‹ Éclaircissemens sur l'Apocalypse et sur l'Épitre aux Hébreux, ou analyse de leur compositionChapitre 37 sur 48 · HUITIÈME CITATION · texte numérisé non relu

HUITIÈME CITATION

H^r. II, 12. Psaume XXII, a3,

J'annoncerai , fUt^il^ ton nom Je te cMëbrerai devant mes à mes frères; je chanterai tes frères ^ je chanterai tes louantes , louanges au milieu de Vassem" au milieu de leur assemblée, — blécm 26. Cest toi, ô Dieu ! qui seras

dans la grande assemblée le sU" jet de mes louanges,

David fait cette promesse à l'Eterpel^ après lui avoir demandé de venir à son secours et de le délivrer de la rage de ses ennemis (Ps. XVIII , 18, 3o) ; ce cas n'a donc aucun rapport avec celui de Jésus- Christ ; la seule ressemblance se trouve en ce que Jésus appelle les autres hommes ses frères ^ ceux qu'il est venu sanctifier . Dans quelle assemblée veut-on que Jésus ait chanté les louanges de l'Eternel?

Dans ce psaume^ David fait une peinture très-animée de la position fâcheuse dans laquelle il se trouvait; affaibli de corps et de courage ^ entouré de ses ennemis y prêt à devenir leur proie, il les représente comme des bêtes féroces (v. 17); il voit de

tous côtés des méchans; ib m ont percé ^ dit*il , les mains et les pieds; ils se sont partagés mes vétemens, ils ont tiré ma robe au sort. David croyait déjà voir ses ennemis lui lier les mains et les pieds , et parta* ger entre eux ses dépouilles; c'est ce qu'il redoutait» car il n'était point encore tombé en leur pouvoir, puisqu'il dit ensuite à l'Eternel, v. 20 : Hdle~ioi de venir à mon secours; et il lui avait dit auparavant, V. 12 : U adversité s'approche , ne t' éloigne pas de moi.

Les évangélistes Matthieu et Jean ont trouvé de l'analogie entre ce que David redoutait et ce qui arriva réellement à Jésus-Christ, dont les soldats se partagèrent les vêtemens après qu'il fut crucifié. Marc et Luc (i) font aussi mention du partage des vêtemens, mais ils ne font aucune allusion au psaume XXIL David parlait de lui-même sans songer à Jésus-Christ.

D'autres circonstances, particulières à Jésus- Christ, ont été empruntées de ce psaume; ainsi Jésus étant sur la croix , s'écria comme David ; mon Dieu y mon Dieu y pourquoi nias-tu abandonné (2). Ce désespoir de Jésus a lieu de surprendre, puisqu'il avait prédit plusieurs fois sa mort et sa résurrection

(0 Malth. XXVII, 35; Marc, XV, 24; Luc, XXIII, 34; Jean; XIX, 24. M. le professeur Chenevière, pag. 216 de son cinquième Essai, pose en fait ce qui est en question , quand il dit que David a représenté les vêtemens du Messie jetés au sort et ses pieds percés, David parlait de lui-même et non de Ji'sus.

le troisième jour, Matt. XXVI, 52 : Après que je serai ressuscité ^ j irai a^^ant vous en Galilée; Jean, II, ig ; Abattez ce temple , et je le relèverai dans trois jours.

Lorsqu'il institua la sainte Cène, il fesait allusion à sa mort prochaine ; il savait donc qu'il devait mourir dans peu de temps, et ce qui devait le soutenir dans cette cruelle épreuve, c'était la certitude de sa prompte résurrection ; mais il était homme, et son désespoir en est une preuve.

On insultait Jésus pendant qu'il était sur la croix , en lui disant : Sau^e-toi toi-méiue, il a saui^é les autres, quil se sau^e lui-même. De même ceux qui insultaient David, lui disaient : // a remis sa cause à VEternel; quil le délivre et le saui^e, puisqu'il le chérit.

Hébr. IT, i3. Esaïe, VIII, 17, 18.

Il dit encore ; Je me confierai Tallendrai donc l'Eternel , je en lui. Et ailleurs : Aie voici ^ moi me confierai en lui; me voici, moi et les enfans que tu nias dowuis. et les enfans que VEtenuil ma

donnés , pour servir de signes re-^ marquables en Israël^ suivant l'ordre de t Eternel.

Dans le verset i8, c'est Esaïe qui parle de luimême et de son fils Shear-Jascub . et du fils de la Vierge qui devait servir de signe (Esaïe, VII, S, 14) • Uauteur de FEpître, en appliquant arbitrairement ces paroles d'Esaïe à Jésus-Christ, peut entendre le mot enfans dans le sens de brebis , comme lorsque Jésus dit : Mes brebis entendent ma voix, etc. ^ Jean^ X, 27^ 29»

Les rapprochemens que fait Fauteur de TEpître avec le vieux Testament sont tout-à-fait arbitraires; il profite de certaines analogies ^ de certaines circonstances en apparence semblables ^ pour les appliquer tout de suite à Jésus , sans indiquer d'où il tire ses citations y ni qui a prononcé les paroles; il fait parler Jésus comme David et Esaïe avaient parlé. Il est vrai que les Juifs savaient presque tous Fancien Testament par cœur, et que Fauteur de FEpître n'avait pas besoin d'indiquer d'où il tirait ses citations, leur source était trop évidente.

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