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Temps employé a ^Instruction

La durée des cours est de quatre mois; ils commencent les premiers jours de novembre, et finissent dans la première quinzaine de mars : ce temps-là est le plus favorable pour ce mode d'établissement, soit parce que les travaux de la campagne étant pour ainsi dirè suspendus , les personnes qui se destinent à l'étude des aceouchemens peuvent plus aisément les quitter, soit parce que les froids commençant à naître, on peut se livrer plus facilement aux dissections. Deux années sont de rigueur pour chaque élève; une troisième est accordée

(1) Aperçu de l’état actuel de l’école d’accouchement du département de l’Ain ; par M. le docteur Pacoud. Manuscrit lu dans une séance générale, du 20 mars 1820.

comme récompense à celles qui se sont distinguées ; alors elles reçoivent de légers appointemens , et remplissent les fonctions de sous-maîtresses ou d’interrogateurs. L’intention du professeur en faisant ce choix., qui tombe chaque année sur trois élèves d’un pays différent, est d’avoir, dans chaque canton, des sages-femmes plus instruites et plus expérimentées que les autres, afin que celles-ci puissent trouver dans le besoin, presque sans se déranger, des conseils surs, des secours affectueux.

Nous ajouterons , et cette opinion nous Lavons soumise à M. Pacoud, qui a bien voulu Taccueillir avec sa bonté ordinaire , et qui nous a dit être dans le dessein de la mettre à exécution plus tard , qu’il serait avantageux de conserver chaque année trois ou quatre places pour les anciennes élèves, qui deviendraient alors des élèves honoraires , ce qui leur faciliterait les moyens de revoir les principes de l’art, de profiter des améliorations, et de fortifier, de retremper leur esprit à la source pure où elles ont puisé leurs premières connaissances. Bu reste , cette nouvelle étude ne serait point obligatoire.

4<° Nature de l'Instruction.

Tout ce qui a trait aux accouchemens fait partie de l’instruction. Elle commence par Létude anatomique des parties dures, puis des parties molles; à ces connaissances succèdent des considérations physiologiques sur la matrice, les organes génitaux et les mammelles, et particulièrement des considérations mathématiques sur le bassin, ses suttures, ses diamètres, ses axes, etc.; ce qui conduit nécessairement à parler des difTérens vices de conformation. Tiennent ensuite les signes de la grossesse aux différentes époques de la gestation; ceux

de la parturation ; le travail de l'accouchement, soit simple j soit laborieux, et la délivrance. Le professeur insiste sur-tout sur les accidens avant, pendant et après l'accouchement; car on ne doit attribuer la plupart des pertes d’accouchées qu'on fait alors, qu'à ces mêmes accidens méconnus ou arrêtés trop tard. A ces leçons succèdent celles des soins à donner à la mère et à l'enfant; des égards qu'une sage femme doit à un médecin, à un officier de santé, ou à une autre sage-femme, qui pourraient avoir été appelés auprès d'une femme qu'elle soigne; des connaissances propres à l'éclairer sur ses devoirs et ses droits devant Dieu, les hommes et la loi; à la diriger dans les cas impérieux où elle serait forcée d'employer quelques moyens internes ou externes; et, ici, viennent se placer naturellement quelques leçons sur îa petite chirurgie ou chirurgie ministrante , comme complément du cours,

A quelques notions qu'on donne aux élèves sur la vaccine et son opération, ne serait-il pas à désirer, dans l’intérêt de l'humanité, si le temps le permettait, d'y ajouter des détails succincts, mais clairs, sur les asphixies , les empoisonnemens , etc.? Une sage-femme instruite et intelligente ne pourrait-elle pas dans les cas pressans , remplacer momentanément et avec fruit, un officier de santé, un médecin même, qui, souvent éloignés du lieu où habite le malade, arrivent pour être simples spectateurs d’une scène affligeante et douloureuse, et voir les secours trop tardifs de leur ministère , devenus inutiles sur un théâtre de désolation et de mort ? En donnant ce conseil , nous n’avons pas l'idée de faire des femmes savantes, des femmes médecins, mais des femmes utiles, et d'autant plus utiles qu'elles seront plus instruites: car rien n'éclaire mieux sur la nature et l'étendue de nos droits, sur la valeur de nos facultés et de nos connaissances; rien ne rend plus humble, plus simple,

moins confiant sur ses propres forces, qu’une solide et profonde instruction. Au reste, M Pacoud, qui a prévu 1 abus qui pourrait avoir lieu dans ce sens , a cherché à le prévenir par des discours sur ce sujet adressés à ses élèves , par la surveillance active qu’il exerce sans cesse sur elles , et par les principes de morale qu’il leur enseigne , que fortifient puissamment ceux de la religion.

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