CHAPITRE XXL
Vision de la Jéfiisalem céleste où Dieu habitera ai^ec son peuple choisi, réservant t étang de feu et de soufre pour la part des réprouvés.— Seconde vision de la sainte Jérusalem, sa description, sa muraille et ses douze fondemens y composés de pierres pré^ cieuses : imitées du Pectoral de jugement et d^Esaïe. — Ses douze portes y ses dimensions , ses privilèges sur l'ancienne Jérusalem : imités d'JEzéchieL — Les douze .apôtres.
De même que l'auteur de l'Apocalypse fait tout-à« coup paraître la nouvelle Jérusalem, qui descendait du ciel, d'auprès de Dieu y et que dans une seconde vision il est transporté en esprit sur une grande et haute montagne , d'où l'un des sept anges lui montre la grande cité (i) ; de même aussi Ezéchiel
(i) C'est le même ange qui lui avait montré la grande Babylone qui va être détruite (XYII, i) , ou la condamnation de la grande prostituée.
( XL I 2) , k la suite de la défaite de Gog et de Magog, reçoit du Seigneur une vision^ dans laquelle il se trouve transporté en vision de Dieu, au pays d'Israël , sur une fort haute montagne, sur laquelle f du côté du midi ^ il y aidait comme le bâtiment d'une ville, qui figure la réédification de Jérusalem. Celui qui parle au prophète Jean a une canne d'or pour mesurer toutes les parties de la ville ^ dont il donne les dimensions. Ezéchiel (XL, 3) voit pareillement un ange ou un génie reluisant f qui tenait en main une canne à mesurer , et qui lui donne les dimensions des murailles et des autres parties (i). Les chambres du portail, vers le chemin d'Orient, étaient trois deçà et trois delà; — trente chambres à chaque perron (XLI, 6) ; des chambres qui étaient autour du temple , il f en avait trois Tune sur Vautre, et tellement qdïly en aillait trente ainsi rangées; ce nombre est égal à celui des degrés d'un signe. Ces chambres formaient la façade orientale où s'ouvrait une large porte ; on y montait par huit degrés , nombre égal à celui des huit sphères. Il en était de même des façades du midi , du nord et de l'occident.
Le génie reluisant mène Ezéchiel vers la porte qui regardait le chemin de l'Orient où le soleil se lève (XLIII, 2j 4> 1 y 9) > et voici ^ la gloire du Dieu d Israël venait par ce chemin , et la terre
(1) Le prophète Zacharie (II , 1, 2) a aussi la vision d'un homme (|ui avait à la main un cordeau k mesurer pour mesurer Jérusalem.
resplendissait de sa gloire ; la gloire de T Etemel entra dans la maison par cette porte ; elle remplit la maison. L'Etemel dit à Ezéchiel : C'est ici le lieu où je ferai ma demeure pour jamais ^ parmi les en-fans d Israël.
Le prophète Zacharie a aussi une vision de Jérusalem, où l'Etemel dit : Je serai pour gloire au milieu d'elle (II, 5 ; XIV, 7 ), il ne sera point jour et nuit y m,ais au temps du soir il y aura lumière; VIII^ 7, 8: jMon peuple habiteront au milieu de Jérusalem, et ils seront mon peuple y et je serai leur Dieu en vérité et en justice (i).
Le prophète. Jean (XXI, 3, 11, 25) a imité cette vision d'Ezéchiel et de Zacharie dans ses deux circonstances essentielles; car parlant delà sainte Jérusalem, il dit quelle avait au milieu d'elle la gloire de Dieu, qu'elle était éclairée de la gloire de Dieu; et il avait dit auparavant , f entendis une grande voix qui venait du ciel et qui disait , parlant à la grande Cité : Voici le tabernacle de Dieu avec les hom^mes ^ et il y habitera a<^ec eux ; ils se-^ ront son peuple y il sera leur Dieu.
