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TREKTË-TROISIÈUË HOUËLIË.
Le Purg'atoire.
Si in luce ambulamus, sicut Deus est in luce; societatem habemus ad invicem cum Pâtre, et cum Filio ejus Jesu Cbristo; et sangais Jesu Ghristi, Filii ejus, emuadat nos ab omni peccato. (I Joan. i.)
La religioQ, considérée dans son idée la plus générale, n'est que l'expressioa des rapports qui lient riiomme à Thomme, et les hommes à Dieu. Or, la majeure partie de ces rapports constitutifs de la religion sont si mystérieux, si abstraits, si sublimes que riîomme, abandonné à ses seules lumières, était absolument incapable de les découvrir. « Il a donc fallu, nous dit saint Thomas, que la clémence divine vint au secours de notre faiblesse, et que ces rap-
(1) Nous plaçons immédiatement ici cette iomélie sur îe /*«rg'a/otre, parce qu'elle fait en quelque sorte suite aiec la précédente, sur le Sacrifice Eucharistique, d'où dérive principalement le soulagement des âmes du Purgatoire. C'est encore ainsi qu'on trouvera, immédiatement après, l'homélie sur la Confession, comme disposition principa/o t )a communion, qui sera le sujet de la dernière homélie sur la matière eucharistique.
ports mystérieux, insaisissables à la raison huraaiue, lui fussent révélés par voie de croyance et d'autorité (1). »
Mais si ce sont là des motifs qui fassent une nécessité de la révélation de la religion, il ne s'ensuit pas, pour autant, que cette religion ne soit pas naturelle. Toutes les vérités chrétiennes, au contraire, à bien les prendre, sont fondées sur la nature de Dieu et sur celle de l'homme. Ce sont, néanmoins, ces conditions nécessaires, ces relations naturelles entre Dieu et l'homme, entre l'homme et son semblable, inaccessibles, pour la plupart, à notre intelligence, que le christianisme a révélées avec une force et une grâce particulières.
Tel est précisément le dogme du suffrage des morts, dont, d'après une coutume sainte et charitable, les prédicateurs doivent entretenir leur auditoire dans le cours de la station quadragésimale.
A la vérité, c'est Dieu lui-même qui, par l'Ecriture, la tradition et l'Eglise, nous a révélé ce dognje. Il est donc surnaturel, relativement au moyen qui nous l'a fait connaître; mais, envisagé en lui-même, il est naturel. En effet, il tient sa raison d'être, d'une part, d'un attribut sublime de la nature divine, sa lumière ou sa sainteté infinie ; de l'autre, d'une grande misère de la nature humaine, son indignité, pour ainsi dire infinie, et que le sang de Jé-
(1) Diyina providit clementia, ut ea ad qiiae huniana ratio pertingere non potest, per modum fidei traderentur {Contr. Gent., lib. I;,
sus-Christ peut seul effiiicer. C'est ce dogme qui, au surplus, complète les relations de la société bienveillante des vrais fidèles entre eux, et des fidèles avec Dieu le Père et son Fils Jésus-Christ; société si bien décrite par l'évangéliste saint Jean dans le chapitre P' de sa première épitre (i). Désirant vous entretenir encore du purgatoire, etsé parant, dans cet article le dogme du suffrage d la vraie loi, remets à une autre occasion ce qui regarde le sufirage, pour m'occuper uniquement du dogme du purgatoire. Je ne le ferai pas, en prouvant sa vérité, puis que nous n'avons pas besoin de preuves pour y croire. Je me bornerai à montrer son importance, sa magnificence sa beauté, afin que nous nous efforcions de répondre, dans la pratique, à la croyance que nous en professons.
A cet effet, prenant pour guide le langage de saint Jean, nous verrons d'abord comment ce dogme est l'expression delà sainteté de Dieu, et de là la nécessité où nous sommes d'être absolument purs et saints pour être admis à posséder Dieu (2). Nous verrons ensuite comment ce dogme explique et complète la vérité catholique de la communion des saints, ou de la société de tous les vrais fidèles entre eux et avec Dieu en Jésus-Christ, quel que soit l'état où ils se
(1) Si in luce ambulamus, sicul Deus est in luce; societatem habc mus ad iuvicem cum Pâtre et cum Filio ejus Jesu Christo, et sanguis Jcsu Christi, Filii ejus, emundal nos ab omni peccato.
(2) Si in luce ambulamus, sicut Deus est in luce.
trouveDt (1) ; afin que, pour notre salut, aussi bien que pour le soulagement des morts, nous soyons empressés à recueillir les gouttes du sang du Sauveur^ seules capables d'effacer toute tache, de purifier, d'embellir toute âme, non • seulement dans la vie présente, mais aussi dans l'avenir (2). Commençons.