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CHÔMAGE, PLACEMENT

Comme autrefois les auberges de compagnons remplaçaient le foyer, les ateliers de travail pour les ouvriers en tournée, et les stations s’occupant de leur entretien, rendent dans leur sphère limitée des services qu’on ne saurait

méconnaître.

Le placement syndical n’est, en aucune façon, dépourvu d’égoïsme. Pour chacune de ses formes, qu’elles émanent des milieux du patronat ou de ceux du salariat, la conception'personnelle prévaut, que mieux que la forme adverse et à son exclusion, elle est apte à remplir la mission dont elle s’occupe. Les employeurs ne consentent pas à abandonner la puissance résultant du fait que ce sont eux qui dispensent les places. Les ouvriers veulent tout d abord conquérir une forte position, et comme ils ont compris que leur situation misérable est en grande partie due à 1 irrégularité de l’offre du travail, ils tâchent de mettre pour ainsi dire cette offre sous cadenas. Ils ne laissent à la disposition des employeurs que juste la quantité de forces qui semble avantageusement répondre à leur intention préméditée de ne pas faire baisser les salaires (2). Ce défaut (le liaison entre les organes du placement a fait récemment naître l’idee de sa centralisation. L’efficacité salutaire des associations spéciales et des offices centraux, tels qu’ils existent depuis longtemps à Berlin, Düsseldorf, Cologne, etc., a fait plus nettement reconnaître la valeur de cette sorte de progrès. On insiste beaucoup sur la nécessité, en ce qui touche la commune, d’organiser le placement. Il est certain que celle-ci a le plus grand intérêt à remédier au manque de travail de ses ressortissants, et que c’est d’un centre de cette espèce que les besoins peuvent être le plus durablement satisfaits. Les conditions principales à observer sont les suivantes : la gratuité de l’intermédiaire doit être assurée financièrement au moyen de

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ressources publiques ; l’impartialité du fonctionnement doit être garantie par la participation d’employeurs et de salariés à la composition de la commission administrative ; il faut chercher enfin à centraliser les efforts en vue d’établir un compromis entre la ville et la campagne, ainsi qu’entre les divers genres de professions. L’intérêt des sans-travail est ce qu’il faut envisager avant tout. On veut leur épargner des démarches et la nécessité de multiples efforts. Il faut les préserver du gaspillage de leur temps, comme de l’humiliation que provoque le refus des services offerts. Les plus anciennes organisations de placement de ce genre ont été créées, en 1874, à Cologne et, en 1883, à Berlin. Depuis 1891, leur établissement est allé en s’accélérant, de sorte qu’au 1®^ janvier 1910, il en existait 462 pour l’Empire. Leurs services sont remarquables, et elles n’ont pas réalisé moins de 860.901 placements pour la période 1908-1909. Leur importance doit s’accroître, si par la fondation d’unions régionales, elles cherchent à fournir des indications d’emplois au delà des limites du marché local du travail. Une association de ce genre entre les organisations de placement appartenant à un district déterminé est également désirable pour contribuer dans la mesure du possible aux progrès de la bonne cause par la communication des résultats de l’expérience réciproque. C’est ainsi qu’il existe aujourd’hui dans l’Empire allemand 14 unions témoignant de la constitution d’un réseau serré des organisations de placement du nord au midi. Elles sont elles-mêmes groupées depuis 1898 en une association des organisations allemandes de ])lacement. Le rôle de celle-ci est de favoriser l’échange des données expérimentales, de s’efforcer d’obtenir l’uniformité dans la statistique, et de faire de la propagande en faveur de la multiplication des organes du placement.

