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contre, à une gorge par où s'écoulent les eaux avec les matières solides entraînées.
Arrivées en un point où leur vitesse diminue, par exemple au bas du versant, la force d'entraînement se trouve réduite ; les matériaux solides se déposent, les plus gros d'abord, les autres ensuite, formant un amas de forme géométrique presque régulière et à peu près conique, sur lequel les eaux s'écoulent pour constituer enfin un cours d'eau normal au fond de la vallée principale.
Cet ensemble d'une zone afFouilIée par les eaux, d'un canal d'écoulement plus ou moins long et rapide et d'un cône de déjections constitue le torrent classique.
Le torrent est caractérisé par la brusquerie et l'énormité des crues. Le plus souvent à sec, une pluie abondante le réveille soudain : l'afFouillement, le transport et le dépôt des roches et des terres se produisent avec une rapidité terriGante pour faire place, aussitôt, à une nouvelle période de repos.
On conçoit du reste tous les intermédiaires entre le torrent proprement dit, que nous venons de définir, et les cours d'eau les plus calmes, ceux dont le régime est le plus régulier. Ceuxci aussi présentent, plus ou moins nettement marquées et permanentes, des régions où ils affouillent, corrodent et se char* gent de parties solides, et d'autres où ils les déposent.
Les conditions d'existence des torrents sont :
i^^ Un régime de pluies dit torrentiel, c'est*à-dire déversant des masses d'eau considérables en peu de temps ;
2^ Des terrains facilement affouillables;
3^ De fortes pentes.
Les fortes pentes se montrent partout en montagne. D'après Surell (1), un cours d'eau prend le caractère torrentiel dès que sa pente excède six pour cent sur la longueur do son cours
(1) Elude sur les ionenls des Haules-Alpes, par Alexandre Surell, ingénieur des Ponts et Chaussées. Paris, 1841. Ouvrage couronné en 1842 d'un prix Montyon par l'Institut de France.
128 l'utilité des forêts
sans s'abaisser au-dessous de quatre pour cent. Il est clair du reste que les terrains très meubles sont afTouilIés par des eaux possédant une force vive relativement faible tandis que les roches très dures resteront intactes, rnème sous l'action de massés d'eau considérables, se précipitant sur des pentes escarpées. Les ravinements s'observent dans des régions de collines mollement ondulées (comme le pied des Garpathes en Yalachie, beaucoup de points du Plateau Central) dès que les pluies sont torrentielles et les terrains mobiles.
En fait, les torrents ne se présentent actuellement, à l'état dévastateur, que dans une partie assez restreinte de l'Europe, dans laquelle la France tient malheureusement de beaucoup le premier rang. On estime la surjave de terrain soumise aux dép- gâts immédiats des torrents à 315.000 hectares en France, dont
1^ 205.000 dans les Alpes françaises, 74.000 dans la région des
- Cévennes et du Plateau Central, et 36.000 dans celle des Pyré-
nées. Le nombre dos torrents en activité est de 1.138 dans les Alpes françaises, de 206 dans les Cévennes et le Plateau Central, de 118 dans les Pyrénées; au total 1.462 en France (1).
En Autriche, on estime leur nombre à 522 dans le Tyrol méridional, 183 dans la Carinthie, plus un certain nombre dans la Haute-Autricho,la Styrie, laDalmatie et lesCarpathes; en tout environ 800 (2). On ne nous indique pas la surface immédiatement ravagée; mais si nous admettons qu'elle est, comme en France, de 200 hectares environ par torrent, nous arrivons à un total de 160.000 hectares.
En Suisse, une surface de 6.074 hectares avait été reconnue, en 1901, comme soumise aux dégâts immédiats des torrents.
La surface de terrain à restaurer en Italie était estimée à 3.800 hectares environ eu 1882.
(1) IJejrlinclion des ton^enis en France par le reboisement, pnr P. Demontzey. administraleur des Forêls, membre corresj)ondant de l'Institut. Paris, Imprimerie Nationale, 1894 (page 131).
