‹ École des miraclesChapitre 18 sur 46 · VINGTIÈME HOMÉLIE · texte numérisé non relu

VINGTIÈME HOMÉLIE

La Pèche miraculeuse,

LA CATHOLICITÉ ET l'aPOSTOLICITÉ DE L'ÉGLISE.

{Mat th. IV ; Marc, i; Luc. v; Joan. xxi.)

Omiiis plantatio, quam non plantavit Pater, eradlcabituT.

{Évangile de ce jour^ fer. IV post.

Dom. III. Matth. IV.)

Quelles sont ces plantes malheureuses, incapables de prendre racine en ce monde, si le Père céleste ne les cultive lui-même, parce qu'une main sans pitié les arrache, à mesure qu'elles croissent, jusqu'à la dernière racine? Les Pères nous apprennent que ce sont les sectes diverses qui n'ont pas la vraie religion pour base, et dont les maîtres et les disciples, oubliant le ciel, ont le cœur et l'esprit attachés à la terre.

Ainsi les systèmes absurdes des philosophes, les folles superstitions des Juifs, en un mot ces doc-

(1) Sunt doctores eom sectatoribns suis, qui non habent fan* damentum Ghristum, cor figeâtes in terris {Glos.^ inter. ex PP. in T Matth,).

trines orgueilleuses, contraires à la vérité, à la justice, à Dieu lui-même, u ont, d'après les propres paroles de Jésus-Christ, qu'une existence précaire et rapide, et leur destin est d'être, tôt ou tard, arrachées de la terre c'est-à-dire de disparaître avec les insensés ou les perfides qui les pratiquent ou les publient (1).

Il n'y a que cet arbre majestueux, né d'un humble gcpme, l'arbre de la doctrine catholique, de l'Eglise romaine, qui ne se plie et ne se brise jamais, quoiqu'il soit continuellement battu par la tempête; il devient même, ce semble, plus fort, plus solide à mesure que se multiplient les orages ; il croîtra enfin jusqu'à étendre ses branches dans tout l'univers et à couvrir le monde sous son ombre pacifique.

Mais comment cela? Ne sont -ce pas aussi des hommes, ne sont-ce pas les apôtres qui ont implanté et cette doctrine et cette Eglise? Ne l'ont-ils pas arrosée de leurs sueurs et de leur sang (2)? Comment cet arbre peut-il aspirer à l'immortalité, qui est promise uniquement aux plantations de Dieu? Pour comprendre qu'il en est ainsi, rappelons ce que l'apôtre ajoute dans le même endroit : c'est Dieu qui, en bénissant les fatigues des apôtres, a donné à leurs œuvres et à leur zèle l'accroissement et le fruit ob-

(1) Omnis igitur plantatio philosoptorum, omnis plantatio haereticorum, quaecunque contra Deum est, etveritatem,et justitiam, eradicabitur [Ibid.].

(2) Ego plantavi, Apollo rigavit (/ Cor. m). — Deus autem incrementum dédit. — Dei enim adjulores sumus. — Dei enirn agricultura estis; Dei aedificatio estis.

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