I. — Principes techniques de la coordination
La possibilité de la coordination est suspendue à l'élaboration de notions simples et applicables aux différents cas qui peuvent se présenter. Elles s'emboîtent, en quelque sorte, les unes dans les autres et permettent de coordonner ce que nous connaissons sous le nom de Répartition effective. Nous allons les rencontrer successivement dans leur ordre logique.
L'unité de production. — La première démarche de toute tentative de coordination doit être de rapporter les quantités consommées dans une fabrication aux quantités produites. Ce qui implique que ces dernières soient chiffrables et que des « unités de production » aient été préalablement définies.
L'unité de production est donc pour tous les produits bruls, — déjà transformés ou finis — une quanlilé invariable de chacun d'eux, choisie comme étalon.
Suivant que l’on considère un stade ou un autre d’une fabrication donnée, plusieurs umités de production se feront jour. Pour les matières premières d’extraction, comme le charbon, le pétrole brut, l’unité de production sera exprimée pratiquement par la tonne.
Aux différents stades de transformation, l’unité de production s’exprimera soit en poids : tonne de gomme de caoutchouc, tonne d'acier, de cuivre, d'aluminium, etc., tonne de pâte de bois, ete. ; soit en volume : mètre-cube de bois, mètre-cube de gaz, etc. ; soit en longueur : mètre de tubes isolateurs, mètre de mèche de mineur, etc. |
À l'échelon produit fini, l’unité de production sera constituée par un exemplaire de l’article manufacturé lui-même : une paire de chaussures, une bicyclette, une amorce électrique, ete.
La coordination pourra ainsi choisir à quel-stade elle doit intervenir. S'agit-il du programme précis de fabrication d’un nombre déterminé d’objets finis, d’une qualité identique, correspondant à dés besoins connus, l’unité de production représentée par un quelconque des objets finis, lui servira de base. Si au contraire, les qualités ét types de produits finis sont variables, on les ramènera à une unité théorique qui fera office de dénominateur commun. Ainsi on pourra définir une unité moyenne « pneumatique », « camion de transport », « bicyclette », etc., sur laquelle convergeront tous les calculs. :
A son tour, cette unité de production d’un article considéré sera
fractionnée en ses divers composants, soit en autant de quantités- :
matière qu’il en entre dans sa fabrication. Nous verrons pourquoi tout à l'heure.
Pour une même répartition, l'unité de production peut ainsi être choisie à un degré variable du processus de fabrication. Au lieu de la tonne de fibranne, on pourrait théoriquement adopter, comme unité de production, le « point textile ». Si on ne le fait pas encore, c'est, en l’espèce, que des particularités techniques déjà signalées empêchent d'établir une correspondance étroite entre le « point » et son équivalence exacte en chacune des différentes fibres textiles qui le composent. Sinon, l'idéal serait évidemment d'exprimer l'ensemble des besoins en une unité finale excluant tout sousmultiple.
Maïs, en réalité, notre connaissance exacte des besoins de l’en-