‹ École des miracles (volume 2)Chapitre 14 sur 30 · LA CONFESSION SACRAMENTELLE · texte numérisé non relu

LA CONFESSION SACRAMENTELLE

(S. Lue, chap. vu, etc.; S. Jean, chap. xx, etc.)

Remittuntiir tibi peccata tua. Vade in oace {Evang. Fer. V post. Boni. Pass.),

Quelle est cette femme qui, pendant que le Sauveur du monde est assis à table dans la demeure de Simon le pharisien, y entre, les cheveux épars, le front baissé, le visage triste, les yeux baignés de' larmes, la contenance humble et modeste, et qui, après s'être prosternée respectueusement à ses pieds, les baigne de ses pleurs, les essuie avec ses cheveux, les oint de parfums , et qui, les baisant affectueusement, y imprime, selon l'expression de saint Chrysologue, une sorte de sacrement d'amour? C'est Madeleine, femme aussi distinguée par la naissance, par la fortune, par la beauté, que, selon l'évangéliste, licencieuse et corrompue dans ses mœurs.

et, par conséquent, le scandale de tout Jérusalem(l); mais qui, touchée de la grâce, dans une prédication du Seigneur, humiliée, couiuse, repentante, affligée de sa mauvaise vie, vient auprès de Jésus- Christ pour en implorer le pardon. Que fait-elle en humiliant ainsi tout son corps par la pénitence, comme elle l'avait jusque-là prostitué au vice? Elle confesse à Jésus-Christ, elle déplore en sa présence les fautes qu'elle a commises par la licence de ses regards, par la vanité de sa chevelure, par la séduction de son visage, par la douceur des parfums, par la sensualité de baisers impurs, par l'immodestie de sa contenance, par l'idolâtrie de sa personne. C'est en récompense de cette confession si humble, si sincère, animée d'une profonde contrition, embellie par la charité la plus parfaite (2), qu'elle reçoit de la bouche du Sauveur l'absolution, le pardon de toutes ses fautes, la grâce qui la sanctifie, la paix qui la rend heureuse (3).

Voilà donc la maison du pharisien tout-à-coup changée en temple ; le repas destiné à fortifier le corps, changé en délicieux banquet de l'âme. Dans ]M[adeleine qui se confesse, et dans Jésus-Christ qui Tabsout et la renvoie en paix, nous contemplons aujourd'hui le sacrement de la réconciliation et du pardon, sacrement laissé à l'Eglise ; nous le contemplons, dis-je, administré par Jésus-Christ en per-

(1) Mnlier in civitate peccatrix*

(2) Dilexit multum.

S) Reinitluntur tibi peccat» tua. Vad« in pace.

sonne; nous y voyons TefiBcacité et le fruit de l'absolution sacramentelle appliqués en deux mots (1). Institution grande, sublime et très -importante, et, après le Baptême et l'Eucharistie, le plus grand des miracles de la grâce, digne de notre admiration, de notre reconnaissance et de notre amour.

Considérons donc cette institution précieuse de l'absolution sacramentelle et dans ses principes et dans ses effets. Examinons ce qu'elle opère et ce qu'elle obtient, afin que, la recevant fréquemment ayee la foi vive, l'amour intense, la contrition sincère de Madeleine, nous y trouvions aussi la paix et le pardon.

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