‹ Éclaircissemens sur l'Apocalypse et sur l'Épitre aux Hébreux, ou analyse de leur compositionChapitre 3 sur 48 · INTRODUCTION A L'APOCALYPSE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION A L'APOCALYPSE

Ce qui frappe dès Tabord dans. l'Apocalypse ^ c'est la multitude de choses empruntées de l'ancien Testament j c'est surtout les livres de Daniel et d'Ézéchiel qui ont fourni à l'auteur ses visions et ses figures allégoriques d'une forme monstrueuse. Ces figures se retrouvent dans la théologie mystérieuse de l'Egypte , de la Ghaldée et de la Perse. Le mer-? veilleux est emprunté des images du ciel et des constellations qui président aux révolutions du temps. L'auteur de l'Apocalypse répète au moins seize fois, dans les différens chapitres^ je vis au ciel ou Je vis descendre du ciel. Il faut donc regarder au ciel avec lui , et l'on verra une correspondance frappante en^ tre ses tableaux et ceux du ciel et de ses divisions.

Les nombres astronomiques sept et douze sont répétés dans presque tous les chapitres , dont l'un rappelle celui des planètes et l'autre^eluî: des signes du zodiaque ; le premier est répété vingt-quatre fois , et le ^econd quatorze fpis.

On y reconnaît La. théologie astrologique des Orientaux dans les différens génies que Ton met à chaque instant sur la scène^ et dansTusage fréquent que l'on y fait des pierres précieuses , telles que le jaspe , l'émeraude^ le saphir, la sardoine, etc., qui servirent à caractériser des planètes , des sphères et différens cieux chez les Arabes et les Syriens.

L'Apocalypse a un style énigmatique^ comme la science sacrée des anciens qui était toute énigmatique ; elle n'était ainsi couverte d'une enveloppe bizarre qu'afin de piquer davantage la curiosité des

»4éptes^ ;

• L'auteur fait la peinture des maux dont est me-^ nacé l'univers, à la veille d'une ruine générale, causée par les désordres des hommes^ Il y place aussi le tableau de la félicité dont jouiront ceux qui, par la pureté de leurs mœurs et leur fidélité aux lois de l'initiation, se seront préservés de la corruption iini? rarselle. C'était un frein religieux pour contenir les mœurs et. pour réveiller la crainte superstitieuse. C'est , eh dernière analysé; le résultat de cet puvragcj mystique, dans lequel on a fîLit;eDtFerl>ëâucoup d'as? trologie^ . plusieurs idées cabalistiques , et surtout le dogme des deux principes , lumière et ténèbres > avec le tableau de leurs combats et de ceux des gér

nies, q\ii sont subordonnés à l'un et à l'autre. On y voit enfin la victoire du premier sur le second , vie? toire qui doit terminer l'ancien ordre de choses et régénérer l'univers.

JLie liîut de cetoûvrage est d'établiriç dogme de la vie futture,/ et la jcroj^ancé.des peines et dçs. récdm^ penses qu'un Dieu juste réservait aux acticu&â.dies mortels. En conséquence il fallait effrayer l'ame des initiés par des tableaux affreux y pour l'intimider et lui faire redouter l'examen du juge terrible des ac^ tions des mortels^

Toutes les grandes fables sacerdotales > celles du tartare, de^la fin du monde , etc.^ ont eu le même but d'imprimer la terreur dans le cœur des hqnuBœa; Les prêtres ont "voulu gouverner le monde parla peur. On a armé toute :1a natiure contre l'homme ; il n'y a aucun phénomène qui n'ait ëté^uii ^giie ou un effet de la colère des dieux. La gfélo^^ tonileprey l'incendie, la guerre « là mortalité^, la. peste, la la>tînine^ Les tremblemens de terre^ tous les flçaux qui aifiigent notre triste ^ humanité ont été regardés comme autant de coups de la vengeance divine /qui frappe les générations epupables : on aunait ajouté le froid excessif qui faixi périr des milliers d'Jiomn^s> li on avait été plus rapproché du pôle. : -'^ .' : v»

On a loag^temps fait peur de la -fin dait monde /et si on osait fixer l'époque (de cette 'oatiaistrdpfaeV on en était quitte pour 'la remettre à uor autre. temps , et le peuple n'en était pas moins dupe. Be là ces 4raye]unrft perpétuelles, flans^^eëquejlea oh tint le peu-

pie durant les premiers siècles de l'Église, et- ces craintes de la fin du monde que l'on croyait toujours prochaine ; on la remit ensuite au onzième siècle ou à l'an mille de l'ère chrétienne. On a dans les derniers siècles , et jusque dans le nôtre , réveillé cette chimère ; on y joint les feux de l'enfer pour l'autre monde.

