TONNERRE ET TREMBLEMENTS DE TERRE
notre cupidité respecte les bouquets qui existent encore! Bien plus, cherchons à reboiser systématiquement toutes les parties dénudées du territoire, afin que les paragréles d'Arago soient rendus inutiles, même en les admettant aussi eflScaces que le croyait ce savant quand il a proposé d'en doter la France.
LE TONNERRE ET LES TREMBLEiENTS DE TERRE
Il est impossible de parcourir les annales de l'Observatoire vésuvien, sans reconnaître que Télectricité doit entrer pour sa part dans les éruptions volcaniques. JEUe ne néglige jamais de se mettre de la partie quand le volcan se déchaîne. Toutes les fois que la lave fait entendre ses sourds beuglements, on peut être assuré que des courants souterrains se déchaînent. Le tonnerre viendra faire entendre sa voix, toutes les fois que le volcan engloutira les Herculanum et les Pompéi qui restent à la surface de la terre ! Ce ne serait point assez du pinceau d'un Rembrandt poui* faire comprendre la splendeur du spectacle offert par ces fulgurations bontinuelles, par ces magiques éruptions couronnées par des foudres incessantes. Que l'on nous dispense d'avoir la témérité d'essayer une description de ces doubles orages!
Le panache flottant qui couronne le cratère semble porter de téméraires provocations jusqu'aux lieux où la foudre s'élabore; on dirait le souffle des Titans en
révolte contre Jupiter. Chaque commotion volcanique est suivie par la projection d'un torrent de vapeurs mélangées de déjections acides et sulfureuses. Les colonnes de vapeurs çt de fumée qui semblent amener avec elles toutes les ténèbres de la terre, sont presque toujours couronnées par la clarté livide des éclairs. Les tourbillons électriques aiment à imiter la teinte rougeâtre que prend souvent la base du jet infernal.
Ce n'est point seulement au-dessus des évents volcaniques que retentit le craquement de la foudre. On vit, il y a quelques années, le sol de la Calabre s'entr'ouvrir; d'invisibles vapeurs, filtrant par toutes les fissures de la terre, se hâtèrent de porter jusqu'aux nuages la nouvelle de la grande secousse, et préparer de nouveaux orages. Des pluies diluviennes, produites, par cet vaporisations extraordinaires, ajoutèrent de nouvelles épreuves aux malheurs des habitants. Elles furent escortées de tonnerres et d'éclairs qui parurent un signe de la malédiction céleste, et qui ajoutèrent à la peur du mal le mal de la peur.
Les tempêtes furieuses qui déracinent nos édifices ont, plus souvent qu'on ne le pense, un écho dans les parties profondes. En effet, nous ne devons pas nous dissimuler que les grands troubles atmosphériques sont accompagnés d'altérations dans le débit de la température des sources jaillissantes. Plus tard nous discuterons les renseignements fournis par ces sondes liquides; mais est-il permis de ne point faire attention au danger qui se révèle par leur intermédiaire? En mille endroits sans doute la croûte terrestre, si péniblement