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I. — Influence sur le climat et le régime des sources

Si l'Angleterre et les pays à climat humide et insulaire peuvent supporter sans dommage apparent un déboisement presque complet (1) il n'en serait sans doute pas de même de régions à climat plus excessif, plus continental et plus sec comme la partie orientale de notre pays, l'Allemagne et la Russie.

On peut croire que leurs conditions climatériques seraient profondément altérées par un déboisement excessif. C'est là un motif suffisant pour que l'Etat veille à la conservation d'un certain taux de boisement qu'il est, à la vérité, difQcile de préciser.

Il n'est contesté par personne aujourd'hui que si un taux de boisement exagéré est nuisible en abaissant la température moyenne et surtout celle de l'été, en maintenant une nébulosité et une humidité excessives, le défrichement trop complet ne l'est pas moins en provoquant des inconvénients opposés. Buffon déclarait déjà en 1739 que « plus un pays déboise plus il devient pauvre en eau ». Mais cette opinion n'a pas trouvé, jusqu'à présent, de sanction légale précise. Sans doute l'article 220 du Code forestier autorise l'Administration des forêts à

(1) Voir page 410 (IV*^ étude), le tableau des taux déboisement de divers pays.

LES FORÊTS ET l'iNTÉKÊT GÉNÉRAL 283

faire opposition au défrichement des bois reconnus nécessaires à la salubrité publique (1). Mais nous ne croyons pas qu'il ait jamais été fait une application pratique de ce texte. C'est une raison de plus pour souhaiter de voir incorporée au domaine de l'Etat une quantité suffisante de forêts dont la conservation soit assurée. De même que toutes les fois que l'intérêt général est en jeu et exige un sacrifice — lequel au cas particulier consiste à renoncer au droit de défricher — c'est à l'Etat qu'il appartient de l'assumer^car ce qui est utile à tous doit être fait à frais communs.

S'il est difficile de démontrer que telle ou telle forêt est nécessaire au maintien deTéquilibrecIimatériquc^il est beaucoup plus aisé d'établir que sa disparition compromettrait l'existence ou le débit d'une source. Des oppositions à des défrichements ont été souvent ainsi motivées, au moins dans les pays de montagne, où il est relativement facile de définir le bassin d'alimentation apparent d'une source. Il est vrai que, dans ce cas, la situation de la forêt en terrain accidenté suffirait habituellement, en dehors de toute autre considération, à interdire le défrichement au point de vue du maintien de la stabilité du soi.

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