DIXIÈME CITATION
Hébr. VIII; 8—12. Jerémie, XXXI, 31—34.
» Aussi le Seigneur parle -t" il joinsi à son peuple^ en se plei"
gnant de lui : Le temps viendra , Le temps vient, dit t Etemel^ dii^il, que je traiterai une allia/i-' où je traiterai une nouvelle al" ce nouvelle avec la maison d*IS" liance avec la maison d'Israël et raè'l et avec la maison de Ju- la maison de Judas, etc. das , etc.
, L'auteur de FEpître transcrit jusqu'au 54* verset de ce chapitre de Jérémie. La nouvelle alliance de Dieu avec son peuple, annoncée par le Prophète, fut traitée avec les Juifs qui furent transportés à Babylone, et qui revinrent dans leur pays avec ceux des dix tribus ou de la maison d'Isi*aél qui voulurent se joindre à eux pour rebâtir Jérusalem (i). Dieu leur fit cette grâce, en sorte que depuis leur captivité, ils demeurèrent attachés au culte du vrai Dieu, et qu'ils eurent une constante horreur pour Fidolâtrie. C'est ce que dit le Prophète, chacunn enseignera plus son frère , en lui disant : Connaissez le Seigneur. Il ne faudra plus les exhorter à ne reconnaître qu'un seul et vrai Dieu , car tous le connaîtront. Voyez encore Ezéch. XI, 19, 20; XXXVI, 26^ 28 : Fous se^ rez mon peuple^ et je serai votre Dieu (2).
(1) Dans le même chapitre , v. 4 i l'Eternel dit : Je te bâtirai encore , et tu seras rebâtie , ô vierge d"* Israël! et v . 58 : Cette ville sera rebâtie à l Eternel,
(2) Le nouveau Testament , etc. traduit par de Beausobre et Lenfant. Amsterdam, 1736^ Tom. II, p. 4^9*
L'auteur de l'Epitre transcrit tout ce morceau de Jérémie sur la nouvelle alliance que l'Eternel traita avec la maison d'Israël : Je mettrai ma loi, dit-il, aU' dedans d!eux ^ je serai leur Dieu et ils seront mon •peuple. L'auteur l'applique à l'Evangile ou à Jésus^ Christ, en disant qu'il est médiateur dune alliance plus excellente y et qui a été établie sur de meilleures promesses. Mais il n'est point question de l'Evangile de Christ ou de l'Eglise chrétienne dans Jérémie ; il s'agit des Juifs qui revinrent dans leur pays, et qui rebâtirent la ville de Jérusalem après leur captivité à Babylone. Il faut donc que l'auteur de l'Epître donne au morceau de Jérémie un sens mystique, comme le pense Beausobre. Il nous dit (IX ^ 1 1 ) que Christ est le souverain sacrificateur des biens à venir, qu'il est le médiateur d^un nouç^eau Testament (v. i5), de la nouvelle alliance (XII, 24)- H s'arrête à expliquer les lois sur les testamens ou dernières volontés, qui n'avaient rien à faire ici (i); c'est ainsi qu'il dit qu'un testament ne peutavoir son effet que par la mort du testateur; de même le nouveau Testament ou la nouvelle alliance ne pouvait avoir son effet que par la mort de Jésus-Christ (IX, 16, 17).
L'auteur a été conduit à faire cette comparaison , parce qu'il s'est servi de la version des LXX, où le
(1) Il avail fait des digressions semblables sur les mois maison et repoSy III, 3—5, IV.
mot grec diathèkè signifie en même temps alliance et testament; mais en hébreu^ le mot qui veut dire airliance ne signifie jamais testament ^ en sorte que si l'auteur de l'Epitre avait écrit en hébreu^ ou s'il s'était servi de Toriginal hébreu^ il n'aurait eu aucune occasion de faire une digression sur la nature d'un testament. Michaélis répond à cette objection, que le mot diathèkè a été adopté par les Syriaques et les Rabbins , et qu'ils l'ont pris dans les deux sens d'al-» liance et de testament.