DOMANIALES
Suscepli-
bies d'exploitation
hectares
Dunes
improduC'
tives
FORÉIS
communa-
les
hectares.
FORÊTS
des
particuliers
hectares.
COITEXiKGES totales
hectares.
(1) C'est sous ce nom qu'on désigne, dans les Landes, la forêt de pins maritimes.
(2) Ces chiffres, empruntés à la statistique décennale agricole de 1892, diffèrent légèrement, en ce qui concerne la contenance des forêts domaniales, de ceux cités au chapitre précédent d'après l'ouvrage de M. Bert.
(3i D'après M. Bert [op. cit.. page 112), cette contenance serait de 33.766 hectares, ce qui porterait à 728.391 hect. la surface couverte en pins dans les Landes.
i82 l'utilité des forêts
Quels sont le prix de revient et la valeur actuelle de cet immense massif boisé qui a surgi si rapidement du sol si longtemps stérile des Landes?
Nous avons vu^ au chapitre précédent, que les frais du boisement des dunes par TEtat (y compris les parties aliénées) se sont élevés à 13 millions de francs pour une contenance reboisée d'à peu près 80.000 hectares, soit environ 160 fr. par hectare comme prix de revient de la forêt domaniale ou autrefois domaniale.
Le domaine actuellement communal et particulier comprend environ 652.000 hectares. Son boisement a coûté, d'après M. Chambrelent, 35 à 36 fr. par hectare, y compris Tassainissement du sol; d'aulres font varier les frais de boisement entre 40 et 60 fr. par hectare, ceux d'assainissement étant d'environ 5 fr. Admettons une moyenne de 55 fr. par hectare (1). Le prix de revient du boisement des 652.000 hectares, assainissement compris, sera :
pour 30.000 hectares, dans les dunes reboisées
par TEtat, à 160 fr. par hectare 4.800.000 fr.
pour 622.000 hectares, dans les landes reboisées
par les communes et les particuliers à 55 fr.
rhectare 34.210.000 »
pour 652.000 hectares de sol à 10 fr 6.520.000 »
On peut joindre à cette somme celle de 8.000.000 dépensée à la création déroutes par TEtat et les communes de 1857 à 1865 8.000.000 »
co qui porte à 52 millions et demi la dépense totale effectuée pour la mise en valeur des terrains boisés appartenant aux communes et aux particuliers.
Une évaluation officielle faite en 1877 de la valeur des forêts crées par les communes les estimait,à cette date, à 80.264.600 fr.
(1) M. Droraart {Etudes sur les Landes de Gascogne, 1898) estime à 75 fr. les frais de boisement par hectare, en y employant des plants de pépinières âgés 4e^$ aQs. « Pour ce prix l'entrepreneur garantit la réussite. »
LA FORÊT ET LES TERRAINS IMPRODUCTIFS l83
M. Chambrelent estime que les semis particuliers valaient, à la même époque, environ 125 millions de francs, ce qui ferait un total de 205 millions.
Voici quels sont, en moyenne, les revenus en matière et en argent d'une pignada aménagée à la révolution de 75 ans :
Bois de service et bois à scier 'i , .
,. ,, , . i m. c. tonne fr, fr,
divers (traverses, madriers, ^^g^o pesant 1,260 à 14 la tonne . 17,64
planches, etc.) ;
Etais de mines, poteaux télé- ( m. c. tonne fr. fr.
graphiques ( 2,250 pesant 1,462 à 9 la tonne . 13,16
Bols de feu 0,450 (sans valeur) .
Résine, 247 litres, pesant fût tonne fr. fr.
compris 0.295 à 53 la tonne . 15,64
m. c. tonnes fr.
Au total 4.500 pesant 3,017 et valant 46,44
Ces prix sont, d'après M. Bert (1), ceux de Tannée 1899 pour les marchandises rendues en gare, frais de façon déduits. Pour avoir le revenu net il reste à tenir compte des frais de transport. En admettant une distance moyenne de 10 kilom., dont 8 par chemins paillés et 2 par route, les frais de transport seraient,d'après le même auteur, de 5 fr. 54 par tonne, soit pour 3 tonnes 017. . . 16.70
Reste revenu net par hectare et par an 29,74
Les données ci-dessus relatives au rendement matière sont empruntées à une note de M. de Gardaillac de Saint-Paul, citée et confirmée par M. Bert (2). D'après M. de Gardaillac le revenu en argent total d'une foret do 75 hectares aménagée à 75 ans serait de 2.179 fr.,soit 29 fr. 07 par hectare et par an, chiffre presque identique à celui calculé plus haut. Il est inutile de faire remarquer que les prix de la résine sont extrêmement variables (ils ont varié dans la proportion du simple au décuple dans la seconde moitié du xix** siècle). Enfin les frais de transport sont destinés à tomber bien au-dessous des chiffres indiqués lorsque
(1) Op. cit., pages 134 et 135.
(2) La Statisli(iue agricole de 1892 estime à2. 055. 000 mètres cubes la production annuelle des 568.000 hectares de pignadas particulières des départements des Landes et de la Gironde, ce qui correspond à une production moyenne annuelle de 3 m- 62 de bois par hectare.
184 l'utilité DBS FORÊTS
le réseau des chemins de fer et tramways à voie étroite actuellement en projet ou en construction sera achevé. On pourra voir alors le revenu moyen net s'élever à 35 fr., peut-être même 40 fr. ou au delà par hectare de forêt.
Nous croyons qu'il n'y a aucune exagération à estimer à quatorze millions de francs le revenu -net total actuel du domaine forestier des communes et des particuliers dans les Landes ; sa valeur en capital dépasse certainement quatre cent cinquante miUions de francs, ce qui correspondrait à une valeur moyenne d'environ 700 fr. par hectare. Cette évaluation paraîtra modérée si Pon se rappelle que les forêts domaniales vendues vers 1860, alors qu'elles avaient à peu près Tàge qu'ont aujourd'hui en moyenne les forêts particulières, ont été vendues 800 fr. par hectare et nous avons estimé plus haut à 1200 fr. par hectare la valeur de la partie productive des forêts de l'Ëtat.
Si on ajoute à la valeur des pignadas communales et particulières des landes celle de la forêt domaniale des dunes on arrive à un total de plus d'un demi-milliard de francs. Telle est la richesse créée par la forêt sur un sol qui paraissait voué à une éternelle stérilité (1), dans un désert auquel Voltaire, voulant sans doute rappeler à la modestie ses compatriotes de France, faisait allusion comme il suit dans une lettre datée de Berlin : « Songez à vos quarante lieues de landes vers Bordeaux, et à cette partie de votre Champagne que vous aveï nommée si uohlement la pouilleuse. » Les <v quelque quarante lieues de landes» se sont transformées en une forêt près de deux fois plus grande et plus de cinq fois aussi productive que toutes les pineraies de la Poméranio réunies. Nous verrons plus loin ce qu'est devenue aujourd'hui la Champagne Pouilleuse.
(1) Il y a cent ans. sur l'emplacement même où s'élève aujourd'hui Arcachon» « quand on voulait acheter un terrain, on montait sur une dune, on appelait, et si loin que la voix pouvait porter, le terrain devenait la propriété de l'acquéreur pour la modeste somme de 23 francs ». (Grandjean, op. cit., page 89.) M. Dromart {op. ci/., page 10) évalue à plus de 400 millions la valeur, en 1898, des pignadas particulières dont lélenJuc serait, d'après lui, de 600.000 hectares,
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