(2) Grundriss der Wildhachverbauung^ par F. Wang. Forslral, professeur à l'Institut agronomique {llochschule fUr tiodenkullur) de Vienne. Leipsig,1903. (Tome H, p. 4:0/
LA FOnÉT DE PROTEGTION^ I2g
Ëii Allemagne les travaux exécutés s'étendent sur une étendue d'environ 3.600 hectares.
On voit, par ces chiffres, quelle est Timportanco du phénomène torrentiel, en France notamment; notre pays ayant le fâcheux privilège de renfermer les deux tiers des torrents de TEurope.
Les deux départements des Hautes et des Basses-Alpes ne présentent que moins du quart de leur étendue en terrain cultivable, et chaque année les torrents en emportent encore un lambeau (1). Déjà en 1819 un préfet dos Basses-Alpes (2) écrivait en parlant des arrondissemenfs de Barcelonnette et de Castellane : « Si ron entend les vieillards du pays^ on apprend gue^ depuis trente années surtout^ on a vu disparaître plus de champs, plus de prairies, que peut-être iln^en avait été enlevé dans le cours des deux siècles antérieurs. » La situation est allée s'empirant pendant les deux premiers fiers du xix^ siècle. Le Conseiller d'Etat Ghassaigne-Goyon, chargé d'une étude du Sud-Est de la France à propos de l'enquête agricole de 186G, s'exprimait ainsi (3): « Chaque année, la couche de terre végétale qui recouvre les hauteurs se déchire et s'amoindrit de plus en plus; chaque année le lit de gravier du torrent s'élargit peu à peu en empiétant sur les terrains fertiles des vallées riveraines; chaque année, quelque pauvre famille voit restreindre son modeste patrimoine, et Ton ne doit pas s'étonner que, sans cesse menacée dans ses moyens d'existence, la population se décourage et qu'elle émigré pour aller chercher ailleurs un bien-être plus facile et un travail plus rémunérateur. »
Le petit tableau ci-dessous donnera une idée des progrès do cetle dépopulation, qui a commencé à se faire sentir vers le milieu du xix® siècle, et qui aurait pris certainement des propor-
(1) En un seul jour (le 17 août 1S68), le Riou Bourdoux, le monstre de la vallée de rUbaye, a emporté comme un fétu de paille quinze hectares do terres cuilivées couvertes de superbes blés, appartenant à des propriétaires du villajj^e de Saint- Pons, au moment même où ceux-ci s'apprêtaient à les moissonner.
(2) Dugieil (citation empruntée k Demontzey, op. cit., page i'i).
(3) Ibid.. p. 19.
Economie fouestièhe. — I. y
l'utilité des forêts
lions plus rapides encore si les travaux du reboisement n'avaient tout à la fois enrayé les ravages des torrents et répandu un certain bien-être par l'occasion de travail rémunéré qui était offerte aux populations.
Arrondissement de Barcelonnette
ro
PULATION
NOMBR
d'rabita;
por kilomètn
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B carré
Arrondissement de Castel- Jane
Ensemble du département des Basses-Alpes .♦•....
Arrondissement de Briançon — d'Embrun...
Ensemble du département des Hautes-Alpes
IL — Causes du réveil des torrents
Ce n'est que depuis un temps relativement court que les dégâts des torrents ont commencé à se manifester avec une intensité calamiteuse dans nos Alpes.
Les défrichements inconsidérés etiesabus de pâturage de la fin de Tépoque moderne et de l'époque contemporaine ont réveillé les anciens torrents, en repos depuis la période glaciaire, en détrui-^ sant Tarmature de forêts qui recouvrait le champ de leur ancienne activité (1), et ils en ont créé de nouveaux.