En Suisse, les organisations publiques de placement sont plus récentes qu’en Allemagne. La première a été fondée à Berne, le 2 janvier 1889, et a été suivie de beaucoup d’autres dans les années immédiatement postérieures. En 1908, il existait, au minimum, 13 offices de ce genre, offrant gratuitement leurs services, et dont les frais d’entretien étaient acquittés par les communes. En Angleterre, le placement a été, à la date du 30 juillet 1909, réglementé par l’État. Le ministère du Commerce peut créer et entretenir des offices de placement aux endroits qui lui semblent convenables. 11 s’agit, tout d’abord, de 1 ouverture de 130 offices de placement pour tout le pays. Les frais matériels ont été évalués à 1.300.000 marks , les traitements des employés à près de 2 millions de marks. Jusqu’à février 1910 avaient commencé à entrer réellement en activité, 65 offices en dehors de Londres, et 18 dans cette ville même. En Danernark, on a discuté, en 1912, un projet mettant à la charge des communes l’installation d’offices de placement ; un bureau nommé par le conseil municipal et composé d’un nombre égal d employeurs et d’employés doit en assumer la direction. Ainsi, 1 idée de l’institution d’offices publics et centraux paritaires de placement semble vouloir conquérir peu à peu un suffrage de plus en plus général (3).

Une pensée connexe à la précédente est celle dou\rir la voie à V assurance contre le chômage. La forme la plus ancienne de celle-ci est manifestement le « cadeau » de l’époque des corporations. Il consistait, comme on ne l’ignore pas, en une somme d’argent comptée au compagnon en tournée, qui tout en cherchant du travail, ne trouvait point de place dans un atelier et était, par suite, obligé de poursuivre sa route. 11 manquait à cette institution les bases d’une assurance véritable, et elle se compor-

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tait, par comparaison avec les projets actuels, comme l’assurance au pari au moyen-âge vis-à-vis de l’assurance transports et de l’assurance maritime d’aujourd’hui. Néanmoins, ce modeste expédient suffisait pour l’époque. A la nôtre, c’est de façon systématique qu’on a agi de plusieurs côtés, et par des voies différentes, pour résoudre le problème. Les institutions les plus anciennes en ce sens se rencontrent chez les associations organisées par métier, et chez les syndicats ouvriers et corporatifs de l’Angleterre et de l’Allemagne. Les syndicats allemands ont consacré, de 1903 à 1909, à des secours aux sans-travail, tant sur place qu’en tournée, une somme voisine de 35 millions de marks, dont 28,6 pour le premier cas et 6 pour le second. Les associations de métiers Hirsch-Duncker et les syndicats chrétiens connaissent également les secours aux chômeurs ; ces secours portent en eux-mêmes le caractère d’une assurance, en ce sens que moyennant des cotisations déterminées, une indemnité pécuniaire, d’un chiffre préalablement convenu, est versée en cas de survenance de chômage. Toutefois un fonds spécial avec comptabilité séparée pour le but en question n’existe pas. Les associations d’employés de comrherce et d’employés techniques ont également attaché une grande importance à l’assurance contre le chômage. Partant de là, il n’y avait qu’un pas à faire pour faciliter, au moyen de suppléments versés sur les fonds communaux, les projets des associations ouvrières, et pour augmenter le chiffre des secours accordés. C’est ce qu’on a désigné sous le nom de système gantois, Son créateur, Louis Variez, de Gand, fit, en 1898, voter par le conseil municipal de cette ville la création d’un fonds de secours alimenté par des subventions annuelles, et destiné à servir des allocations aux sans-travail. Ceux-ci, toutefois, devaient pour en bénéficier, soit appartenir à

une organisation ouvrière leur accordant déjà des secours elle-même, soit posséder, grâce à l’aide d’une société d’épargne, un actif de livret leur permettant d’y puiser î

pendant la durée du chômage. Le système gantois a été ■

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bases plus solides. La caisse qui les réunit acquerra ainsi une solvabilité constante vis-à-vis de toutes les prétentions qui s’adresseront à elle. La caisse de Cologne a obtenu des succès marqués. Il est incontestable qu’avec ce système, aussi bien qu’avec celui de Gand, les communes se tirent mieux d’affaire au moyen de subventions régulières, qu’en faisant exécuter des travaux de détresse, an’ Lur coûtent en général beaucoup, sans satisfaire vraiment aucun de ceux qu’on y emploip. Ces caisses sont néanmoins, plutôt des instituts de bienfaisance que d’assurance, et ne pro-

