‹ Éclairs et tonnerreChapitre 12 sur 63 · THE A · texte numérisé non relu

THE A

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veneur, un chêne qui portait encore les traces d'une torsion récente. Comme on le voit par la figure qui accompagne ces lignes, la foudre a décrit encore cette foi^son sillon hélicoïdal, analogue à celui du réservoir de Montmartre. En outre, le fil du bois lui-même avait éprouvé une torsion de même nature. Est-ce l'action du coup de foudre qui lui a donné cette direction? Est-ce, au contraire, la direction persistante des fibres qui a tracé une route à Télectricité? Voilà ce qu'il serait sans doute difficile de constater d'une façon bien précise.

Nous inclinerions pour la première de ces deux hypothèses, car nous avons vu dans la même forêt un autre arbre plus anciennement foudroyé qui offrait des apparences analogues. On voyait la trace d'un sillon superficiel qui paraissait s'être successivement redressé, mais qui semblait originairement avoir été roulé en spirale par l'action d'un coup de foudre déjà ancien.

Les forestiers savent que, dans les pays de montagnes, les bois à fil tordu sont communs. On attribue ordinairement au vent cet effet contraire aux lois ordinaires de la végétation. N* est-il pas plus simple peutêtre d'y voir l'effet d'un mouvement giratoire imprimé par le fluide fulgurant dans sa chute en tire-bouchon?

Nous avons trouvé dans les Annales de Poggendorf^ mine inépuisable, un fait qui semble démontrer combien cette tendance au mouvement spiral est énergique. La rotation est si nette, si franche, qu'elle persiste quand la foudre saule brusquement sur un arbre voisin. On peut encore alors suivre dans certains cas sur un

arbre la trace de la spire qui a commencé sur un autre.

Certains observateurs prétendent avoir vu directement la spirale fui gurarile traverser impétueusenffent l'atmosphère. M. Lançon, artiste peintre, à qui nous

Foudre passant d'an arbre à an autre.

devons plusieurs de nos dessins, fut foudroyé dans sa jeunesse, et raconte qu'il s'est vu entouré de tourbillons de feu. Il a essayé de représenter la scène dans laquelle il fut comp^h-se involontaire, il y a quinze ou vingt ans. L'on reconnaîtra parfaitement la trace des spirales du tonnerre.

Notre jeune frère se trouvait en chemin de fer pen-

M. Lançon en présence d'un tourbillon de feu.

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