SIXIEME CITATION
Hebr. I, i3. Psaume CX, i.
D'ailleurs auquel des anges V Éternel a dit à mon Seigneur
Dieu a-t'il jamais dit : Assieds^ (Dayid) : jissieds'-tùi à ma droi"
toi à ma droite, jusqiCà ce que te^jusqiCà ce que foie réduit tes
faie réduit tes ennemis à te ser- ennemis à te servir de marche-
vir de marchepied (i) . pied. CeSt de Sion que l'Etemel
fera sortir ion sceptre puissant;
V, 6, 10. Comme il lui dit aussi règne au milieu de tes ennemis,
dans un autre endroit : Tu es sa-^ 4- ^" ^* sacrificateur pour
crificateur éternellement , selon toujours, à la manière de Melchi"
l'ordre de Melchisédec, (Voy. en- sédec.
cor«YI, 20; VII, 21.)
L'auteur de l'Epître rapporte arbitrairement à Jésus-Christ les premières paroles adressées à David ; il les donne comme une preuve que Jésus est supérieur aux anges ; il fallait donc qUe David fût aussi supérieur aux anges ^ puisqu'il est le premier (et vraisemblablement le seul) auquel Dieu adressa ces paroles ; et c'est bien à David qu elles étaient adressées , car dans le psaume XVIIP David remercie l'Eternel de ce qu'il a mis ses ennemis en déroute y de ce qu'ils sont tombés sous ses pieds ^ de ce qu'il a eu le pouvoir de les anéantir. Tu mas élabli chef des nations. Et dans i Sam. VII, g, l'Eternel dit à David : J'ai exterminé tous tes ennemis de dei^ant toi. Dans le psaume LXXIP, ^. II , il est également dit de son fils Salomon ,
(i) Hebr. X,i2, i3; Matth. XXII, 44; Marc, XII, 36; Luc, XX, 42, 43; Act. II, 34, 35.
que tous les rois se prosterneront deç^ant lui y que toutes les nations lui seront assujetties.
Comment pourrait-on dire de Jésus-Christ que ses ennemis seront réduits à lui servir de marchepied , puisque son royaume devait être purement spirituel , et que ses conquêtes devaient se borner à convertir les nations. Jésus-Christ est venu pour reformer et sanctifier les hommes ^ et pour leur assurer un royaume , non sur la terre , mais dans le ciel ; il déclara qu'il n'était roi que pour rendre té^ moignage à la vérité ; que son règne ri était point dici-ha^y Jean, XVIII, 36, Sy.
Les papes ont bien succédé aux empereurs païens sur le trône de Rome , mais on ne peut pas dire que les derniers aient servi de marchepied aux premiers. David fut nommé pour toujours sacrificateur , à la manière de Melchisédec. Nous voyons (Héb. VII, I ) que MSlchisédec était roi de Salem , et sacrificateur du Dieu très-haut ( Gen. XIV, i8), car c'était la coutume de ces temps-là , que les rois fussent aussi sacrificateurs. L'auteur de l'Epître croit que le sacerdoce de Jésus-Christ avait été prédit dans cet oracle du psaume CX : Tu es sacrificateur etc.^ tandis qu'il est question de David.
Ce que le sacerdoce de Melchisédec a eu de particulier, disent Beausobre etLenfant (II, 426), c'est premièrement la dignité de sacrificateur. Il était roi; c'est en second lieu, qu'encore qu'il fût homme et homme mortel, il est représenté comme s'il vivait toujours ^ l'Ecriture n'ayant jamais rapporlé ni la
naissance ni la mort d'un si grand personnage ; c'est enfin qu'il n'a eu ni prédécesseur ni successeur dans son sacerdoce. C'estencela que consiste cet ordre de sacrificature , qui est appelé l'ordre de Melchisédec. La dignité de sacrificateur pour toujours , donnée à David et non à Jésus-Christ, semble signifier qu'il régnera toujours sur ses ennemis. L'Epître , en l'appliquant à Jésus-Christ, veut dire que son sacerdoce sera perpétuel , et qu'il n'aura poiùt de successeur comme chef de l'Eglise.
Nous venons de voir que le premier chapitre de l'Epître aux Hébreux est composé de pièces diverses , empruntées de sept psaumes difFérens et du livre de Samuel. Dans ceux-ci , les paroles sont adressées à David et à Salomon. L'auteur de l'Epître , on ne sait sur quel fondement^ les réunit toutes sur la seule personne de Jésus-Christ ; on peut cependant présumer que le but de l'auteur a été d'exalter la dignité souveraine de Jésus-Christ , en accumulant sur sa tête les fonctions et les titres les plus glorieux. Car dans aucun cas il n'est question de Jésus-Christ, et ce ne peut être que d'une manière tout-à-fait arbitraire ou mystique que l'auteur de l'Epître les lui applique. La version anglaise corrigée du nouveau Testament, remarque qu'il y a dans cette Epître des analogies forcées et des raisonnemens inexacts (i)-
(i) The new Testament in an improved version^ etc. London, 1808, p. 53i.
Beausobre et Lenfunt observent (II, p. 4^3) que les docteurs juifs, persuadés que l'Ecriture élait pleine de mystères , s'exerçaient à les chej-cher. Il ne faut pas s'étonner, ajoutent-ils^ si les docteurs chrétiens qui sortaient du judaïsme^ aient suivi cette méthode dans l'explication de TEcriture. Les Apôtres aussi ont cherché dans le vieux Testament des allusions au Messie et aux mj'^tèi^s de sa doctrine et de son régne ; et il est permis de présumer qu'ils n'ont pas toujours attrapé juste. Cette manie a passé aux théologiens modernes, qui ont cru trouver partout dans Fancien Testament des allusions à Jésus-Christ.