ONZIÈME CITATION
Hebr.IX, ii, la, i4.
JésuS'Christ est entré dans le saint des saints (le ciel) , non avec le sang des boucs et des taureaux^ mais avec son propre sang»
X, 4 — ïo.
... ... , Psaume XL, 7, 8.
Car d est impossible que le
sang des taureaux et des boucs David, encéldbrant lesbienôte les péchés. Cest pourquoi faits de Dieu, les trouve innom- Christ f entrant dans le monde ^ brables.
dit: Tu n^ as point voulu de sacri'' Tu n^ as point agréé de sacri" Jice nidoffrance^ mais tu m'as Jice ni d'oblation, mais tu m'as formé un corps; tu n'as point percé les oreilles; tu n^ as point pris plaisir aux holocaustes ni demandé d'holocauste ni de vic-^ aux sacrifices pour le péché, time pour le péché. Alors foi dit i Mors j'ai dit : Me voici, je viens ^ Me voici ^ je viens , comme il est 6 Dieu ! pour faire ta volonté , écrit de moi dans le livre, comme il est écrit de moi dans le livre : Ayant dit auparavant^ Tu rCas point voulu de sacrifice ni d'offrandes y nid holocaustes^ ni doblations pour le péchés et tu ri y as point pris plaisir (qui sont les choses qu'on offre selon la
loi) ; il ajoute ensuite : Me voici, Cest à faire ta volonté , ô mon je viens , ô Dieu , pour faire ta Dieu ! que j'ai pris plaisir; ta loi Tfolonéé, est gravée au-àedans de moi.
Il abolit le premier pour établir le second, et c'est en conséquence de cette volonté que nous avons été sanctifiés par Voblation que JésuS'Christ a faite une seule fois de son propre corps.
Les paroles que Tauteur de l'Epitre met dans bouche de Christ^ sont empruntées du psaume XL. Cest David qui parle et qui dit que Dieu l'a
Ta protégé et lui a accordé des bienfaits innombrables^ sans demander aucun sacrifice ni aucune oblation; qu'il a proclamé sa bonté, et qu'il implore la continuation de cette protection. Le psalmiste avait dit : Ta n as point agréé de sacrifice ni cCoblation, mais tu m'as percé les oreilles ^ tu n as point demandé d" holocauste f etc. L'Epître traduit : Tu ria^ point voulu de sacrifice ni cC offrande ^ mais tu m^ as formé un corps; tu n a point pris plaisir aux holocaustes ^ etc. Ce sont les mêmes expressions à l'exception de la phrase mais tu mas formé un corps ^ substituée à celle du psaume mais tu m! as percé les oreilles y parce que l'auteur a suivi la version des Septante.
Il est mal aisé de savoir au juste , dit Beausobre, pourquoi les Septante ont rendu l'hébreu de la sorte ; si l'auteur de l'Epître, au lieu de se servir de cette version, avait tourné en grec un original hébreu, il n'aurait pas eu cette phrase, il aurait eu celle-ci : mais tu m'aperce les oreilles^ expression figurée, que l'on croit signifier^ tu m'as destine, et je me suis dévoué moi-même à te Sjervir toute ma vie. Voyez Deuter. XV, i6, 17, où un maître perçait l'oreille à son esclave, pour qu'il restât toujours son esclave. L'auteur de l'Epître a profité de la phrase des Septante, tu m'as formé un corps ^ pour introduire l'idée que Dieu l'avait donné à Jésus-Christ , afin qu'il en fît l'ohlation.