Pendant la période du moyen-âge, la liberté et la sécurité relatives dont on jouissait dans les hautes vallées de la montagne y attirèrent une population nombreuse. Les forêts qui
(1) Des travaux de terrassements «'xécutés en 1891 sur le cc^ne de déjections du Riou Bourdoux ont mis h jour une couche épaisse de terre arable et des traces évidentes de ciillure agricole, outils, bornes, etc., recouverts d'une couche de cin(( (\ huit mètres d'épaisseur de dépôts actuels. Ce cône avait évidemment été cultivé pendant une longue période de calme qui a précédé le réveil tout récent du torrent.
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couvraient alors jusqu'au fond des vallées (1) durent petit à petit reculer pour faire place à des terrains de culture. Mais les populations ne tardèrent pas à s'apercevoir des effets désastreux du défrichement et Ton fit les plus grandsefforts pour le limiter.
La région qui nous occupe nous apparaît, dès une époque fort reculée (2), avec des groupements de population constitués en collectivités sous le nom de Mandements ou Consulats, Ces collectivités étaient sensiblement plus importantes par la population et plus étendues que nos communes actuelles. Chaque mandement avait un conseil (capitulum) formé de Tensemble des chefs de famille, qui réglait les affaires locales, et dont les actes s'appelaient des capitulations (3). Un consul^ ou syndic^ élu par le conseil, était chargé de veiller à la stricte observation des règlements ou capitulations; il était assisté dans cette tâche par des préposés assermentés qu'on appelait, pour cette raison, des ywra/^. Nous possédons encore un assez grand nombre de ces capitulations, dont quelques-unes remontent à la première moitié du xv« siècle.
Les bois et pâturages, appartenant aux mandements, étaient l'objet, quant à leur jouissance, d'une réglementation minutieuse, prudente et très sévère. Les coupes de bois de chauffage étaient limitées aux besoins des habitants; lorsque, par exception, il était dérogé à cette règle, la quantité que chaque chef de famille pouvait vendre ou échanger au marché voisin était strictement limitée (capitulation de Savines, 1621). Les bois de construction n'étaient délivrés qu'à titre extraordinaire, après besoins constatés et sur autorisation spéciale du syndic. Les cantons qui avaient plus spécialement le caractère de forêts de
(1) La vallée de l'Ubaye, si dénudée aujourd'hui, s'appelait alors ValUs nigra, ce qui semble indi(iuer que les forêts qui s'y trouvaient (Vlaientdcs sapinières.
(2) La plupart des détails qui vont suivre sur l'organisation ancienne des hautes vallées alpestres sont rmi)runtés à une étude de M. F. Arnaud, notaire à Barcelonnette, insérée dans l'ouvrage précité de Dcmontzey (note M, pages 408 et seq.), et à un travoil de M. Guillaume, archiviste, publié dans le volume de 1889 du Bullelin de la Sociélé d'Eludé des Haules-Alpcs, sur la Capitulation du mandement de Savines en 1621.
(3) Le mot capitulation est pris ici dans son sens primitif d'acte émanant du Conseil ou Chapitre {Cupilulum}.
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protectioQ étaient complètement soustraits à toute exploitation , à n'importe quel titre. Ces interdictions s'étendaient parfois même aux particuliers dans leurs 6ois propres (1). « Les habitants, est-il dit, dans une capitulation de 1436, de quelque condition que ce soit,qui se seront permis de couper ou faire couper, moins s'approprier aucune sorte d'arbre de mélèze, pin, ni elve, auront peine de parjure et d'un florin pour chaque plante de jour et au double de nuit...
« Particulièrement a été capitulé et ordonné que tous ceux qui, témérairement, ne craignant Dieu nyla justice et par hazard accoutumés à la dépopulation des devens et défances cy dessus establis, veulent continuer en leur malice, soient mis et apposés à )a berline et au coular (2) afm que soient exemples aux autres. »
Le pâturage n'était toléré que pendant une partie de Tannée « pas avant la Saint- Jean » (Meyronnes et Larche, 1414), ou « avant la Saint-Barnabe » (Barcelonnette, 1532); l'introduction du menu bétail était souvent interdite dans certains cantons et d'autres étaient complètement mis en défends.
