‹ Economie forestièreChapitre 22 sur 100 · QUANTITÉ DE PLUIE TOMBÉE · texte numérisé non relu

QUANTITÉ DE PLUIE TOMBÉE

Au-dessus

du massif boiné

altilude 12a-

n .,« l'o^^z^i Chiffres absolus.

Pour 1 année| proportionnels

niiliim.

A 300 mètres

du massif boisé

alUtude ltô«

millim.

Au-dessus d'un massif de pins sylvesircs le même observateur a constaté que la lame d'eau tombée annuellement était de 722 mm. alors qu'elle n'était que de 657 mm. à la même altitude au-dessus d'un champ voisin du périmètre de la forêt; ces deux nombres sont entre eux comme lOU et 91. Ces chiffres concordent absolument avec ceux trouvés à Nancy pour la quantité d'eau tombée dansla forêt deHayeet sur ses rives (100 et94).

Voici enfin des relevés qui nous montrent comment, dans une région de landes que Ton a reboisée, la pluviosité a augmenté au fur et à mesure des progrès du reboisement (1).

 Lintzel, au milieu de la lande de Lunebourg (Hanovre), se trouvait une vaste étendue de terrain à peu prés improductif, qu'on se décida à boiserenl877. Les premières années, on plantait 400 à 500 hectares par an, puis les travaux furent ralentis. En 1891,7.000 à 7.500hectares étaient reboisés en pin sylvestre

(1) D'après un travail de M. le docteur Mùttrich, dans le numéro de janvier 189? (ie la Zeilsthrifl fUr Fvrst und Jcujdwesen*

INFLUENCE DES fORÊTS SUR LE CLIMAT 77

et en chêne. Dans la région se trouve une station météorologique (à Lintzcl); si l'on considère une surface circulaire de 6.000 hectares, dont celte station formerait le centre, on y trouve :

Avant le reboisement. Après le reboisement.

Terres cultivées et prés. 12 o/o de retendue 10 o/o

Bruyères 85 ^o — 10 °/o y compris les

vides de la forêt et les chemins.

Forêt 3 Vo — 80%

On commençaen 1882 les observations pluviométriques, oton compara les résultats à ceux de stations voisines, comme celles de Brème et Gardelegen. Voici les résultats obtenus :

La quantité d'eau de pluie était, à Lintzel, en

1882 64,5 Vo de celle tombée à Brème, et 96,3 7^ de celle tombée

à Gardelegen.

Ces constatations, auxquelles on pourrait,sansgrande utilité, somble-t-il, en joindre un grand nombre d'autres analogues (1), montrent d'une façon certaine qu'tV pleut plus, toutes choses égales (T ailleurs ^au centre (T un grand massif que sur ses rives ^ et plus sur ses rives qu'à quelques kilomètres de distance au»

(i) Dans le district de Marioupol, du gouvernement d'Ekaterinoslaw, une étendue d'environ 2.000 hectares de steppes élevés ont été reboisés pendant la période de 1843-1883; on a créé de toutes pièces une forêt nouvelle. Weliko-Anadol^ renfermant des peuplements dont quelques-uns ont près de 60 ans. Les habitants des villages voisins ont constaté qu'à la suite des reboisements les pluies d'été ont remarquablement augmenté et que les sécheresses, si désastreuses pour le blé, sont devenues plus rares... Des observations pluviométriques exactes ont montré que, en moyenne, pendant la période 1893-1897, la chute d'eau annuelle a été de 563 millim. dons la nouvelle forêt, tandis qu'une station de comparaison établie sur ses rives a montré que le steppe n'eu recevait que 4j4 par an pendant la même période. C'est une différence de 23,9 0/0, exactement égale à celle constatée à Nancy entre les stations des Cinq-Tranchées et d'Amance. [Webcr, Ihmdhuck (1er Foi'slirissenschafl {Encyclopédie forestière de Lorey)^ 2* édition, 1 vol., p. 53. Laup, éditeur, Tubingen, 1903].

L* UTILITÉ DES tORÉtS

dessus (T un terrain cultivé; que la différence parait indépendante des saisons et de la direction des vents, légèrement plus forte seulement les années pluvieuses et înoindre les années sèches.

La rédaction do ce chapitre était achevée lorsque nous avons eu connaissance des premiers résultats fournis par les ohse^rvations pluviométriques établies en Prusse depuis le 1®' octobre 1900(1). Nous les reproduisons ici parce que les observations prussiennes sont faites avec un soin extrême et au moyen d'appareils très perfectionnés; les résultats méritent donc toute confiance.

Le nombre des postes pluviométriques est de 122, sedivisant en quatre catégories. Les premiers sont placés au centre de grands massifs boisés, les seconds près du périmètre à Tintérieur, les troisièmes hors de forêt mais à 100 ou 200 mètres seulement de la lisière et les derniers enfin à des distances de 1.500 à 2.000 mètres du massif. Tous les pluviomètres sont à découvert, ceux de rintérieur étant placés dans de petits vides. Voici maintenant les résultats obtenus; ilsproviennent d'observations poursuivies du 1®' janvier 1901 au 1" janvier 1903.

Hauteur d'eau recueillie annuellement (en millimètres).

N» DES CENTRKS

D*OBSBRVATI0KS

Art

SITUATION GKOGRAIMIIQUE

NOYRNNK DES CLNTRKS o'uBSBIWATION

Longitude (Est (le l'Ile do Fer)

latitude (Nord)

Altitude (mètres)

()0 lliO

STATIONS

FORKSTI^. RBS

Ce ni raies

Moyennes.

Marginales

^T.\TlOxNS extérieares i U forM

de 100 &

200 met.

de la

lisière

de 4000

ài500m

de la

lisière

(1) Unlersuchungen i'tber die Eimr'uckung des Wuldes aiif die Menge der Niedersrhlàge, par A. Miittrich. Neudamm, 1903 inolice imprimée pour être présentée au Congrès tenu, en septembre 1903, en Autriche, par l'Association internationale (les Stations de recherches forestières).

INFLUENCE DES FORÊTS SUR LE CLIMAT

Les observations n'ont porté, jusqu'à présent, que sur une durée beaucoup trop courte (vingt-quatre mois) pour que les chiffres ci-dessus puissent être considérés comme des moyennes. Il n'en est pas moins intéressant do les voir concorder avec ceux qu'obtenait, dès 1866, l'Ecole forestière de Nancy, lors des observations entreprises dans la foret de Haye.

Il semble que l'action des massifs forestiers sur la pluviosité augmente avec l'altitude. M. Weber(l) a comparé les hauteurs d'eau recueillies dans les piuviomètres(à Tair libre) des stations forestières des réseaux allemands et suisses avec celles que les météorolop^istes indiquent comme correspondant à la moyenne des régions de même altitude en Allemagne. Il est arrivé aux résultats suivants :

ZONES^DALTITUDE

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