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tait, par comparaison avec les projets actuels, comme 1 assurance au pari au moyen-âge vis-à-vis de l’assurance transports et de l’assurance maritime d’aujourd’hui. Néanmoins, ce modeste expédient suffisait pour l’époque. A la nôtre, c’est de façon systématique qu’on a agi de plusieurs côtés, et par des voies différentes, pour résoudre le problème. Les institutions les plus anciennes en ce sens se rencontrent chez les associations organisées par métier, et chez les syndicats ouvriers et corporatifs de l’Angleterre et de l’Allemagne. Les syndicats allemands ont consacré, de 1903 à 1909, à des secours aux sans-travail, tant sur place qu'en tournée, une somme voisine de 35 millions de marks, dont 28,6 pour le premier cas et 6 pour le second. Les associations de métiers Hirsch-Duncker et les syndicats chrétiens connaissent également les secours aux chômeurs ; ces secours portent en eux-mêmes le caractère d’une assurance, en ce sens que moyennant des cotisations déterminées, une indemnité pécuniaire, d’un chiffre préalablement convenu, est versée en cas de survenance de chômage. Toutefois un fonds spécial avec comptabilité séparée pour le but en question n’existe pas. Les associations d’employés de commerce et d’employés techniques ont également attaché une grande importance à l’assurance contre le chômage. Partant de là, il n’y avait qu’un pas à faire pour faciliter, au moyen de suppléments versés sur les fonds communaux, les projets des associations ouvnères, et pour augmenter le chiffre des secours accordés. C’est CO qu’on a désigné .sous le nom de système gantois, Son créateur, Louis Variez, de Gand, fit, en 1898, voter par le conseil municipal de cette ville la création d’un fonds de secours alimenté par des subventions annuelles, et destiné à servir des allocations aux sans-travail. Ceux-ci, toutefois, devaient pour en bénéficier, soit appartenir à

une organisation ouvrière leur accordant déjà des secours elle-même, soit posséder, grâce à Taide d’une société d’épargne, un actif de livret leur permettant d’y puiser pendant la durée du chômage. Le système gantois a été accueilli, dans diverses villes de l’Allemagne, avec quelques modifications, notamment à Strasbourg d’Alsace, Fribourg-en-Brisgau, Erlangen, Schôneberg, Mulhouse. Les succès, quoique n’ayant pas été égaux partout, montrent toutefois qu’on peut, par ce moyen, apporter quelque soulagement à la question du chômage. Il conserve l’inconvénient de se singulariser comme une prime à la participation à une organisation ouvrière, et de réserver, par suite, à un petit nombre d’ouvriers les secours municipaux. On peut également douter que les expériences faites dans les localités où l’industrie est restreinte puissent être applicables d’emblée à des centres industriels plus importants.

C’est une autre voie dans laquelle se sont engagées des caisses urbaines indépendantes d’assurance sans adhésion obligatoire, telles qu’elles sont apparues à Berne et à Saint-Gall d’abord, puis à Cologne et Leipzig. Elles reposent sur l’idée que les primes payées par les chômeurs pour leur assurance peuvent, au moyen de subventions communales ou philanthropiques, fonctionner sur des bases plus solides. La caisse qui les réunit acquerra ainsi une solvabilité constante vis-à-vis de toutes les prétentions qui s adresseront à elle. La caisse de Cologne a obtenu des succès marques. Il est incontestable qu’avec ce système, aussi bien qu’avec celui de Gand, les communes se tirent mieux d affaire au moyen de subventions régulières, qu’en faisant exécuter des travaux de détresse, ou’ Lur coûtent en général beaucoup, sans satisfaire vraiment aucun de ceux qu’on y emploie. Ces caisses sont néanmoins, plutôt des instituts do bienfaisance que d’assurance, et ne pro- Ro' her II. .o

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