‹ Éclairs et tonnerreChapitre 53 sur 63 · LES FOUDROYÉS VONT VITE · texte numérisé non relu

LES FOUDROYÉS VONT VITE

Quelquefois la roideur des membres se produit avec une rapidité fantastique, dont il est difficile de se faire une idée sans quelques exemples. La contraction est si puissante, que la victime se trouve changée en statue, ou plutôt en morceau de fer, qui se tient roide et sans appui, et semble défier toutes les lois de la physique.

En 1845, quatre habitants d'Heiltz-le-Maurupt, près de Vitry-le-François, se réfugient sous des arbres ; un d'eux a la malheureuse idée de choisir un saule, qui se trouvait sans doute placé dans une situation défavorable pour abriter les réfugiés du tonnerre. Ses camarades ne tardent point à s'apercevoir qu'une flamme claire jaillit de ses vêtements. «Tu brûles! tu brûles! Tu ne vois pas que tu brûles!» s'écrient-ils; et comme leur compagnon ne bouge pas, ils se précipitent! Ils restent muets de terreur en voyant que, quoique debout, leur ami n'est plus qu'un cadavre !

Cette contraction épouvantable, qui envahit les plus lestes, peut permettre, paraît-il, au cadavre de conserver, pour ainsi dire indéfiniment, des positions qu'une personne vivante ne pourrait garder pendant plus de quelques secondes. La femme d'un vigneron des environs de Nancy cueillait des fleurs des champs, pour se faire un bouquet. Cette malheureuse est frappée au milieu de cette innocente occupation. On la trouve

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