CRAN ET PT ET ACT ENT
basques, articles auxquels le pouvoir feutrant et thermique du lanital convient particulièrement.
Le nylon (1) déjà expérimenté aux États Lai avant la guerre, fait en ce moment, en France, l’objet d'essais, qui semblent concluants. Le nylon revêt l'aspect de fils ou de crins. C’est un produit de synthèse, dans la composition duquel entrent du phénol, de l’ammoniaque, de l'hydrogène, de l'acide nitrique, etc. La quantité mensuelle de nylon obtenue pendant l’automne 1942 était de 5 à 6 t. Les fils de nylon sont actuellement utilisés, entre autres, pour la bonneterie (bas), par l’industrie électrique et pour la fabrication de rubans de machines à écrire. Les crins par la brosserie et pour la fabrication de crins chirurgicaux et d’archets. Le nylon est très résistant, et peut avec avantage être pour certains emplois, substitué au coton et à la soie. Son prix de revient est normalement très inférieur à celui de la soie ; c’est là, pour cette industrie nouvelle, un facteur supplémentaire de vitalité.
b) A côté de ces industries, sinon engendrées par l’autarcie actuelle, du moins développées grâce à elle, des fabrications vraiment nouvelles sont nées de la seule nécessité. Les résultats obtenus sont inégaux. Certains sont déjà fort encourageants.
Donnons tout d’abord la première place à l’industrie des huiles de remplacement et de synthèse, avant-guerre à peu près inexistante en France. Il suffira de préciser que sur le total des ressources du 4€ trimestre 1942, qui s’évalue à 9.205 t., les huiles nouvelles fabriquées par synthèse ou en partant des goudrons de houille, de la collophane, etc., fournissent plus de la moitié des disponibilités (4.950 t.), les 4. 295 t. d'huiles minérales provenant uniquement d’importations d'Allemagne. Le pouvoir lubrifiant de ces huiles nouvelles n’est pas inférieur à celui des huiles minérales. Leur pouvoir régénérateur aurait également fait ses preuves. C’est donc là une industrie promue à un avenir à peu près, certain, et qui doit être développée pour le bénéfice de l’économie française, quels que soient les événements.
Tout le monde connaît maintenant l'ampleur prise par une autre fabrication née de la pénurie, celle des chaussures à semelles de bois,
rigides ou souples, dont le nombre atteint, pour une année, 24 millions de paires. [1 semble d’ailleurs que, en dehors de quelques modèles « Fantaisie » pour dames, que la mode réussira à maintenir, ces articles répondent surtout à des nécessités momentanées et que dans la mesure où la production nationale de cuir pourra recouvrer son autonomie, les fabrications traditionnelles reprendront leur place.
On ne saurait, encore en dire autant des fibres textiles nouvelles, inconnues en 1938 et que l’on commence à obtenir par un traitement
(1) La Science et la Vie d'août 1942 a publié sur le nylon une étude particulièrement documentée.
approprié du genêt d'Espagne, du genêt à balai, du jutyphax et de la guimauve.
Du genêt d'Espagne, on escompte pour 1942, une production de 500 à 600 t. de filasse provenant de la paille (1) dont les possibilités de récolte sont, pour l'avenir, estimées à 25 ou 30.000 E. Les usages de cette fibre pourraient être très variés : tissus fabriqués par mélange avec des déchets de laine (dont les échantillons paraissent très satisfaisants), par mélange avec la fibranne afin de remplacer les fils de jute destinés aux mèches des mineurs, ficelles pour chaluts (à la place du chanvre) etc... Il appartiendra au répartiteur du Textile d'orienter la fabrication vers le plus urgent de ces divers emplois. ‘
Le genêt à balai, beaucoup plus abondant (Massif Central, Bretagne, Landes, Ardennes) semble offrir des perspectives également intéressantes. On en e:compte pour 1942, 300 €. de Ailasse. Le rendement de la paille (4 à 6 %) — un peu inférieur à celle du genêt d'Espagne — donne une fibre qui pourra être ulilisée en ficellerie, pour remplacer le chanvre.
Le jutyphax (2) est destiné à remplacer le jute. Le roseau typha d’où on’l’extrait, pousse surtout en Brière et en Camargue’ et dans de nombreux étangs (qui représentent au moins 125.000 ha). Le rendement du typha en fibre est de 10 % du poids traité. En 1942, on en aura produit 1.000 t., 23.000 sont prévues pour 1943. Ce résultat est d'autant plus appréciable que la consommation française de jute en 1938 était de 65.000 €. ; l'apport du typha représentera plus du tiers des besoins normaux.
La guimauve est une mauvaise herbe des bords de la Gironde, dont le ramassage obligatoire (3) doit donner pour 1942 une ressource de 300 à 400 €. de fibres textiles. Le rendement en fibre de la guimauve n’est que de 3 % du poids traité. De bons résultats sont escomptés en ficellerie, notamment pour la fabrication de la ficellelieuse (4).
Cette revue rapide des débouchés industriels les plus récents ne prétend pas être absolument complète. Quoi qu’il en soit elle suffit à mesurer l'effort accompli. Par là même, elle met implicitement en relief l'importance de la politique de répartition sans laquelle ces résultats n’eussent pu être atteints. Il est, en effet, nécessaire de réserver une fraction souvent élevée des matières réparties à la
. (1) Une loi du 18 /9 /41 en prescrit le ramassage obligatoire pour tous les propriétaires des départements méditerranéens du Sud de la France où pousse cette sorte de genêt. La fibre en est déjà traitée par 7 industriels de Mazamet. Une usine ne à Pas-des-Lanciers, près de Marseille, doit l’extraire sur une plus vaste échelle.
(2) Une usine-pilote existe à Levallois-Perret. La Société Jutyphax installe une usine en Brière. La création d'une autre usine en Camargue est envisagée. (3) Décret du 11/9 /42 étendant les dispositions de la loi du 18/9/41.
(4) Une usine est en voie d'aménagement à Port-la-Pierre-Saint-Vaize (Charente-hiaritime). à =