II. — Coordination pratique des attributious
Ici encore, il faut distinguer. Nous rencontrerons la nécessité de la coordination à deux étapes différentes de la Répartition. Allant de pair avec la sous-répartition, au niveau de chaque Comité ou Groupement, ce sera la sous-coordination (des allocations) ; au niveau des différentes Sections, ce sera la véritable coordination des Répartitions, celle des contingents.
Sous-coordination. Elle consislera pour chaque Comilé — et plus généralement, pour chaque porteur de contingent — à coordonner chaque allocation de malières annexes failes à chacun de ses ressortissanls avec chaque allocalion de matière directrice, celle-ci élant prélevée
(1) La question se pose d’une façon identique pour l'extraction du éharbozx elle-même.
sur le contingent global accordé au porleur considéré par la Section correspondante.
Voiei comment les choses se passent, le plus souvent. Un Comité, celui de Pindustrie de la chaussure, par exemple, possède un contingent de cuir qu'il doit sous-répartir entre tous les fabricants de chaussures. Il leur envoie les titres de Répartition représentant le montant de leur allocation, et qui leur permettront de se procurer chez les tanneurs les qualités et quantités voulues de cuir, c’et-à-dire de matière directrice. Leur approvisionnement en matières annexes sera assuré d’une façon parallèle’: le Comité du Cuir établira des états des besoins en charbon, huile, clouterie, textiles, etc., nécessaires à la mise en fabrication ; il les soumettra pour accord aux Répartiteurs intéressés et distribuera à ses ressortissants, en fonction des attributions de matière directrice, les titres de Répartition dont l’ensemble représentera le contingent qui lui aura été accordé par les Sections.
La coordination parfaite sera réalisée si le Comité a pu obtenir les matières annexes nécessaires. En pratique, il n’y aura pas toujours synchronisme entre les attributions de celles-ci et celles de la matière directrice. Il arrivera, en particulier, que même si les utilisateurs sont en possession des titres de Répartition représentant les quantités de matières annexes indispensables à la réalisation de leur production prévue," un facteur retard dans la fabrication d’un produit annexe pourra toujours intervenir. C’est ainsi, entre autres, que les industriels de la chaussure éprouvent une sérieuse difficulté à transformer leur monnaie-matière d’acier en clouterie, à cause précisément des difficultés de fabrication qui touchent cette be.
D'une façon précise la coordination théorique idéale se trouve obtenue lorsque le titre de Répartition envoyé aux ressortissants d’un Comité est valable, non seulement pour une quantité donnée de matière directrice, mais aussi pour les différentes matières annexes correspondantes. Les exemples en sont d’ailleurs rares. On peut néanmoins se référer sur ce-point aux cartes d’acheteur des artisans coordonniers, auxquelles sont associés des coupons représentant le fil, la colle, la clouterie, etc., nécessaires à l’utilisation du cuir, dont la quantité est elle-même représentée par l’un des coupons.
Un cas particulier est à signaler, c’est celui où une même entreprise (par exemple, une industrie intégrée) est rattachée, pour chacune de ses fabrications ou de leurs différents stades, à différents Comités. On fera intervenir, pour simplifier les choses un Comilé principal, désigné comme tel el choisi parmi ceux auxquels ressortil un même établissement, en vue d'assumer seul la sous-répartilion des malières annexes à cet élablissement*. La sous-coordination matière directrice-matières annexes sera donc assurée par cet ‘Organisme.
En somme, cette sous-coordination est surtout une question de rationalisation interne des attributions, en ce sens qu’elle ne dépasse
pas la compétence du porteur de contingent et s’opère individuellement entre les entreprises. Personne, sinon le Comité intéressé, sous le contrôle du Répartiteur de la matière directrice, n’a la possibilité d'intervenir sur ce terrain. Tout change, lorsqu'on passe à l’échelon supérieur et que l’on considère, comme nous allons le faire, la coordination inter-sections.
Coordination des contingents. — E{le consislera à coordonner enire les Sections intéressées les contingents de matières indispensables à un porteur de contingents, pour réaliser une fabrication donnée, exprimée le plus souvent par un programme.
C'est là le domaine authentique de la coordination, où presque toujours, un contact préalable entre les intéressés, voire un arbitrage, c'est-à-dire une coordination venant de l’extérieur, sera indispensable. Nous y verrons deux paliers successifs : au premier, elle sera le fait des Répartiteurs en liaison avec les Comités d’Organisation ; au second, du Gouvernement lui-même.
Éliminons d’abord les deux cas suivants :
19 Le calcul effectué par le Comité assurant la production, des nombres proportionnels relatifs aux produits à fabriquer, montrera que le nombre et la quantité des matières annexes sont négligeables (certains objets en bois, en métal, emballages, etc.), Dans cette hypothèse où la matière directrice est évidente, il suffira donc au comité chargé de la transformer, d'exprimer ses besoins en matières annexes aux différents répartiteurs. Des contacts directs avec ceux-ci
permettront de déterminer les prévisions de production et les besoins -
du Comité seront assurés par les Sections au fur et à mesure de leur expression. Il n’y a pas de difficulté réelle ;
720 Lorsque, hypothèse limitée, la matière directrice est allouée directement à l'utilisateur final, sous la forme de monnaie-matière de produits ferreux, les choses peuvent se passer comme suit : l’attributaire exposera à chacune des Sections répartissant les produits nécessaires à la mise en œuvre de ses produits ferreux, quels sont ses besoins en matières annexes, afin de réaliser les commandes déjà couvertes par la monnaie-matière. Les Sections, après avoir contrôlé l’exactitude de celles-ci (auprès du Répartiteur des Fontes, Fers et Aciers ou auprès des Organismes de qui émanent les commandes), alloueront au demandeur les titres-matières sollicités. Mais déjà, la simultanéité dans les allocations serait moins certaine puisque cette coordination n'aura pas été préalable, mais s’eflectuera progressivement si, en fait, dans presque tous les cas où joue ce système (attribution d’un contingent d'utilisation finale de monnaie-matière), des programmes essentiels n'étaient en jeu, qui intéressent les différents Répartiteurs à un degré ou à un autre. Une coordination virtuelle inter-sections a souvent, en effet, devancé l’exposé des besoins effectifs, et atténue le risque de décalage entre les attributions. Cette hypothèse nous ramène au premier palier de