‹ Éclairs et tonnerreChapitre 3 sur 63 · ON ORAGE SUR LES PYRAMIDES · texte numérisé non relu

ON ORAGE SUR LES PYRAMIDES

un démenti aux chrétiens et de reconstruire le temple profané par la mort du Sauveur, il oublia de rétablir Tarmure qui avait protégé successivement deux édifices et dont il ignorait la puissance.

La foudre ne tarda point à détruire les échafaudages et à disperser les ouvriers envoyés par César : l'insuccès éclatant de Tennemi de la religion nouvelle fut accueilli avec des transports de joie par les chrétiens dispersés dans tous les coins de TEmpire. Aucun des philosophes qui combattait pour les dieux de Platon ne sut leur répondre que ce prétendu miracle était produit par la loi naturelle à laquelle le temple des Juife avait dû pendant si longtemps sa conservation merveilleuse. N'était-elle pas morte la tradition des prêtres d'Isis! Quel était celui des courtisans néoplatoniciens de César, qui avait pu pénétrer le mystère? Ce qui explique Fignorance de tant de générations de savants par brevet, c'est que l'électricité est privée de toute affinité dans son état naturel. C'est une substance en quelque sorte transcendante, affranchie des lois de la pénétrabilité ordinaire. On la croirait susceptible de s'accumuler en masse indéfinie dans un corps quelconque sans occuper la moindre fraction déterminée d'espace. Chose étrange, elle ne modifie en rien l'aspect des objets qui l'absorbent, dans cet état d'inertie, de sommeil!

Cette électricité neutre, analogue au phlogistique de Stahl, est en outre remarquable par l'extravagante facilité avec laquelle elle se dédouble en deux substances d'une activité infernale. Car elles sont douées de la

propriété d'agiter le inonde matériel tout entier pour se précipiter l'une sur Tautre. On dirait que la nature a donné aux corps bruts eux-mêmes une espèce d'âme pareille à celles dont parle Platon , qui sont composées d'une moitié d'être, et qui ne trouvent de repos que lorsqu'elles ont rencontré la moitié qui leur manque.

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