Je donnerai un exemple assez curieux de ce penchant des théologiens ou des prêtres à attribuer à la volonté immédiate de IMeu les malheurs qui affligent l'hue^anité^ et à les considérer comme des châtimens. Je veux parier de l'embrasement du pont du Rhône qui eut lieu à Genève en 1670 y et qui consuma plus de soixante maisons dé bois^ et fit périr cent vingt personnes. C'est à ceux qui survécurent à la perte de leurs biens que le pasteur Vincent Minutoli adressa les consolations suivantes :

« Ne vous arrêtez ni à la malice ni à l'imprudence « des hommes par qui ce feu pourrait avoir été al- « lumé ; ne songez qu'à la première cause , qui est (( Dieu lui-même, comme s'il en était parti immé- « diatement. — Confessez que c'est à bon droit qu'il « vous a humiliés. Croyez que vos péchés ont été les (c allumettes du feu qui a fait cette affligeante conc( somption ; avouez qu'il y avait du feu étranger (( dans votre cœur, que vous y aviez laissé éteindre (( celui du zèle chrétien î » ; ,

Étranges consolations que d'insultersottement au malheur !

Revenons à l'Apocalypse. L'Apocalypse est , sui^

Tant Dupuis^ un ouvrage phrygien contenant la doctrine apocalyptique des initiés aux mystères de la lumière et du soleil équinoxial du printemps > sous le symbole de Tagneau ou â^Aries^ premier des douze signes. C'était surtout^ dit-il^ à l'époque annuelle du triomphe périodique du principe lumière sur celui des ténèbre»^ du jour sur la nuit ^ qui avait lieu tous les ans , lorsque le soleil ^ fbyer de ht lumière divine ^ arrivait à l'agneau ^ ou au signe de son exaltation, ou à l'équinoxe du printemps, qu'on rappcr lait aux initiés le grand triomphe qui devait avoir lieu à la fin des sièclles / lorsque le mauvais principe et le monde qu'il habite étant détruits, feraient place au monde d'Ormusd, qui seul devait s'élever sur les ruines de l'ancien monde. — L'Apocalypse est un sermon de la fête pascale de l'agneau. Aussi apprend-on , par un concile de Tolède en Espagne , qu'on avait coutume de lire en public l'Apocalypse pendant toutie temps que le soleil parcourait le signe àiAties y ou le premier ^gne , autrement depuis I^âques jusqu'à la Pentecôte ( i) .

Je n'entre dans aucun autre éclaircissement, parce qu'ils trouveront chacun leur place à mesure que je traiterai les différeiis chapitres,.

(i) Abàùzit, page 5i8, dît que là plupart des docteurs occidentaux , qui ^valent accrédité l'Apocalypse dans le 4™** siècle , étaient Espagnols. ^ '

i/tppliàdtions dePJfpôccdfpse aùiv'é(>éfwmejU Histà^

- riques.-^Son àUteUr^ et' histoire d^'sôn ààôpfion

- comme lii^ré canonique^ - ■ - '

c ; On a crû généralement ique l'Apocalypse contenait €bs prophéf ie& siûp ta destinée de rEg^isc dhrétiennè sisurlea empereurs ixunaii^a et squ^ilai papes; qu'elle «KV^ pcmr sujet essentielideauéYériefaiéns. ten^ostiies ; wi les événèmens dé ce monde/ .reldtiftiajix progrès; aoxjrëyolùtions etàacs;pei»épulioii8 dé r^Eglise^hrâtienne; Cest'^urtoufdepuis^le Riéfôiimatioh que oha»qiie secte s!èst fait raipf^i^^tiqn^ dani» te sêiaus favo^ rabley des; ttMeaUx Ou. dei vistona de rApQ€aj[ypâ&^ eùa Qraî<)u'edle'y (»écu{ialt'le pr^mi^ ç c L'àigument èh:têtfefde l'Apocalypse, dapsléditicn de la Sainte Bil>lê deri7ii.^ par ries pasteiirs.^et pror ^seiirs de rËglisel de^Genève^ commence ainsi. p ;<c?Ce Kyape'Oontien|::,unè Qontipmette prophétie tour (c chant l'état de l'Eglise, depuis rtaéQen^idn de Jé^f((/sus-Ghriatatt ciel jusqur'au dwnier Jugement^ , de ïK sorte.qw^te Saint^-Eaprit ^nouâ; y déclare k^btrOiir « blés, les changement; ;le§>ÂpQrtaiittf^ le* icctei et (c les persécutions qui devaient arriver à la chré- (( tîeritë jusqu'à la fin dii 'monde , parmi lesquelles*, (( néanmoins, les élus seraient miraculeusement iton- (c serves, pour être enfin amenés à la j^àrtiçipation (c de la gloire éternelle. »

