‹ École des miraclesChapitre 26 sur 46 · VINGT-DEUXIÈME HOMÉLIE · texte numérisé non relu

VINGT-DEUXIÈME HOMÉLIE

La multiplication des pains (2),

ou LE MIKISTÈRE DE l' ÉGLISE.

Dei enim adjutores sumus. Sic nos existimet homo, ut ministros Christi et dispensatores mysteriorum Dei. (I Cor. iv.)

Ce n'est point une invention d'ascète ni une pieuse croyance , encore moins une opinion privée » c'est une vérité de foi révélée par l'Esprit-Saint dans

(1) Pour suivre l'ordre des évangiles du Carême, il faudrait placer ici l'homélie de la Samaritaine ; mais comme la multiplication des pains signifie le ministère de l'Église, et que ce sujet forme un tout avec les homélies précédentes, on a cru devoir placer celle-ci en ce lieu, avant la suivante.

(2) Jésus-Christ fit ce miracle sur une petite montagne du désert qui se trouve entre Capharnaûm et Bethzaide, peu avant la pàque de l'année 32e je son âge. Les quatre évangélistes le rapportent ; mais on en lit la narration qu'en fait saint Jean à la messe du IV" dimanche de Carême. Le Sauveur fit un pareil miracle environ un an plus tard, mais dans des circonstances différentes, rapporté par saint Matthieu et par saint Marc. L'endroit de cette seconde multiplication des pains fut la montagne même de la Judée, où, environ deux ans auparavant, le Sauv.'ui' avait fait le célèbre discours de la montagne ; et ce lieu s'appelle encore aujourd'hui la montagne de Jésus-Christ, parce qu'il y prêcha et s'y retira pour prier.

saint i'aiil, que le mariage, pour la proi)aL;aliua et le mainticMi du genre humain, est chez les fidèles un grand sacrement, un mystère, parce qu'il représente le sacrement ineflfable, le profond mystère de l'indissoluble union de Jésus- Christ avec l'Eglise pour la propagation et le maintien du peuple chrétien (1).

De même que Dieu pouvait sans doute, selon la pensée de saint Thomas, créer l'homme de manière à ce qu'il se reproduisît de lui-même; ainsi Jésus-Christ aurait pu [)ropager et maintenir sa religion parmi ïes hommes parle moyen des révélations immédiates et par l'action directe de sa grâce. Mais Dieu déclara, dès le principe de la création, qu'il n'était pas bien que l'homme fût seul, et il lui donna la femme pour compagne (2); dès-lors il révéla en figure le plan providentiel qu'il devait accomplir au commejicemeiu de. la rédemption et selon lequel l'homme parfait, l'homme par excellence, Jésus-Christ, ne devait pas non plus rester seul, mais posséder l'Eglise jiour compagne dans ses générations spirituelles. C'est-à-dire que Dieu, dès le commencement, annonça d'une manière sensible la nécessité du ministère ecclésiastique pour la naissance et l'accroissement des fils de Jésus-Christ, pour la propagation et le mainlieu du christianisme.

Or,saint Paul annonçait ce mystère déjà accoaipli.

(1) Sacramentum hoc magnum est : dico ego in Ghristo et in Ecclesia {Epfies. \).

(2) Non est bonum esse hominem solum; faciamus ei adjutorium {Gen. ii).

quand, se servant des paroles mêmes de la Genèse, il disait de tout le corps des pasteurs de l'Eglise : «Comme Eve a été la cwa^/yi^^nce d'Adam, nous sommes, nous aussi, les coa(//aieHr5 de Dieu. C'est pourquoi nous ne devons être regardes parmiles hommes que comme les ministres de Jésus-Christ et les dispensateurs des divins mystères (1). » Ainsi parlait saint Paul de la nécessité et de rexcellcncc du ministère ecclésiastique.Le Fils de Dieu, avant d'annoncer au monde, par son apôtre, ces vérités si graves, nous les a exprmées en action, en quelque sorte, par la multiplication des pains dans l'évangile de ce jour, que j'entreprends en ce moment d'expliquer. Je parlerai aussi d'un miracle semblable que le Sauveur opéra dans une autre circonstance , parce que ces deux prodiges ont un même but et figurent le même mystère. Le dogme dont nous allons vous entretenir, comprend toute la religion ; il est la source de toutes nos consolations, le soutien de toutes nos espérances ; il est aussi agréable qu'il est important : hàtons-uous de nous en convaincre.

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