IV. — LES PRODUITS ALIMENTAIRES DES FORÊTS COLONIALES
La Cannelle est l'écorcc d'arbustes de la famille des laurinées. On en distingue deux espèces : celle de Ceyian fournie par le Cinnamomum seylanicum. et la cannelle do Chine, provenant àuLaurus cassia et de la Cassia lignea. La cannelle de Ceyian est bien plus recherchée, d'une odeur plus aromatique, plus fine, et d'un goût plus sucré que celle de Chine. Le cannellier de Ceyian est aussi cultivé aux Indes anglaises, aux Antilles, Brésil et Guyanes.On retire des feuilles et de Técorce du cannellier une essence qui donne lieu à un commerce considérable.
En 1898, Ceyian a exporté 1.303.000 kilogrammes d'écorces en canon et 778.000 kilogrammes de débris d'une valeur déplus de quatre millions de francs. On estime à plus de 17.000 hectares l'étendue des plantations de cannellier dans ce pays où ce produit est devenu un produit de culture bien plus qu'un produit spontané.
Nos colonies d'Indochine en font aussi un commerce important; elles en ont exporté 309.000 kilogrammes, d'une valeur de i.iSl.OOO francs, en 1896. Plus des neuf dixièmes de la cannelle française proviennent de l'Annam. La France consomme annuellement environ 200.000 kilogrammes do cannelle dite do Ceyian et 100.000 de cannelle dite de Chine,
Le Kolatier {Sierculia acuminata) est un assez grand arbre qui atteint 15 mètres de haut et 2 mètres de tour. On le rencontre dans l'Afrique occidenlale entre V et 10^ de latitude Nord dans notre Guinée, la Guinée anglaise et une partie du territoire de la République libérienne.
l/UTILITÉ DES FORÊTS
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Les gousses du Kolatier renferment une dizaine d'amandes charnues qui, séchées au soleil, constituent le produit connu sous le nom de noix do kola. Les amandes de kola ont été de tout temps très appréciées des indigènes qui connaissent parfaitement leurs précieuses qualités. Ils les mâchent longuement pendant les marches, les mangent comme préservatif de la faim, de la soif, comme réparateur des forces, etc.. Les propriétés si remarquables de la noix de kola ont été l'objet d'é' tudes approfondies faites à l'Institut colonial de Marseille par Hcckel et sont parfaitement établies maintenant. Aussi la noix de kola est-elle devenue l'objet d'un commerce considérable dont l'extension est rapide. Malheureusement, ce produit ne conserve sa qualité qu'au prix de très grands soins dans l'emballage et le transport. Les précautions nécessaires sont, paraît-il, rarement prises sur les navires et les noix qui arrivent en Europe ont habituellement perdu la plus grande partie de leur valeur.
La Guinée française a exporté 30.000 kilogr. do noix de kola en 1896 et 70.000 kilogr. en 1897. Le Dahomey en exportait pour 70 francs en 1891, pour 23.000 fr. en 1895 et 44.000 fr. on 1899.
La fève de Cacao est la semence d'un petit arbre de 4 à 10 mètres de hauteur, le Theobroma cacaoj qui croît au Mexique, au Guatemala et à Nicaragua. On l'a de plus introduit par la culture dans do nombreuses contrées, notamment dans nos colonies de la Martinique, do la Guadeloupe, en Guyane, au Congo, aux Comores et dans nos établissements d'Océanie.
En outre de celles du Theohroma cacao on utilise dans le commerce les graines du Theobroma sylvestris^ T. ouîanensisy T. bicoior jdu Cacao minor^ etc.
La France a importé, en 1899, 40.600.000 kilogrammes de fèves de cacao, d'une valeur de 74.300.000 francs. Sur cette quantité un million de kilogrammes provenaient de la Martinique et de la Guadeloupe. Elle a importé de plus, la mémo année,
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LB8 PRODUITS PORESTlEnS ^3
les de cacao broyé et 360.000 de beurre de 33 100 kilogrammes de fèvea est d'environ i uos ports.
) nos colonies on 1898 était :
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itleloupe 333.100 —
anion 1.900 —
rane 11. «00 —
ïgo 15.000 —
1 la canaelle, lend do plus en plus à devenir, irrivé pour lo quinquina, un produit de cuto^uit spontané do cueillette.
le, Elœis guianensis, est un arbre de 15 à sur, qui croit dans nos colonies do l'Afrique uyane. Ses régimes, lorsqu'ils sont jeunes, lenl très apprécié (chou d'aouara). Les fruits I lu grosseur d'une noix dont le noyau, très jne amande grasse, est entouré d'un sarcoruit donne deux huiles différentes. Celle du à la température ordinaire, est appelée huile l'amande, solido et blanche, est connue sous : palmiste, beurre d'aouara, etc.
a tous les usages do l'huile ordinaire, noimentation. Le beurre d'aouara est utilisé et surtout pour la stéarinerie et lu savonimportc, en 1900, huit millions de kilogranipalmistes, d'une valeur do deux millions de' lOO kilogrammes d'huile de paluie, valant In peu plus de la moitié de ces produits pioslissemenls de la Côte occidentale d'Afrique. esl très commun au Dahomey, où il couvre, illion d'hectares entre Allada et Abomoy.
a Burkii) se trouve en ahondiince dans nos s ocoidonlalo, entre G-elli" de latitude Nord.
Son fruit renferme une matière grasse comestible qu'on extrait en le faisant bouillir dans Teau après l'avoir écrasé. Le beurre surnage à la surface. Le beurre de karité n'est pas exporté en Europe, mais il est très employé pour la cuisine dans les pays chauds grâce à l'avantage précieux qu'il possède de se conserver très longtemps, sans se gâter, même parles plus fortes chaleurs. On pourrait l'employer à faire des bougies et du savon.