Le Prophète profite de ce que dit Ezéchiel, que la gloire de Dieu remplissait la maison, et que la terre resplendissait de sa gloire , pour dire {Jtf. 23): La
(1) Dans le livre de Jérémie, XXXI, ZZ,, l'Eternel, parlant de la maison d'Israël, dit : J'écrirai ma loi dans leur cœur^ et je serai leur- Dieu, et ils seront mon peuple; 4* Je te bâtirai encore et tu seras rebâtie , ô Fierté d'Israël; 38 : Cette ville sera rebâtie à l'Eternel.
ville ri avait pas besoin de la lumière du soleil ni de celle de la lune , parce quelle était éclairée de la gloire de Dieu; et XXII^ 4 • ^^^ ri auront pas besoin de la lumière du soleil, parce que le Seigneur Dieu les éclairera.
Dans Ezéchiel (XLIV, 9, i3) on interdit Faccès de ce sanctuaire à tout étranger et à tout incirconcis; le Prophète reproche à la maison dlsraél ses abominations ; c'est ce qui fait dire au prophète Jean ('î^. 27) : // rCy entrera rien de souillé ni personne qui s'adonne à V abomination ou à l'idolâtrie.
Description de la sainte Jérusalem.
Nous venons de voir que Jean a emprunté d'Ezéchiel et de Zacharie sa vision de la nouvelle Jérusalem ; mais il les quitte pour en faire une description des plus splendides , qu'il tire cependant en partie de la même source. Dans cette description , Tordre duodécimal se trouve à chaque instant répété. Ses dimensions sont immenses, de douze mille stades en tous sens. Elle a une grande et haute muraille percée de douze portes , chacune d'une seule perle , gardées par douze anges , sur lesquelles étaient écrits les noms des douze tribus des en fans dlsraél, trois portes à l'orient, trois au septentrion^ trois au midi et trois à l'occident.
Cette distribution des portes de la ville , qui portaient les noms des douze tribus , est encore em-
pruntée d'Ézéchiel (XLVIIi; 3i — 34), qui dit: Quant aux portes de la ville qui seront nommées des noms des tribus d^ Israël ^ il y a trois portes vers le septentrion , trois portes vers V orient y trois vers le midi y et trois vers V occident. Le Prophète donne à mesure les noms de chaque tribu , qui sont ceux des douze fils de Jacob.
Ezéchiel termine toutes ses mesures et la distribution des différentes parties du temple et de la ville, en disant : et le nom de la ville, depuis ce jourlà, sera T Eternel est là. A cette expression peuvent correspondre les paroles suivantes de l'Apocalypse, parlant de la nouvelle Jérusalem ; Voici le taherna-cle de Dieu ai^ec les hommes , // demeurera avec ^la;. Jérémie (III, 17) avait dit: On appellera Je-rusalem le trône de l'Eternel; et Zacharie (I^ 17): L'Eternel élira encore Jérusalem, pour y faire sa demeure ; VIII, 3 : f habiterai au milieu de Jérusalem, elle sera appelée la ville de vérité.
La muraille de la nouvelle Jérusalem avait douze fondemens ornés de toutes sortes de pierres précieuses (i); ils étaient eux-mêmes composés de ces douze gemmes , dont l'énumération est vraiment étonnante , car on peut dire qu'il n'y manque que le diamant. Ces fondemens portaient les noms des douze Apôtres de l'agneau. La grande place^ comme
(1) Dans un conte arabe le palais d'un roi reposait sur des fondemens de fines ëmeraudes; les portes ëtaieni d'onyx, etc. ; Contes inëdits> etc. I, p. 596.
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la ville elle-même^ était d'un or pur , semblable à du verre transparent.
La division duodécimale se remarque dans toutes les dimensions de la nouvelle cité, et cette division est celle du ciel et des aouze signes. Elle était tellement représentative du monde, que les anciens Pythagoriciens , qui représentaient tout par des nombres et des figures , avaient choisi le dodécahèdre ou solide à douze faces pour représenter le monde.
L'astrologie avait retracé cette division partout.
On divisait en douze parties la largeur , comme la longueur du zodiaque , ce qui forme la dimension de 144 coudées de la grande muraille de l'Apocalypse. On avait divisé également la circonférence du ciel en douze (parties , appelées douze lieux ou demeures , qui étaient la base des spéculations astrologiques. L'horoscope était le premier de ces lieux.