Les défrichements de bois et même de simples broussail es étaient défendus sous les peines les plus sévères. « Il ne sera permis à aucun particulier, de quelque qualité et condition qu'il soit, de faire eissarts dans le terroir et drayes de ce consulat... sous quelque prétexte que ce soit, attendu que par le moyen de telles actions sont. . . causés journellement des inondations et ravages irréparables à la plaine dans les autres biens publics et particuliers, et ce, sous peine de deux écus d*or pour chacun et chacune fois que sera contrevenu, applicable un tiers à l'accusant, un tiers au fisc consulaire, et l'autre tiers aux réparations publiques » (capitulation do Barcelonnette, 1532).
De leur côté les Parlements de Provence et du Dauphiné
(1) La défense « à toute personne de couper ni faire couper du bois aux confins de la montagne, pan même aux propriétaires dans leurs bieïis propres » se trouve dans une Capitulation de 1414, citée par M. Arnaud.
(2) Au pilori et au carcan. Ce texte, que nous reproduisons d'après M. Arnaud* parait être celui d'une copie moderne, et non pas le texte primilif de 143G.
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défendirent, par de nombreux arrêts, de défricher les bois dans la montagne. Les motifs de ces arrêts sont des pins précis. « La terre n'ayant plus été retenue dans les montagnes parles bois qui ont été charbonnés, a esté emportée par les eaux dans les plaines qui ont été remplies et couvertes de graviers stériles et infructueux, étant laissées les dîtes montagnes désertes et inutiles... ce qui ne serait pas sans doute arrivé si les bois des montagnes eussent été sur pied et en estât de retenir la terre et le gravier dans les montagnes et arrester larapidité des eaux... » (Arrêt du Parlement do Grenoble, du 19 décembre 1682, cité par M. Gharlemagne.)
Tous ces règlements, dont la sanction résidait dans des peines pécuniaires, confiscations, et même des peines corporelles (pilori, carcan) paraissent avoir été généralement observés pendant toute la période moderne, jusque vers la fin du xviii® siècle.
A cette époque la législation révolutionnaire fit disparaître le régime des mandements^ les consulats, les ordonnances des Parlements et les règlements locaux. Les Communes furent déclarées propriétaires par indivis des bois et pâturages des anciens mandements, et le droit fut proclamé pour chacun d*user de sa propriété suivant ses convenances.
Des défrichements considérables suivirent immédiatement cette nouvelle législation, libérale sans doute, mais trop certainement contraire à l'intérêt bien entendu des régions montagneuses. Quelques années ne s'étaient pas écoulées que des correspondances officielles signalaient (1) «... Les défrichements se multiplient... De Digne à Entrevaux le penchant des plus belles collines est mis à nu... Plusieurs communes viennent de perdre leur récolte, leurs troupeaux et leurs maisons par des débordements. » — Dans l'arrondissement de Barcclonnette, les abus avaient pris une extension telle que, dans les dix ans compris entre 1839 et 1848, c'est-à-dire au début de l'époque où le Code forestier commença à être rigoureusement appliqué, le
(i) Demonlzey, op, cit., page 20,
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tribunal correctionnel a dû prononcer, dans les cantons deSaint- Paul et du Lauzet, des condamnations pour délits forestiers s'élevant à 29.400 fr., tandis que le total du principal deTimpôt foncier n'excède pas 29,200 fr. dans ces deux cantons (1).
