‹ Éclairs et tonnerreChapitre 10 sur 63 · FEUX FOLLETS ÉLECTRIQUES · texte numérisé non relu

FEUX FOLLETS ÉLECTRIQUES

La foudre artificielle qui sort de la bouteille de Leyde ou de la machine de Ruhmkorf peut recevoir la forme globulaire au moyen d'artifices assez simples. Les photographies d'étincelles que nous avons reproduites plus haut ne laissent aucun doute à cet égard. Ne peuventelles point être invoquées comme un argument en faveur de la réalité des foudres globulaires? car il est impossible de ne point admettre que la nature peut réaliser, à sa manière, tous les phénomènes que nous savons produire dans nos laboratoires.

Comme l'étincelle globulaire de nos physiciens, celle de la nature voyage dans tous les sens, nous aurions envie de dire d'un pôle à l'autre. Ce curieux mélange de feu électrique et de substance pesante ne descend point toujours du ciel : il y a des nuits obscures où l'on voit des météores qui s'élancent des entrailles de la terre, et qu il ne faut pas du tout confondre avec les feux follets de nos cimetières.

Le 2 juillet 1750, Tabbé Richard aperçoit une llamme qui jaillit brusquement du pavé d'une église. Cette lueur s'élève à douze ou quinze pieds de hauteur, comme aurait pu le faire un hydrogène phosphore produit par la cervelle des morts.

Un couvent de femmes, situé à Bologne, fut frappé par un météore, sortant d'une excavation dans laquelle s'accumulaient les eaux de la voie publique. Le choc produit par cette foudre étrange fut si violent, qu'il renversa, une tour sur laquelle on l'avait vu se précipiter avec fureur.

D'autres fois les feux follets électriques voltigent de tous côtés, comme ceux que le docteur Gardiner aperçut pendant un orage. Des flammes pareilles à celles de la Pentecôte; se tenant à une petite distance du sol, faisaient entendre de petites détonations. Elles éclataient en semant autour d'elles toute espèce de ravages. Le docteur Sestier rapporte que ces météores volants tuèrent un homme dans son lit, frappèrent mortellement difl'érents animaux, brisèrent quelques arbres, et endommagèrent même plusieurs maisons.

Nous devons rapprocher de ces phénomènes les flammes que le physicien Maffeo vit sortir, en ni3, du rez-de-chaussée du château de Frosdinaro. Cette substance mystérieuse, portant une magnifique livrée d'azur, semblait agitée par une sorte de vent intérieur. Tout d'un coup, elle s'agite, elle bouillonne, elle éclate sans laisser la moindre trace de son passage !

C'était sans doute une autre espèce de feu follet électrique, ce météore que la terre vomit devant l'abbé Gi-

Fea follet électrique.

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