Le cercle de l'horizon était également divisé en douze vents, sur lesquels influaient les douze signes^ ainsi que le monde en douze termes ou régions. Les vents, trois par trois, répondaient à l'intervalle des quatre divisions, orient, nord, occident, midi, comme les douze portes de la nouvelle Jérusalem d'Ezéchiel et de l'Apocalypse, trois au septentrion, trois vers l'orient , trois vers le midi , et trois vers l'occident. Il a, dit un astrologue, douze vents à cause des douze portes du soleil , par lesquelles sortent ces vents, et que cet astre fait naître. Ces por-
tes sont sans doute les douze signes ^ les douze portes du ciel , qui sont désignées dans l'Apocalypse sous le nom des douze portes de la ville sacrée du Dieu de la lumière^ ou éclairée par la gloire de Dieu. A chacune des portes était placé un ange ou un génie j celui qui présidait à chaque vent en particulier.
Platon divise tout le terrain de sa république en douze portions égales. Il donne à chaque tribu une de ces portions; chacune a son stratège ou chef militaire y ce qui fournit les douze stratèges. Ces douze stratèges représentent les douze anges tutélaires de la sainte cité de l'Apocalypse.
Les noms des douze tribus , écrits sur les douze portes , nous rappellent encore le système astrologique des Hébreux , qui avaient casé chacune de leurs tribus sous des signes célestes^ et l'on voit en effet dans la prédiction de Jacob ^ que les traits caractéristiques de chacun de ses fils conviennent à celui des signes sous lequel les Hébreux placent la tribu dont il est le chef.
Les douze fondemens de la muraille de la ville sainte étaient ornés chacun d'une pierre précieuse , dontl'énumération est surprenante. Le premier fondement était de jaspe , le second de saphir , le troisième de chalcèdoine , le quatrième d'émeraude , etc. , et ainsi de suite , jusqu'au douzième qui était d'améthyste.
Huit de ces pierres sont les mêmes que celles du rational du grand-prêtre des Juifs, appelé le Pec-*
U>raldéjugément{i). Pour les quatre autres pierrea, Tagathe peut correspondre à la chalcédoihe , Tonix au sardonix , le ligure à la chrysoprase, et Tescarrbouclé à Thyacinthe. Le Pectoral formait un qua* drilataire cômtne la ville sainte ; les pierres étaient rangées sur quatre rangs , trois par trois ; sur chacune de ces pierres était gravé le nom d^une dés douze tribus.
Bans l'Apocalypse, ce n'est point sur les pierres précieuses que sont gravés les noms des douze tribus, mais sur chacune des portes. Sur les pierres qui for* ment les douze fondemens étaient gravés les nomf des douze Apôtres à'aries ou de l'agneau , ce qui revient au même.
Tous ceux qui nous ont donné , dit Dupuis(a), le sens mystique de ces douze pierres^ et la raison de cette distribution, trois par trois, y ont vu un em^ blême des douze signes du zodiaque et des saisons. C'est le sens symbolique qu'y attachent Clément d'Alexandrie, Joseph et PhiloQ , c'eat-à-dire les auteurs les plus instruits des antiquités judaïques, et qui connaissaient mieux le génie mystique des Orientaux.
Dans la superbe couronne de Junon , décrite par Martianus Capella , auteur du 5""* siècle, le zodia-
fi) Exode, XXVIir, 17—21; XXXIX, 10— 14. Le Pectoral ou rUrim du grand prêtre ëtait quarrd, il avait quatre rangs de pier* res, trois par trois.
(a) Tom. VI, p. 344, 345, 346.
que y ou les mois qui y répondent ^ sont désignés par des pierres précieuses ^ rangées trois par trois ^ à raison de la division des saisons ; il y en a plusieurs qui sont les mêmes que dans FApocalypse , telles que le jaspe, Fémeraude, rhyacinthe,etc., etc.