• Malgré que Dieu déclare qu'il n'agrée ni sacrifice tiï oblation, qu'il ne demande ni holocauste ni victime pour le péché , que la victime qu'il agrée est
un esprit affligé (Ps. LI^ ig)^ qu'il veut qu'on lui offre des louanges pour victimes (Ps. L, i4, Hébr. XIII, i5) ; qu'il exige de l'homme^ pour effacer ses péchés y qu'il pratique la justice , qu'il prenne plair sir dans l'exercice de la miséricorde, qu'il marché dans les voies que Dieu ordonne, au lieu de lui of-^ frir des sacrifices (Michée , VI , 6 — 8; Jér, VII, 25) ; malgré toutes ces déclarations formelles, l'auteur de l'Epître aux Hébreux veut que nous soyons sanctifiés par Toblation du corps de Jésus-Christ; que celui-ci ait offert un seul sacrifice pour les péchés ^ que par une seule oblation il a purifié pour toujours ceux qui sont sanctifiés (X, i4)> que Jésus dàt paru une seule fois pour détruire lepéclié^ en s offrant lui-même en sacrifice y IX^ 28; Jésus a sanctifié le peuple par son propre sang, XIII , 1 2. Et cette doctrine repose sur la phrase de la version des Septante, tu ni as formé un corps y substitué à celle de l'original hébreu, tu nias percé les oreilles (i) !
Mais l'auteur de TEpître voulait justifier la mort ignominieuse de Jésus-Christ ; il voulait en ôter ce qu'elle avait de fâcheux pour rétablissement de sa
(1) Il est vrai que la même doctrine se trouve dans les Epîtres de saint Paul, Col. I, i^i En qui nous avons la Rédemption par son sang y la rémission des péclèés, i Cor, XT , aS ; ii Cor. Y, ;;5 , j8; Eplies. I9 7 : C'est en lui (le bien aimé) que nous avons la lîédemp-^ iion par son sang, savoir la rémission des péchés , selon les richesses de sa grâce» Rom. V, 6 : Jésus^Christ est mort dans son temps pour des impies ou des méchans. Ephes. Y, 2 : Jésus^Christ s'est offert lui-même à Dieu pontmous y . comme une oblation et une victime de bonne odeur, . ,. *. .. ,•
religion. Pour cela il fallait donner une haute importance à cette mortv en la représentant comme une oblation^ un sacrifice pour les péchés. L'auteur suppose donc que Dieu préférait une victime humaine y même son propre Fils^ au sang des taureaux tX des boucs ^ dont il ne voulait plus. Quelle étrange substitution ! indigne de la bonté infinie et de la ju»tice parfaite de l'Etre suprême.
H Tous les endroits^ dit LeCourayer^ où Jésusce Christ et les Apôtres enseignent qu'il fallait que le a Christ souffrit y n'ont d'autre but que de faire cesce ser dans l'esprit des Juifs le scandale de la croix^ en (c prouvant que ce qu'avait souffert Jésus-Christ ce n'empêchait pas qu'il ne dût être regardé comme ce le Messie y puisque ses souffrances mêmes avaient ce été prédites ». Ce que l'on peut contester.
Il se présente ici une autre supposition tout aussi étrange. Si Jésus a fait l'oblation de son corps ^ s'il s'est offert en sacrifice^ comment cela s'accorde-til avec sa dignité de souverain sacrificateur qu'il avait reçue de Dieu, dans laquelle il devait s'acquitter fidèlement de tout ce qu'il faut faire auprès de Dieu, pour expier les péchés du peuple (II, 17; V, 5, 6, 10). A-t-on jamais vu le souverain sacrificateur être lui-même la victime, ou se sacrifier luimême. L'auteur de l'Epître (IX , 26) reconnaît que le souverain sacrificateur entre tous les ans dans le saint des saints ai^ec d'autre sang que le sien.
L'Epître continue à copier le même psaume, en sorte qu'il fait dire à Jésus qu'il est écrit de lui dans
le livre (savoir le livre de la loi) tandis que c'est de David dont il s'agit , qui vient pour faire la volonté de Dieu (i).
Où Jésus a-t-il dit : me voici ^y^ viens y 6 Dieu, pour faire ta volonté, comme il est écrit de moi dans le volume du livre (2) ; ce sont là les paroles de David qu'on ne peut rapporter à Jésus-Christ. De même c'est David qui a répété plusieurs fois que Dieu ne demandait point de sacrifices ^ point de victimes.