Les produits des forêts coloniales
Nous ne nous occuperons en principe, dans cet ouvrage, que des forêts de la France européenne. Il nous a paru cependant, en présence de l'intérêt si justifié et toujours croissant qu'éveillent depuis quelques années les richesses forestières de nos colonies.
qu'il serait difficile de ne pas mcnlionoer, au moins rapidement, les principales ressources qu'elles nous présentent.
Nos colonies ne nous fournissent, jusqu'à présent, que fort peu de bois d'œuvre communs. Tout au plus pourrait-on mentionner le teck {Tectona gt^andis)^ dont Tlndochine exporte do petites quantités (1), qui pourront devenir importantes par la suite ainsi que les bambous et rotins qu'on tire surtout du Tonkin (environ 500.000 kg., d'une valeur de 355.000 fr.,ont été exportés en 1897). L'exportation des bois d'ébénisterie a une certaine importance; nous en recevons de la Guyane française (le Wacapou = Aiidira Aubletii; le gayac = Coumarouna odorata; le Mora excelsa; le Balata franc =:Mimusops balata; l'ébène verte = Tecoma leucoxylon; le bois do violette = Peliogyne veîiosa; le bois de rose = Licaria gidanensis ; le courbaril 1== Ilymœnea courbaril; le bois de lettres, etc., etc.), du Congo (l'ébène = Dyospiros e6e?ium; l'acajou d'Afrique (2); le bois do corail = Pterocarpus erinaceus), du Dahomey (bois do fer), des Indes (bois do fer, gayac), du Sénégal. Do l'Indochine nous arrivent le trac = Dalbergia diyevsy Barixilon, Sliorea^ etc.; de Madagascar des ébènes et des palissandres. La Nouvelle- Calédonie fournit un araucaria, du bois do fer = Casuarina equisetifoliay le niaouli, le santal, etc., etc.
Les produits vraiment importants de nos forêts coloniales ou de celles de nos voisins sont le caoutchouc, la gutta-pcrcha, les gommes et résines, le quinquina, le camphre, la cannelle et divers produits alimentaires (cacao, kola, huiles, beurre do karilé, etc.).
(1) Le lieu principal de production de cette précieuse essence erft la Birmanie. Les Indes anglaises en ont exporté 88.000 mètres cubrs, d'une valeur de 15 millions de francs, pendant l'année 1898-1899. En seconde ligne viennent les Indes hollandaises, le Siam, etc.
(2) Les bois exportés sous ce nom ne sont pas les acajous véritables ([ui proviennent d'Amérique. Ils appartiennent à une douzaine d'essences diverses ù bois rouge disséminées dans les forèls du Congo et de la (^Jte d'Ivoire. Celle dernière colonie en a exporté 12.700.000 kgr. en 1898; ces bois se vendent jus(iu\^ 100 fr. le m. cube rendu en France.
Economie fokestièue. — 1 3
L*tJtiLiTÉ DES Forêts