L'auteur de l'Apocalypse peut avoir emprunté d'Esaïe l'idée de composer les fondemens de la muraille de sa ville , de pierres précieuses ; car dans le chapitre LIV, où Ésaïe parle des compassions de l'Eternel pour Jérusalem , l'Eternel dit : Je m* en vais coucher des escarboucles pour (es pierres ^ et je te fonderai sur des saphirs , et je te ferai tes fe^ nétrages dagathes ( ou de perles ) , et tes portes se-vont de pierres de rubis ^ et toute ton enceinte de pier-^ res précieuses. On reconnaît ici la même structure ; les douze fondemens de la muraille d'enceinte sont des pierres précieuses ; de même la Jérusalem d'Esaie est fondée sur des saphirs, et toute son enceinte est de pierres précieuses (i),
Dupuis donne le tableau systématique des influences des signes célestes , qui exprime le rapport des causes célestes avec les effets sublunaires dans le règne animal , végétal et minéral (2). Ce tableau
(1) Ce qui prouve que c'est de Jérusalem dont Esaïe veut parler, c'est qu'il dit que V Eternel des armées est son nom; de même Jërémie , III , 17 , dit : On appellera Jérusalem le trône de V Eternel; et Ezéchiel : le nom de la ville (la nouvelle Jérusalem) sera t Etemel est là.
(3) Extrait de TŒdipe de Kirker, tom. II, pars II, 177.
tiré des monumens arabes , est d'autai^t plus, cur rieux , que les douze pierres précieuses qui correspondent à chacun des signes y sont précisément les mêmes que celles de l'Apocalypse, et qu'elles se suivent dans le même ordre successif ; il n'v a de différence que dans la manière de compter la série : l'Apocalypse commence par le jaspe et finit par l'améthiste ; au lieu, que c'est par l'améthiste que commencent les Arabes, et que c'est par le jaspe qu'ils finissent. Du reste, l'ordre est le même ; Tune compte en montant , et les autres en descendant ; Tune suit l'ordre des signes, qui est celui des planétes, ou du mouvement aw/r^^ comme l'appelle Platon; et les Arabes, celui du ciel des fixes et du firmament où est lé zodiaque , ou du mouvement un et toujours le même. C'est celui du ciel ou du monde, dont l'Apocalypse donne ici la description. Il n'en résulte d'ailleurs', pour le fond de l'allégorie, aucune différence , et le rapport des pierres de l'Apocalypse avec les divisions astrologiques , et avec les douze signes , dont l'intelligence première ou le chef est j4mmon chez les Arabes , , et l'agneau , premier des signes dans l'Apocalypse, paraît prouvé sans réplique (i).
Nous ne verrons point avec Augustin, dans les douze pierres, les différentes vertus des saints caractérisées par ces pierres, mais les vertus et les qua-
(i) Dapuis , ibid. p, 553, 354, 36o— 3Gs,
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lités qoe Fastrologie attribuait aux douze signes, et par lesquelles elle caractérisait leur influence sur la nature sidJiunaire pendant les douze mois de Tannée. ^
Les douze Apôtres qui ont leur nom écrit sur les fondemens de la muraille , répondent aux Èons des Manichéens , qui comptent aussi douze de ces Éons ou intelligences , qu'ils appellent les douze gouverneurs. Ce sont les douze grands dieux des Egyptiens^ des Grecs et des Romains, dont le premier, Jupiter Ammoriy emprunte les attribus Saries. Les douze signes sont appelés tantôt dieux , tantôt apôtres^ tantôt éons , etc.
Nous avons vu que l'auteur de l'Apocalypse a emprunté d'Ezéchiel l'idée que la ville sainte était éclairée de la gloire de Dieu , qu'il n'y entrera rien de souillé; et il ajoute, mais ceux-là seuls qui seront écrits dans le li^re de vie de ï agneau y entreront. DansEzéchiel, XLIV, i5, i6, FEtemel admet dans son sanctuaire les sacrificateurs lévites, enfans de Tsadok, qui avaient soigneusement administré dans le sanctuaire. Ceux-là entreront dans mon sanctuaire^ Aii'EXetnA^ et ceux-là s^ approcheront de m,a table pour faire mon service , et administreront soigneusement ce que fai ordonné qu'on fît. Quand Us entreront. . . .ils se vêtiront de robe de lin. . . .penr> dant quils feront le sen^ice.