En lisant cet argument, on voit que l'ouvrage de

M. le ministre Basset n'en est qu'une paraphrase et un immense développement. Il dit aussi que l'Apocalypse renferme une histoire anticipée et bien suivie des événemens principaux de ce monde. Il a cherché péniblement et laborieusement (i) dans l'histoire les événemens qui lui paraissaient correspondre aux différentes visions de l'Apocalypse. Croyant que la religion protestante est sous la protection exclusive de la Providence , il fait tomber toutes les plaies^ toute la colère de Dieu^ dont l'Apocalypse fait un tableau si effrayant , sur la religion catholique romaine et sur les Catholiques. Pour lui Babylone la grande^ ou la grande prostituée^ est Rome papale ; le faux prophète est la papauté ; la bete , ce monstre si épouvantable , est le pape ou les princes latins de la catholicité romaine. Mais nous verrons que toutes ces applications sont imaginaires et n'ont aucun fondement en réalité. Beausobre et Lenfant font remarquer que les interprètes , tant anciens que modernes , ont toujours échoué quand ils ont voulu faire l'application des signes et des prophéties qu'ils croyaient trouver dans l'Apocalypse ; cela paraît par la diversité dé^ leurs explications et de leurs applications^ dont aucune ne peut satisfaire. La richesse et la fécondité des événemens du monde a Élit l'embarras des interprètes ; il ne leur a pas été possible de démêler précisément celui que l'esprit - - - I *• ■

(i) Son ouvrage est composé de 3 volumes comprenant i ,6i3 pages d*un petit caractère.

prophétique devait avoir en vue.» Leurs hypothèses ont toujours eu le défaut et le sort d'un édifice qui manque de fondement^ ou qui n'en a point de solide. Les figures bizarres de l'Apocalypse ont été comme les apparences des nuages , dont les formes sont si variées qu'on y peut voir tout ce qu'on veut. Les difficultés insurmontables qu'on a rencontrées viennent de ce qu'on a cherché dans ce livre ce qui n'y était pas , c'est-à-dire des prophéties sur les événemens terrestres.

Michaêlis est tombé dans la même erreur que tous les commentateurs, de croire que l'Apocalypse a rapporta l'histoire, et qu'elle en prédit les événemens ; il fait un essai qui a aussi peu de fondement que tous les autres. Il croit que la plupart des prophéties de ce livre se rapportent aux souffrances de l'Eglise chrétienne et à la punition de ses adversaires. Il avoue cependant qu'aucun commentaire ne l'a satisfait, et qu'il est incapable de faire mieux (i).

L'Apocalypse fut composée pour une certaine secte de Juifs chrétiens qui habitaient l'ancienne Lydie, et plus particulièrement la Phrygie; l'auteur n'avait en vue que cette secte, et ne s'adressait qu'à elle. Nous avons dit que ce livre renfermait

(i) M. le professeur Cellerier, dans son bel ouvrage sur l'ancien Testament, page 3o6 , croit que les obscurités prophétiques de Daniel et de TApocalypse , cachent à demi les grandes destinées de TËglise. Le même auteur avait dit ailleurs que cet écrit prophétique est évidemment destiné à promettre le triomphe final à TËglise affligée.

l'ancienne doctrine des Orientaux, telle qu'on la trouve dans les livres d'Ezéchiel^ de Daniel et de Zacharie, en sorte qu'il faudrait commencer par expliquer les visions de ces trois prophètes avant de tenter l'explication de celles du prophète Jean ; et alors on verrait que les prophètes de l'ancien Testament ne pouvaient avoir en vue, par exemple, ni Rome , ni les vicissitudes que l'empire romain à essuyées ; j'irai plus loin , et je dirai qu'il faudrait supposer que les mages ou les astrologues chaldéens, les maîtres d'Ézéchiel et de Daniel , avaient eu connaissance f par inspiration , de Rome chrétienne et du pape.

D'ailleurs nous verrons que les choses prédites dans l'Apocalypse devaient arriver au bout de peu de temps , le temps en était proche : Je vais venir bientôt y disait l'ange. Le jugement redoutable ne devait pas tarder à s'exercer sur l'univers , et l'en attendait à chaque moment l'apparition de la Jérusalem céleste; on attend encore et l'on attendra longtemps.

