VINGT -SIXIÈME HOMÉLIE
Le fils de la veuve de Naïm (1).
Luc, vu, 11-16.
Tulitque Elias puerum..., et tradidit matri suœ, et dixit illi : En vivit filius tuus. (lîl Reg. xvij.)
Les prophètes qui ont, annoncé ravénement du Fils de Dieu, ont été non-seulement les évangélistes anticipés de ce divin Sauveur, mais ils en ont encore été les figures. C'est pour le prouver, que le Messie a voulu accomplir littéralement leurs oracles, et que, de plus, il a reproduit les plus grandes et les plus
(1) Naïm ( parole hébraïque qui signifie belle), ainsi appelée à cause de sa beauté, est une ville df^ la Galilée située à deux milles du mont Tbabor. Jésus-Christ s'y rendit au sortir de Capharnaûm, après avoir guéri le serviteur du Centurion. Le miracle dont il s'agit arriva vers la fin de mai, la deuxième année de la prédication du Sauveur et la trente-deuxième de son âge. Saint Luc seul raconte ce prodige dans l'évangile qu'on lit à la messe du Jeudi après le IV^ dimanche du Carême. On le lit de même le jour de la fête de sainte Monique, le 4 mai, parce que cette sainte mère obtint, par ses prières, la résurrection spirituelle de son enfant unique, Augustin, comme la veuve de Naïm obtint par ses larmes, celle de son fils.
importantes de leurs actions. Un exemple admirable nous en est donné dans Elie ressuscitant le fils de la veuve de Sarepta, la figure frappante, parfaite de Jésus, qui ressuscite pujourd'huile fils de la veuve de IXaïm. Et, pour qu'on ne doute nullement de la . corrélation de ces deux prodiges accomplis à huit siècles de distance l'un de l'autre, le premier restant le symbole du dernier, l'évangile de ce jour^ qui rapporte .celui-ci;, emploie les paroles consignées dans le troisième livre des Eois, qui raconte celuilà. En effet, nous lisons dans l'Evangile : « Le Sauveur rendit vivant à sa mère le jeune homme qu'il venait de ressusciter (1), » tout comme il est dit d'Elie : « Il prit par le bras l'enfant qu'il venait de rendre à la vie, et il le présenta à sa mère en disant : Voilà le fils que vous pleuriez comme mort (2). »
Le miracle d'Elie fut seulement la figure du prodige que Jésus-Christ devait opérer en rendant à un homme la vie du corps, tandis que celui que le Sauveur opéra à Naïm, est aussi la figure d'un grand mystère, c'est-à-dire de la résurrection des âmes, qu'il opère continuellement parmi les hommes. Oui, mes frères, le véritable Elie, touché des larmes de notre sainte Mère l'Eglise, ressuscite ses enfants de la mort du péché et les rend pleins de vie à sa tendresse et à son amour.
Considérons donc en ce jour le tendre mystère
(1) Et dédit illum matri suse {Luc. vu, 15).
(2) Tulitque Elias puerum, et tradidit matri suae, et dixit illi : En vivit filius tuus (/// Re(j. xvii, 23).
— ^ 1 6 — figuré dans riiistoirc du jeiino homme de Naïm. Dans CCS réflexions sur la profonde mis6re des pécheurs, sur la miséricorde et la puissance du Dieu Sauveur qui les appelle à la vie de la grâce par les prières do son Eglise, nous trouverons de grands motifs de consolation et d'édification.