LA FORÊT DE PROTECTION
moyenne de 8 à 12 mèfres; leur mouvement de progression est assez lent, relativement.
Cependant il était important de les fixer à différents points de vue^ d'abord parce qu'on allait créer ainsi une source de richesses dans un pays entièrement dénué de bois (au point que les paysans s'y chauffent, pendantdes hivers où le thermomètre descend habituellement au-dessous de — 25 degrés centigrades, avec de la paille, des liges do maïs ou des bouses de vache)^ ensuite parce que ce reboisement devait avoir une influence utile sur le climat local, et enOn parce que les sables, en avançant, menaçaient de recouvrir d'une couche improductive les terres noires de première qualité qui les environnent.
En tout on peut estimer à 30.000 hectares, dont 2.500 en Dobrudja, rétendue des sables mouvants delà Roumanie. Près de la moitié de cette étendue (13 à 14.000 hectares) appartient à l'Etat; le surplus* se partage entre le domaine de la Couronne (7.000 hectares) et divers propriétaires.
L'expérience a prouvé que le meilleur moyen de fixer les sables du Danube est d'y planter des acacias {Robinia pseudo' acacia L, en roumain salcchn). Les premiers travaux de ce genre en Roumanie sont dus à M. Gronow, administrateur du domaine de PatuIeDanceu à M. le prince Âl. Stirboy ; ils datent de 1872 à 1878.
Sur les domaines de TÉtat, les premiers travaux ont été faits au printemps de 1884, sur la terre de Piscu-Tunari, près do Calafat; ils ont été poussés avec activité jusqu'en 1896. Dans cet intervalle on a planté et fixé 5. 230 hectares de dunes domaniales avec une dépense totale de 163.049 fr. ou 31 fr. 25 par hectare (1).
Lorsque nous avons visité les travaux, au mois de novembre 1888, les reboisements s'étendaient sur 2.065 hectares; on avait créé 16 hect. 10 de pépinières. La dépense totale à cette
(1) Ces derniers chiffres relatifs aux frais de fixation des sables sont empruntés à la Notice 8ur les forêts de Roumanie, précitée.
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époque était do 49.421 francs, soit 24 francs par hectare de terrain reboisé. Voici comment on procède en Roumanie.
On sème la graine d'acacia en pépinière, dans un terrain soijçneusement défoncé, à raison de 80 à 100 kilogrammes par hectare. Le terrain choisi doit être très profond, perméable et fertile.
Les semis ayant été faits au printemps, de bonne heure, on obtient dès l'automne de la première année 150.000 plants utilisables par hectare, soit environ 2.000 plants par kilogramme de graine employée. On n'a du reste à faire ces semis en pépinière qu'une seule fois sur la même place; les racines restées dans le sol après Tcnlèvement de la première récolte suffisent amplement à reproduire une moisson annuelle. La qualité du sol est telle qu'après quatre ans les plants ainsi obtenus sont plus vigoureux que ceux de la seconde année, sans qu'on ait apportéle moindre engrais. Cela explique le bon marché remarquable auquel les plants sont produits; ils ne coûtent pas à l'Ëtat plus de 1 fr. 70 à 2 francs le mille.
On plante les acacias à un an. Rien n'est plus facile et plus sûr que cette opération. On dispose les plants en quinconce, les bandes parallèles étant à 3 mètres les unes des autres et les plants à la même distance dans chaque bande. Cela fait qu'il y a 1.100 plants par hectare; exceptionnellement, on va jusqu'à 2.500, rarement 3.000. Dans les années sèches, 30 p. 100 des plants périssent la première année et 10 p. 100 la seconde, de sorte que les réfections qui sont à faire pendant deux ans s'élèvent à la moitié des frais de premier établissement. Lors d'une année pluvieuse, cette proportion peut tomber au cinquième. La plantation proprement dite, y compris les réfections, coûte de 14 à 15 francs par hectare, le prix d'une journée d'homme étant de 1 fr. 70. La croissance de l'acacia est admirable sur les sables du Danube. Les drageons d'un an qu*on emploie aux plantations ont jusqu'à 5 centimètres de tour et 3 mètres de longueur. Les plants de cinq ans, àPiscu-Tunari, ont en moyenne 20 à 25 centimètres de tour à hauteur d'homme et 7 mètres de
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hauteur ; le plus gros que nous ayons mesuré avait (à cinq ans) 37 centimètres do. tour et un volume de 1/20 de mètre cube. A Palule, on trouve des acacias de seize ans ayant 70 centimètres de tour et 10 mètres de hauteur. Les peuplements de seize ans, à Patule, ont un volume moyen de 150 mètres cubes ou 220 stères par hectare, ce qui suppose un accroissement moyen de 9 mètres cubes 1/2 par hectare et par an.
Quelle que soit la qualité des sables fertiles et relativement frais de Roumanie, il est douteux que le robinier s'y puisse maintenir et y constituer des forêts durables. Il serait prudent de lui associer dès à présent d'autres essences telles que le chêne, le frêne, l'orme, des bois blancs, etc.