‹ Economie forestièreChapitre 11 sur 100 · NATURE · texte numérisé non relu

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On pourrait prolonger ce tableau sans rien ajouter à la certitude de notre loi générale; Tensemble do toutes les observation faites jusqu'à ce jour nous montre en forêt une moyenne annuelle inférieure d'environ un demi-degré à ce qu'elle est on terrain découvert.

Ce n'est pas seulement la température moyenne annuelle qui est abaissée par suite de la présence des massifs boisés. Si nous comparons les moyennes mensuelles sous bois et hors bois, nous constatons que, pour tous les mois de l'année, l'indication moyenne du thermomètre est plus basse en foret qu'au dehors. Cependant, et c'est là le fait le plus intéressant, Taction réfrigérante de la foret est bien plus sensible en été qu'en hiver, de sorte que les indications extrêmes sont moins écartées et que le climat des régions boisées est moins excessif. C'est ainsi qu'à Nancy la moyenne de juillet est inférieure de 1«14 sous boisa ce qu'elle est hors bois; à Ermenonville, la différence atteint 2^*4 pourles feuillus, 2"0 pour les résineux (pins). Pour les mois d'hiver, la différence n'est guère que d'un dixième de degré et tantôt dans un sens tantôt dans Taulre. En Bavière, on a trouvé la

INFLUENCE DES FORÊTS SUR LE CLIMAT

moyenne do Télé abaissée de 2«04, celle de Thiver de 0^47; en Suisse, ces mêmes chiffres sont i^Sl et 0^51; en Wurtemberg, lo70 et 0^30. On voit combien ces résultats sont concordants.

SI maintenant nous comparons les moyennes diurnes, dans le cours d'une année, nous observons ce phénomène intéressant : Les jours les plus chauds de Tannée qui ont une température moyenne de 24<*48 à Nancy, hors bois, no mesurent plus que 21^51, soit sensiblement trois degrés de moins, en forêt. Quantau jour le plus froid de Tannée, sa température est do — 5°i2 hors bois et de — 4°24 sous le massif. Nous voyons ici encore Técart entre les températures moyennes du jour le plus chaud et le plus froid de Tannée diminué de quatre degrés environ, exactement 3^85, par Taction de la présence de la forêt. En Prusse, le même écart s'est trouvé réduit de 4*^92 (1); en Bavière, de

Il est fort intéressant de rechercher, enfin, Taction de la forêt sur Tamplitude des oscillations diurnes du thermomètre . Les observations françaises nous montrent cette amplitude réduite d'une quantité qui varie de 3 à 5 degrés, suivant les saisons, par Tabaissement du maximum de la journée et le relèvement du minimum. C'est en été que Taction de la forêt est la plus sensible.

Les relevés ci-dessous empruntés aux observations prussiennes le montrent nettement.

(1) Ce chiffre résulte de l'ensemble des obser\^alions faites de ISIS à 1895 dans les stations du réseau météorologique prussien. La température moyenne du jour le plus chaud de juillet pendant la moyenne des 21 années est abaissée de 3036; celle du jour le plus froid de janvier est relevée de 1»56. A certains jours d'été, l'abaissement de la température moyenne diurne sous bois a atteint jusqu'à 6o50;de même il a été obser\'é des relèvements de la température moyenne diurne allant jusqu'à 5°30 à certains jours d'hiver.

(2) Abaissement de la température du jour le plus chaud 4^23, relèvement de celle du jour le plus froid 0«18.

Economie forestière. — I.

5o L^UTILITÉ DES FORÊTS

Action de la présence du massif sur la température aux

différentes henres du Jour.

Température minima diurne.

— à 8 h. dumatin.

— à 2h. après midi.

— maxima diurne.

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Celte actioQ de la forêt, qui consiste à relever la température de rtieure la plus froide du jour, est extrêmement importante au point de vue pratique. Il arrive trop souvent, au printemps, que la température s'abaisse, après le début de la saison de végétation, au point de provoquer des gelées désastreuses. Il peut suffire de l'abri protecteur des grands arbres pour diminuer le refroidissement et écarter ainsi le fléau si redouté des gelées tardives .

La même remarque s'applique aux gelées précoces de l'automne qui, bien qu'elles soient moins dangereuses en France, ne laissent pas que de faire quelques dégâts dans nos cultures.

L'importance du phénomène des gelées prinlanières justifiera quelques détails plus étendus sur l'action préservatrice des forêts à leur égard. Ceux qui vont suivre sont empruntés à un compte-rendu des travaux des stations de météorologie forestière allemandes publié par M. Miittrich^ professeur à TËcole forestière d'Eberswalde (1).

M. Muttrich définit la gelée tardive comme un abaissement, au-dessous de 0^,de la température de l'air pendant les mois do mai, juin ou juillet. Nous citerons les résultats relovés dans les trois stations ci-dessous dont il convient de préciser la situation.

1« Carlsberg, en Silésie. Longitude Est de l'île de Fer 344'. Latitude Nord 50*^29'. Altitude 753 m. Nature du peuplement

(1) Zeilschvi^t ^Ur Forst und Jagdwesen, n» d a\Til 1898.

INFLUENCE DES FORÉTS SUR LE CLIMAT

au début des observations : perchis régulier d'épicéas de 45 ans. Durée des observations : 1875 à 1894 (20 ans);

2* Eberswalde, près Berlin. Longitude Est de l'île de Fer 31*30'. Latitude Nord 52«50'. Altitude 24 m. Nature du peuplement au début des observations : perchis régulier de pins sylvestres de 45 ans. Durée des observations : 1877 à 1894 (18 ans);

3® Haguenau, Alsace. Longitude Est 28^28'. Latitude Nord 48^50'. Altitude 152 m. Nature du peuplement au début des observations : pins sylvestres formant un peuplement un peu irrégulier et clair âgés de 55 à 65 ans. Durée des observations : 1877 à 1894 (18 ans).

Voici un tableau résumant les principaux résultats constatés :

STATIONS

MtTÉOHOLOGIQUBS

Carlsberg. .

Eberswalde Haguenau..

DURÉE des

OBSRRVATIOM

(années)

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