‹ Éclairs et tonnerreChapitre 29 sur 63 · LES ORA&ES N'ONT PAS PEUR DES CLOCHES · texte numérisé non relu

LES ORA&ES N'ONT PAS PEUR DES CLOCHES

Dans toutes les parties du monde, les sauvages poussent des clameurs assourdissantes pour faire cesser les éclipses de lune ou de soleil. Les Indiens que Colomb trouva dans les Antilles, les Péruviens, les Mexicains, s'y prenaient à peu près de la manière qu'emploient encore, de nos jours, les habitants des bords du lac de Nyanza ou de la mer Tschad dans de pareilles circonstances.

Arago fait remarquer avec beaucoup de sens que cette généralité de certaines superstitions doit être attribuée à la nécessité de s'étourdir soi-même, besoin que l'on surprend aussi bien au milieu de notre vie civilisée que chez les derniers des sauvages.

Écoutez, dit-il, le poltron dans l'obscurité : il chante! Voyez une ville en proie à la guerre civile : on ne cesse de sonner le tocsin , de tirer une multitude de coups de fusil contre des ennemis imaginaires, sans autre besoin que celui de se donner du cœur! Que de poudre nous économiserions si nous n'étions souvent plus Chinois que ne le pense notre orgueil !

Quoiqu'il soit notre contemporain en quelque sorte, Arago a pu lire dans un rituel de son temps les prières suivantes :

« Que ces clochers chassent au loin les malignes in-

Page 1