QUATRIÈME CITATION
Hebr. I, 8, 9. Psaume XLV, 7.
Au lieu qiiil dit^ en parlant du Ce cantique s'adresse à Salo- Fils : Ton trône , ô Dieu ! subsis- mon , et lui dit : Ton trône , ô tera de siècle en siècle; le sceptre Dieu h subsistera éternellement , de ton empire est un sceptre dé*- et le.sceptre de ton empire est un quité; 9. Tu as aimé la justice sceptre de justice; 8. Tu aimes la et haï Viniquité; c'est pourquoi justice et tu hais l'iniquité; c'est Dieu , ton Dieu Va sacré dune pow^quoi Dieu , ton Dieu t'a oint huile de réjouissance au-dessus dans ce jour de réjouissance (ses de ifius tes semblables. noces ) préférablement à tes é~
gaux; 9. Tous tes habits sont parfumés de myrrhe.
C^tte citation insérée dans TEpitre est des plus extraordinaires; elle est tirée d'un cantique qui s*adrçsse à Salonioa; c'est l'épithalame ou la célébration du mariage de Salomon ou de quelque autre roi hébreu .
Ce cantique est écrit dans le style le plus élevé d'exagération orientale, même plus pompeux que le LXXIP psaume mentionné ci-dessus, où nous avons
vu que le royaume de Salomon devait durer à toujours, et que tous les rois de la terre devaient tomber devant lui.
Dans le XLV" psaume , c est à Salomon que s'adressent les flatteries outrées des versets 7 et 8. L'exclamation ô Dieu a lieu d'étonner, car elle semble faire un Dieu de Salomon (i); mai$ dans le verset suivant, le vrai Dieu étant nommée l'auteur du cantique a soin d'avertir qu'il est le Dieu de Salomon, comme pour faire une distinction d'avec l'emploi impropre du mot Dieu dans le verset précédent.
La suite du verset 8 fait allusion aux noces de Salomon , qui étaient pour lui un jour de réjouissance$^ , et l'on ne voit pas comment cette circonstance peut se rapporter à Jésus-Christ, à moins de faire quelque supposition forcée. Vient ensuite dans le psaume la description de l'épouse orientale avec ses habita superbes , et la promesse d'enfans qui devaient être des princes ; le tout terminé par des flatteries exagérées.
Les égaux de Salomon, ou ses semblables, me paraissent être les autres rois de la terre au-dessus desquels il devait dominer. Beausobre et Lenfant croient que le mot égaux peut se rapporter aussi aux frères de Salomon , qui devaient lui être assu-
(i) Nous verrons bientôt que cette exciamatioa , qui élonne, vient d'une mauvaise traduction^ car il y a dans Toriginal : Dieu ser($ ton trône aux siècles des siècles.
jettîs comme à leur roi. Quant à Jésus-Christ ^ ses semblables peuvent être les prophètes.
C'est Abauzit qui vient nous éclairer sur ce qu'il y a d'extraordinaire dans cette quatrième citation; voici comment il l'explique, pages 107 et 1 08 :
« Après nous avoir présenté ce nouveau roi, l'auteur « de l'Epître passe à la durée de son règne ; il est ent< core dit y au sujet du Fils : O Dieu , ton trône Sera u aux siècles des siècles ^ etc. Il n'y a pas ainsi dans « Voriginal , qui porte , Dieu sera ton trône aux w siècles des siècles. Rien n'est plus familier à i< l'Ecriture que d'appeler Dieu notre Rocher ; i( et comme elle s'adresse ici à un roi , elle emc< ploie par figure l'idée de trône y pour dire qu'il « ne sera jamais abattu , qu'il subsistera éternellece ment; car Dieu lui-même sera ton trône y ilpreni( dra plaisir à te protéger. Le sceptre de ton règne il est un sceptre cC équité , tu as aifaé la justice , et as a haï Tiniquité; et c^est pourquoi^ ô Dieu^ ton Dieu (( fa oint dune huile agréable ^* en te préférant à tes « concurrens. La version pèche encore contre les « règles de la langue grecque , et c'est entrepren- « dre trop d'ouvrage que de vouloir forcer à la « fois la raison et la grammaire. A-t-on jamais ouï i< parler d'un Dieu qui a un Dieu ; et l'Evangile, qui « est si sage et si épuré, nous enseignerait -il un « pareil langage ?Mais quand on remonte à la source, (c on trouve le Dieu qui est ton Dieu , c'est-à-dire , (c le Dieu que tu adores, et qui est ton bienfaiteur , H a versé sur ta tête l'huile sacrée, et t'a choisi pré-
t( férablementaux anges^ qui seuls peuvent te dispuce ter cet avantage. Et pour représenter noblement « réternité de ce règne , l'Apôtre considère le fonce dément inébranlable qui le soutient.. Si Dieu lui- « même , qui est le rocher des siècles^ lui tient lieu (( de trône et d'appui^ aucune puissance ne saurait (( ébranler ce grand roi , chéri et protégé de l'Etre (( immuable , il est à couvert de toute révolution. (( Car c'est Toi , Seigneur (avec le Fsalmiste on « s'adresse à Dieu ) , c'est Toi qui as fondé la terre^ i< et les cieux sont Fouç^rage de tes mains , etc^