contes arabes. C'est ainsi que je lis dans un des contes inédits des Mille et une Nuits, intitulé la Paille dH Airain ^ que les voyageurs arrivent en Afrique chez un peuple de nègres , dont le roi leur dit que la nuit de chaque vendredi ils voient une lumière qui descend sur la terre , et ils entendent des. voix qui chantent : « Louange , gloire au Maître des anges et des es^ « prits ! Toute grâce vient de Dieu , et il n'y a (c de force et de puissance que dans le Dieu très- « grand ! »

(i) La grande prostituée est Babylone; les serviteurs de Dieu, dont elle avait répandu le sang, sont les Israélites; les rois de la terre avec leurs années sont les mêmes que ceux du chapitre sui* vaut ayant Gog a leur tête , qui furent détruits; car, dans Ezécliiel, ce sont ces derniers dont les cliaiis furent mangées par les oiseaux. Il est donc singulier que Tauteur de TApocalypse place cette circonstance dans le chap. XIX , tandis qu'elle aurait dû venir après la défaite de Gog et Magog dans le XX«^ comme le fait Ezédiiel, Tauteur original.

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