Cette dernière circonstance est encore imitée par le prophète Jean; car il dit, VU, 9, i3 : Ceux qui se tenaient devant le trône de Dieu étaient vêtus de
robes blanches {i); ils le serinent jour et nuit dans son temple. . • . •& soleil ne /^nappera plus sur eux^ Cette dernière phrase a le même sens que celle où il dit XXI ^ 23 : La ville na besoin ni de soleil ni de lune pour V éclairer; et encore, XXII^ 5 : Ils n* auront point besoin de la lumière du soleil. Zacharie, XIV, j illne sera point Jour et nuit, mais au temps du soir il y aura lumière.
Ceux q^i habiteront la sainte cité sont les mêmes que ceux qui se tenaient devant le trône de Dieu; ce sont ceux qui sont écrits dans le livre de vie de Tagneau, ou ceux qui avaient été marqués au front (VU,5). ^ , , ■
Ce sont ceux qui raineront (c'est-à-dire ceux qui dompteront leurs passions) qui auront de la patience, qui auront été éprouvés^ qui travaillent pour le nom de Jésus-Christ et qui gardent ses œuvres; ceux qui se repentent, qui exercent la charité» Le Véritable disait à TEglise de Philadelphie, III ^ i^: Celui qui vaincra sera dans le temple de mon Dieu; {écrirai sur lui le nom de la nowelle Jérusa-^ Um^ qui descend du ciel. On voit que le prophète Jiean avait déjà annoncé dans cet endroit Tappari^ tion de la nouvelle Jérusalem , et qu'il avait indiqué ceux qui devaient l'habiter éternellement. Il nomme
(i) Apoc. III, 3 : Celui qui vaincra sera vêtu de vétemens blancs^ et Je n* effacerai point son nom du livre de vie; 18 : il faut se vêtir dç vétemens blancs; VI , n ( on donna des robes blanches \ ceux <{ih .ajT^îfiit éfé ops à mort jppa^* la parole de Dieu.
encore les juste» et les saints (XXII, ii , i4) qui auront droit (Centrer par les portes de la Dille.
Ujàgneau les paîtra et les conduira aux sources deau vi(^e (VII, ly). Ces sources d'eau vive sonÉ la même chose que lejleu^fe et eau vice qui sortait du trône de Dieu et de T agneau (XXII, i).
Pour ceux qui iddonnent à Vabomihation et au mensonge ÇK-Xl^ 27)^ f. 8, les timides, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les /otHicateurs , les empoisonneurs , les idolâtres et tous les mentèursf^ leur partage sera dans P étang ardent de feu et de soufre y ce qui est la seconde mort. C'est le même lieu (XX, 10) où furent jetés le diable, la bête et le faux Prophète. Déjà la troisièihe partie dès hommes (IX, 18) avait été tuée par le feu, par la fumée et par le soufre , qui sortaient par là bouche des chevaux ; mais les hbmmes qui restaient ne -se repentaient point (^. 2î) de leurs meurtres, ni de leurs etnpoisônnemens , ni de leurs impudicités, ni de leurs voleries; c'est donc ceux4à qui seront 'jetés dans l'étang de feu et dé soufre. Ils n'enfrerbht point dans la ville (XXII, 1 5). Les anges jetteront ceux qui font l'iniquité dans Ih fournaise ardente (Matth*. XIII, 41,42).
Nous voyons ainsi dans cette séparation des bons et des méchans , ou des gens vertueux d'avec les vicieux, le but de l'Apocalypse: c'était de donner des espérances aux uns et de terrifier lés autres. L'es^écution est encore à veuir, et nous ne savons pas ce qui se passe dans Pàutre monde. Ceux doiic
qui ont cru trouver dans l'Apocalypse des prophétièà qui devaient avoir leur accomplissement^ se sont étrangement trompés.