‹ Éclairs et tonnerreChapitre 2 sur 63 · UN ORAGE SUR LES PYRAMIDES · texte numérisé non relu

UN ORAGE SUR LES PYRAMIDES

Les pyramides sont antérieures à l'époque où nos ancêtres erraient dans les forêts de la Gaule. Est-il permis de supposer que pendant ces immenses périodes les prêtres d'Isis n'aient pas fait une seule fois la remarque du savant Prussien? Croira-t-on que ces hommes si sages, si profonds interprètes de la nature, n'aient pasreconnu une seule fois l'influence que ces grands monuments exerçaient sur la foudre et les éclairs.

Les érudits ont trouvé, sans de grands frais d'imagination, que le nom même des pyramides vient du radical grecjoyr, qui veut dire feu. Mais ont-ils eu raison d'ajouter que ce terme avait été uniquement choisi pour indiquer que ces étonnants produits de l'industrie humaine se terminent en pointe? N'est-il pas plus logique de supposer que d'illustres précurseurs du sage Américain, ont vu ces montagnes de pierre couronnées de flammes, illuminées par les énergies inconnues de la terre?

Depuis le jour où les esclaves des Pharaons entouraient les pierres qui les composent, jusqu'à la désertion des sanctuaires, des centaines de générations d'observateurs se sont succédé dans les temples.

Les collègues de Manethon et les maîtres de Moïse ne se bornaient point sans doute à enseigner que d'immenses colonnes de pierres peuvent produire le même effet que nos tiges de fer. On dirait, en voyant la manière dont ils ont multiplié les obélisques autour de leurs temples, qu'ils savaient que ces immenses aiguilles ont la propriété de soutirer la foudre des nuages. Certes, ils n'auraient pas commis l'erreur d'un

secrétaire perpétuel de notre Académie des sciences qui proposa, dans une œuvre cependant immortelle, de couronner Tobélisque de Louqsor d'un pyramidion de métal, paratonnerre placé sur un paratonnerre. Us n'ignoraient môme pas, vraisemblablement, la nécessité trop oubliée de nos jours, de ménager une issue à la foudre vers les régions humides et profondes. Car, en explorant le sol de l'antique Thèbes, les ingénieurs de l'expédition d'Egypte reconnurent avec une indicible surprise l'existence d'un obélisque souterrain. Sur ce monolithe soigneusement enfoui dans le sable, reposait un obélisque aérien, le seul dont pendant bien des siècles les générations aient connu la présence.

La science du sacerdoce égyptien ne semble môme point avoir été confinée à la terre des Pharaons; car les chroniques sacrées des Juifs nous apprennent que le temple de Jérusalem était tout hérissé de pointes de fer. Josèphe, ignorant lui-même la valeur des témoignages qu'il avait recueillis, nous fournit une preuve bien remarquable de l'efficacité des moyens de protection employés par les prêtres de la tribu de Levi. En effet, il rapporte que le feu du ciel respecta pendant plus de mille ans l'édifice consacré à Jéhovah. La foudre ne toucha ni le premier temple construit par Salomon, ni celui qui fut bâti sur ses ruines au retour de la captivité de Babylone.

Ce n'était pas le hasard de quelque immunité naturelle qui protégea ce monument pendant une si longue suite d'années. En effet, quand Julien essaya de donner

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