TERRAINS
restant
acquérir
Terrains anciennement boisés
Terrains reboisés
Terrains restant
h réboiser
Terrains impropres
au reboisement (3)
Alpes
hectares
hectares
hectares 50.922
hectares 43.977
hectares 13.175
hectares
Plcateau central et
Cévennes
PyiH^nées
Les dépenses effectuées et celles encore prévues se répartissent comme suit, en milliers de Jrancs,
Dépenses faites.
Acquisitions de terrains. . . 25.914
( de reboisement. 20.149
Travaux î de correction. • 12.908
( divers 5.212
Frais généraux 2 . 955
Total 66.418
Dépenses restant h. faire.
Sur les 1462 torrents reconnus en 1893, il y en avait, à cette époque, 654 attaqués parles travaux, et 168 entièrement éteints, parmi lesquels 31 classés comme incurables par les ingénieurs il y a moins de cinquante ans. On' estime, étant donnée l'importance actuelle des ressources dont on dispose (3.300.000 fr. par an), que les travaux seront entièrement achevés vers 1945, c'est-à dire environ 85 ans après leur début.
Il n'est que juste de nommer ici Prosper Demontzey (3),
(i) Sur cette étendue, 20.000 hectares environ ont élé acquis à l'amiable en dehors des terrains actuellement ravajj'és compris dans \t^ périmètres officiels de reboisement.
(2) Uochers, escarpements ou terrains situés au-dessus des limites de la végétation forestière.
(3} Prosper Demontzey, né à Saint-Dié ^Vosges), en 1831, mort à Aix (Provence) en 1898. Elève de l'Ecole forestière en 1850, il séjourna d'abord en Algérie et entra ensuite dans le service des reboisements, premièrement à Nice, en 1863, puis enfin dans les Basses-Alpes, comme chef de sen'ice,en 1868. Le 16 avril 1882, il fut placé à la léte du service des reboisements en France, avec le titre d'Inspecteur général des reboisements.poste qu'il occupa jusqu'à sa retraite en 1893.
LA FORÊT DE PROTECTION iSg
l'homme éminent auquel ou doit pour la plus grande part le succès de Tœuvre de rexlinction des torrents en France et à l'étranger. Placé, jeune encore, à la tête du service spécial des reboisements en France, il l'a dirigé avec une connaissance des hommes, une science, un prestige et un succès tels que c'est à son école que se sont formés tous ceux qui, après lui, à l'étranger comme en France, ont eu à s'occuper d'une œuvre analogue. La science de l'extinction des torrents par le reboisement est toute française; sa création et son perfectionnement dans notre pays sont un des tilres de gloire du Corps forestier français.
Il ne saurait être question ici d'exposer la méthode créée par Demontzey grâce à laquelle les torrents mcwraé/e^ ont été vaincus avec une promptitude et une perfection qui font l'admiration de tous ceux qui visitent nos Alpes. Cependantla conception de Demontzey, comme toutes les idées supérieures, est si simple, si claire, qu'il est possible d'en esquiser les traits essentiels en quelques mots.
Le premier travail à entreprendre est le boisement du bassin de réception surtout dans sa partie supérieure, boisement qui tarira la source des apports de matériaux. Puis on assure la stabilité des berges en supprimant l'érosion do leur pied. Il faut, pour cela, briser la force vive des eaux qui provient de l'excès de pente du profil en long. On y arrive en substituant au profil existant, par le moyen de barrages soigneusement étudiés, une série de paliers à pentes douces et de cascades. On remplace, en somme, le terrible plan incliné par un escalier. Le talent consiste à placer les barrages, à créer les cascades, aux points résistants, iuafibuillables, et à réduire leur importance au minimum. En amont de ces ouvrages les alterrissements se forment d'eux-mêmes; le gigantesque escalier se constitue et vient remplacer la piste vertigineusement inclinée sur laquelle roulaient les eaux.
A mesure que les atterrissementsse déposent, que le nouveau lit se constitue, que les berges deviennent immobiles, on se
l4o L UTILITÉ DES FORÊTS
hâte de los boiser en mémo temps qu'on les assainit par un réseau de drainages bien étudié. Au bout d'un petit nombre d'années, l'œuvre est achevée, ou tout au moins son succès est assuré.
Telle est la théorie, simple et grandiose. Elle appartient à Demontzey. Beaucoup de procédés techniques, d'améliorations de détail, sont l'œuvre de ses collaborateurs, auxquels ila rendu justice dans son Etude sur les travaux de reboisement^ véritable guide du reboiseur et traité didactiquede premier ordre(l).
Son premier succès fut l'extinction du redoutable torrent du Labouret, près do Digne, qui était entièrement acquise en 1874, six ans après l'arrivée de Demontzey dans les Basses-Alpes (2). En 1872 on s'attaqua auBourget, près deBarcelonnette,et moins de trois années plus tard on était assez sûr de la méthode pour aborder le célèbre torrent de Riou-Bourdoux, le plus ancien, le plus terrible et le plus considérable de tous ceux de larégion classique des torrents de TUbaye et do toutes les Alpes françaises. Aujourd'hui dompté, « le monstre » (3), si longtemps la terreur des habitants de BarcelonnettCyCst devenu un ruisseau inoiTensif dont les eaux fécondent, en les irriguant, les cultures qu'il avait si longtemps dévastées et qu'il menaçait d'engloutir.