Les Pyrénées sont, en général, constituées par des terrains plus anciens, beaucoup plus durs que ceux des Alpes. Leur solidité et leur résistance à l'érosion y rendent les torrents beaucoup plus rares. Leur climat tempéré et humide favorise singulièrement la végétation des arbres ; on a dit avec raison qu'elles sont les montagnes vertes par excellence. Les forêts, qui en sont à la fois la parure et la protection, devraient être les plus belles de TEurope, si elles n'avaient à lutter contre les nombreux fléaux qui les ravagent: la hache des délinquants, les incendies, les abus de dépaissanco et les appétits de plus en plus âpres, toujours inassouvis, des communes qui les possèdent (2).
Surell, dans son Etude sur les torrents^ pouvait déclarer en 1841 que les Pyrénées ne renferment pas de torrents. Exacte, peut-être, il y a soixante ans, cette affirmation ne le serait plus aujourd'hui.
La dégradation des forêts, sous la triple action des coupes immodérées, des incendies et du pâturage^ a fait des progrès invraisemblables. « La caractéristique des montagnes de Cauterets est l'état de délabrement complet des forêts qui les couvraient jadis et qui disparaissent... Sur une étendue totale de 4505 hectares soumis au régime forestier le nouvel aménagement, qui vient d'être étudié, n'a pu proposer des exploitations régulières que sur une contenance de 908 hectares. »
« ... Il est clair que des forets réduites à un tel état de ruine ne peuvent jouer qu'un rôle tout à fait insuffisant, tant au point de vue du maintien des terres et dos roches sur leurs pentes
(1) Demontzey, i6i<i., page 423.
(2) De Gors>"3e, les Terrains et paysages torrentiels des Pyrénées. Paris, luiprimeric Nationale, 1000, page 6.
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qu'au point de vue de la régularisation du régime des eaux (1). » Les ancienstorrents, éteints dans les Pyrénées depuis l'époque glaciaire, se sont brusquement réveillés sur plusieurs points dans le cours des cinquante dernières années.
a Ils sont nés et se sont développés sous les yeux do la génération contemporaine. Quelques-uns datent d'hier à peine... Il a suffi de deux orages, éclatant à un mois d'intervalle, le iSjuin et le 29 juillet 1885 , pour provoquer la formation subite du ravin de Saurat et du torrent de Gestiés, dans les Pyrénées centrales. Ce dernier est devenu, en quelques heures, un des plus redoutables de la chaîne... Ailleurs, en amont de Luchon, le torrent de Laou d'Esbas s'est formé en une nuit, de toutes pièces^ à la suite des pluies prolongées du mois d'avril 1865. Et, comme début, ces foudroyants effets: plus de 600.000 mètres cubes de matériaux arrachés aux flancs de la montagne et précipités d'un seul coup dans la vallée, la plaine de Luchon submergée et la première station thermale des Pyrénées exposée au plus grand péril (2). »
Ici encore aucun doute n'est permis sur la cause du réveil do l'activité torrentielle. Elle réside, comme dans les Alpes, dans la détérioration des forêts ; si elle est moins générale il faut l'attribuer à des conditions de sol et de climat différentes.
Les Cévennes sont formées de montagnes entièrement chauves, à pentes beaucoup moins raides que celles des Alpes et des Pyrénées. En revanche, le sol y est beaucoup plus affouillable et le régime des pluies absolument diluvien. C'est sur ces montagnes que se déchargent pour la première fois les vents chauds et humides venant de TOcéan; en automne surtout les pluies y atteignent parfois une intensité incroyable. Dans la montagne du Gévaudan, sur les confins des départements du Gard et delà Lozère, il est tombé, en 72 heures, au mois de septembre 1890^ m. 871 d'eau alors que le total de la chute annuelle varie de
(1) De Gorsse, op, cit., page 25.
(2) De Gorsse, op. cit., paye 9.
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1 m. 50 à 2 m. 00. Dans ces conditions, malgré la faible hauteur et la pente modérée des versants, l'érosion devient puissante. Les lits des moindres cours d'eau, encombrés par les matériaux, atteignent des largeursénormes(l), enfouissant sous les graviers les vallées fertiles d'une des plus riches provinces de notre pays.