Convaincu qu'il était vain de chercher dans l'Apocalypse des événemens prédits , je me suis appliqué à analyser sa ^composition , à chercher dans quelles sources diverses l'auteur avait puisé ; quel usage il avait fait de ses emprunts , et ce qu'il pouvait avoir ajouté de sa propre imagination. Il a fallu se mettre au fait de la partie astrologique; et c'est en cela que l'ouvrage de Dupuis m'a été fort utile, tout en consultant en même temps la sphère céleste

pour m' assurer de la justesse de &e& explications- Ce n'est pas seulement d'Ézéchiel^ de Daniel et de Zacharie que l'auteur de l'Apocalypse a emprunté ses détails ; c'est aussi des livres de l'Exode , d'Esaîe ^ de Jérémie , d'Osée et de Joël , tellement qu'on peut dire que les neuf dixièmes de l'Apocalypse sont une compilation de l'ancien Testament (i).

Cette compilation a exigé beaucoup de temps et un travail prodigieux ; elle a été faite à tête reposée, et ne peut pas être le produit d'une imagination en délire. C'est une immense compilation resserrée dans un très-petit espace ; la variété des sujets est éton« nante; elle suppose une grande érudition, et c'est là-dessus que je fonde essentiellement mon opinion que saint Jean l'évangéliste n'en est pas l'auteur.

Incertitude sur Tauieur de V Apocalypse et sur le

temps auquel elle fut écrite.

Selon l'auteur des Actes (IV^ i3), saint Jean était un homme simple , sans lettre et du commun du peuple; il avait été pêcheur comme son père; il raccommodait ses filets lorsqu'il fut appelé par Jésus-Christ ; il s'occupait encore de la pêche lors de l'apparition de Jésus aux disciplesur le bord

(i) Il eut bien extraordinaire que M* le ministre Basset ne s*en soit pas aperçu, lui qui, par son état, derait être rersé dans Tanden Testament.

du lac de Tibériade; il n'avait donc fait aucune étude ^ et pour composer l'Apocalypse il fallait avoir fait une étude approfondie de l'ancien Testament , et savoir en extraire une habile compilation; il fallait connaître les constellations du ciel et l'usage qu'en fesaient les astrologues; il fallait se livrer à son imagination , et prétendre voir et entendre ce qu'on ne voyait pas et ce qu'on n^tendait pas : choses qui ne s'accordent nullement avec le récit simple de FEvangife, où saint Jean raconte ce: qu'il à vu et entendu réellement. Tout est visions dans^ F Apocalypse, et ces visions sont des plus étranges; dans l'Évangile tout est réèl: c'èst le récit des &its, ce sont les discours de Jésus- Christ, les instructions qu'il donne à ses disciples^ c^est'son histoire pendant le temps de son ministère. Michaêlîs , dans son Introduction au noui^eau Testament (i), fait remarquer le contraste qu'il* y a entre ïe style simple et sans omemens de l'Evangilè de saint Jean, et le langage pompeux et figuré de l'Apocalypse. Les règles de la grammaire sont souvent violées dan& l'Apocalypse; on y rencontre des constructions inusitées et fautives; le style est défiguré par des barbarismes et des solécismes. Si saint Jean était l'auteur de l'Apocalypse, il l'aurait écrit dans sa vieillesse, après avoir vécu long-temps- en Grèce; il n'aurait donc pas

(i) Traduction du professeur Chencvière. Genève, 1822.

violé toutes les règles de la grammaire^ qu'il, avait suivies dans son Évangile.

D'ailleurs on a de fortes raisons de , croire que la composition de l'Apocalypse est d'un; demi-si^e postérieure à celle de rEvangile de saint, Jean; elle était inconnue dans l'Asie mineure r-au commencement du second siècle. L'une des sept Eglises aui2quelles le prophète Jean s'adresse est Thyalju?e (II, i8), ville de Mysie; et du tempsde saint Jean, il n'y avait point encore d'Eglise chrétienne à Thyatirej ce que saint Epiphane ne^^craint poii>t d'accorder; car il suppose que lorsque saint Jean écrit à l'Eglise de Thyatîre, il en parle, non comme si elle existait alors, mais par un esprit de prophétie.

Le fameux ouvrage intitulé Synapse^ .ou abrégé de l'Ecriture, qui est d'un auteur du temps, dcmne un catalogue à la fin duquel on lit ces paroles: « Il y a de plus l'Apocalypse de Jean le théolp^^n , (c revue et approuvée comme étant de lui.^ par les « saints Pères , qui étaient imbus de l'esprit de (c Dieu , » mais qui n'ont pas laissé que de se tromper a§sez souvent (i).

L'épithète de théologien , donnée à ce Jean quel qu'il fût, est la véritable dénomination que mérite l'auteur de l'Apocalypse, (c II y avait à Ephèse , dit « Eusèbe , un prêtre nommé Jean. »

(i) Abàuzit^ tome I,'pag. 389, 391. Londres. 1773.

ope

« Ce qui prouve^ dit Abauzit, que FÂpocalypse <v n'était pas dans le canon des Ecritures j c'est le «concile de Laodicée, le premier que nous con- « naissions^ qui ait dressé le catalogpue des livres w sacrés , tenu vers l'an 36o par trente-deux évê- (( ques d'Asie y et dont les décrets ont été mis dans c( le code de l'Eglise universelle. Le 69"** de ces « décrets porte qu'il ne faut lire dans. l'Eglise K les livres canoniques de l'ancien et du nouv< (c Testament; et le décret qui suit en donne la a liste^ depuis la Genèse jusqu'à la lettre de saint « Jude. L'Apocalypse y est omise (i).

(( La plupart des docteurs, occidentaux qui avaient « accrédité l'Apocalypse dans 1^ quatrième siècle , <c étaient Espagnols. La manière dont le quatrième « concile de Tolède, tenu en 635, s y prit pour « faire accepter l'Apocalypse , lui fit un bien merce veilleux. Les menaces d'excommunication achète vèrent d'illuminer les esprits^ et depuis on ne u vit plus parmi les latins aucune trace d'op- « position (2). >x

Michaélis cite plusieurs anciens commentateurs grecs qui ont omis l'Apocalypse dans leur catalogue des écrits canoniques. Le dernier qu'il cite , Amphilogue, évêque d'Icône Tan 570, dit dans son catalogue : « Quelques personnes attribuent l'Apocc calypse à saint Jean , mais le plus grand nombre

(1) Âbauzit, pag. 290, 291.

(2) Ibid. pag. 319, 323 — 525.

a la regardent comme un livre supposé. » C'était^ en effet, ainsi qu'elle était presque uniTerseUement considérée par les membres de (l'Eglise grecque à la fin du quatrième siècle (i). Parmi les mo- ' demes, Luther a rejeté rApocalypse.

Quant à l'époque ou l'Apocalypse fut publiée ^ si l'on en juge d'après celle où en Phrygie on attendait l'apparition de la Jérusalem céleste promise par l'Apocalypse^ on croirait que ce livre fut composé vers le milieu du second siècle. Il existait alors des sectaires nommés Pépusiens ou Montornistes (2), gouvernés par ceux qui se disaient prophètes, et l'auteur de l'Apocalypse se qualifie lui-même de prophète, et il appelle son ouvrage Prophéties. L'ange lui dit que les prophètes sont ses frères. En imitant les prophètes Ezéchiel, Daniel et Zacharie, il nous prouve qu'il était aussi prophète, et qu'il marchait sur leurs traces.

Si l'on considère, dit Michaélis (2), l'Apocalypse comme une invention humaine ( comme elle l'est en eflèt), on peut l'attribuer à Cérinthe ou à quelque auteur inconnu qui vécut entre le temps de Papias et de Justin martyr, vers l'année 120, sous

(1) Introduction an nouveau Testament, tom. IV, pag. 553.

(2) Pépiise ou Pepuzza elait un. bourg de Phrygienne Les, Moulanistes appelaient Jérusalem , ou ils voulaient qu'on vînt se rendre de tous côtds, parce qu'ils croyaient que la ^céleste Jérusalem était descendue du ciel , et s'était manifestée à Pepuzza. Voyez les articles PdiHisiens et Monlan dans le dictionnaire de Moreri.

(3) Ibid. tome IV; page 6o5«

le règne de Fempereur Adrien. Je croirais que ce fut quelques années plus tard , parce que M oreri dit dans son dictionnaire^ que ce lut vers l'an 172 que lesMontanistes composèrent une société séparée. Nous allons maintenant analyser le livre qui nous occupe, chapitre par chapitre; il y en aura cependant quelques-uns qui seront groupés et traites ensemble, parce qu'ils renferment des sujets qui sont tellement liés entre eux, qu'on ne peut pas les séparer; d'ailleurs l'auteur a souvent répété deux fois les mêmes choses dans différens chapitres.

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