‹ Économie industrielle [microform]Chapitre 110 sur 155 · SYNDICATS DE METIER, ETC · texte numérisé non relu

SYNDICATS DE METIER, ETC

Praxis der engl. Gewerkvereine, 1898 ; Jahrbuch. /. Gesch., 21, p. 221 ; Arch. /. soz. Gesch., 12, p. 449 ; Soz. Pr., table ; Handw. d. Staatswissenschaft, 3® éd. ; Musée Social, Mem. et Doc., 1903, p. 57 ; 1908, p. 233 et suiv. ; The Labour Gazette ; Von Nos- TiTz, Das Aufsteigen d. Arbeiterstandes in En gland, 1900 ;

^ G. Dyhrenfurth, Die Entwicklung d. englischen Trace Boards (offices, de métiers), dans le Jahrbuch f. Nat., 3® F., 40, p. 791 et suiv. ; Schmoller, Die englische Gewerksvereinsentwicklung, dans le Jahrbuch f. Ges., 25 (1901), p. 291 et suiv. , Beichsprbeitsblatt, table et fasc., 6, 1913 ; Arch. f. Sozialw. u. Soz., 32, p. 618 et suiy. ; Soz. Pr., table ; Sartorius dans le Jahrb. f. Nat. N. F., 7 ; Soz. Pr., 20, p. 1438, 21, p. 434.]

(9) [A. Thorndike, Zur Bechtsfàhigkeit der dmtschen Ar-

beiterberufsvereine, 1908.]

(10) [W. Troeltsch et P. Hirschfeld, Die deutschen sozialdemokratischen Gewerkschaften, 1905 ; J. Schmole, Die ■sozialdemokratischen Gewerkschaften in Deutschland, 1896-1898 ; Brunhuber, Die heutige Sozialdemokratie, 1906 ; Bernstein, Die Voraussetzungen des Sozialismus und die Aufgaben der Sozialdemokratie, 1899.]

(11) [R. Lebius, Die gelbe Arbeiterbzwegung, 1908; R. Le- Bius, Gelbe Gedanken, 1908 ; R. Gasteiger, Die gelben Gewerkschaften, 1909 ; Cl. Heiss, Die gelben Arbeiteroerbande, dans le Jahrb. f. Ges., 35, p. 1905 ; L. Latour-Foss, Die gelben Gewerkschaften in Frankreich, dans le Jahrb. f. Nat., 3® F., 36, p. 511 ; Die Gelben, édité par le Christlicher Gewerkschaftsverlag, 1907 ; A. Pawlowski, Les Syndicats jaunes, 1911.]

(12) [P. Goehre, Die evangelisch-sôziale Bewegùng, 1896 ; Giesbert, Die christlichen Gewerkschaften und die Arbeiterbewegung, 1907 ; Müller, Die christliche Gewerkschaftsbewegung Deutschlands, 1905 ; J. Windolph, Das Christentum d. christlichen Gewerkschaften, 1910 ; Josef Biederlack, Theologische Fragen über die Gewerkschaftliche Bewegùng, 1910.]

fl3) Lexis, Gewerkvereine und U nternehmerverbànde in Frankreich, 1879 ; [v. d. Osten, dans le Jahrbuch. f. Ges. u. Verw., 15, p. 1031 et suiv. ; Bulletin de l'office du travail]

is

(14) [Grossmann, dans la Soz. Praxis, 20, p. 1523 1 Sur les syad.ca.s de m«iee autrichiens, voie

t , r"' ’ ' toutes années ; tert /

s y.. U So. 33, p. 780 et suiv., en ce qui eoncern les syn dicats américains.]

la J 1900 ’ /? ^^^^’-^^^haftsbewegung in Rass-

land, 1J09 ; Reichsarbeitsblatt, 8, p. 126].

[On s’est demandé si, pour parachever leur organisation, es ouvcers pouvaient être admis à posséder des chambres peciales, telles qu’elles sont autorisées pour les autres profesions commerce, industrie, agriculture. Cette question

“r^.t attentivement. Ces chambres

permettraient aux ouvriers de délibérer sur les vœux et

P opositions ayant trait aux affaires de leur classe. Ils

autorpL”’" « 'a connaissance des

tomes ce qu ils apprendraient eux-mêmes des besoins

eurs compagnons. Avant que le gouvernement soumette

aux corps compétents un projet de loi touchant les intérêts

des ouvTiers, leurs chambres devraient être consultées

obligatoirement. L’Administration aurait aussi avantage

s assurer que ce qu’elle désire ordonner répond ou non à

leurs vœux. Les chambres ouvrières pourraient encore

acquérir une importance considérable pour les communes

urbaines. Toutefois, dans le domaine de la mise en pratique

on se heurte à cette ditffculté qu’il peut être douteux que

la culture et les capacités intellectuelles de la moyenne des

ouvriers soient suffisantes pour leur permettre de délibérer

sur les questions agitées et de les résoudre.

Les intérêts économiques sont représentés en première

§ 70 a. CHAMBRES OUVRIÈRES

. ligne par les industriels indépendants. Mais ceux qui se réuniront dans les chambres n’ont pas ce caractère, et il est nécessaire que l’autorité supérieure s’occupe d’eux. La société toute entière est intéressée à ce que ces ouvriers ne soient pas livrés à l’arbitraire des plus forts. On ne doit .pas perdre de vue la prévoyance à leur égard, et il faut leur apprendre à se servir de toutes les institutions crées à leur profit. De cette participation des ouvriers,] usqu’à pourvoir leurs chambres de vastes attributions, il y a néanmoins un grand pas. On ignore où il peut conduire, même si par mesure de précaution, on admet aux délibérations la présence .<ies employeurs. Il est grave, d’autre part, de ne pouvoir considérer la classe ouvrière comme une classe unitaire occupant une position sociale uniforme, et de se trouver contraint de la séparer suivant des catégories professionnelles. On peut considérer comme électeurs primaires des chambres ouvrières tous les auxiliaires, tous les ouvriers qui appartiennent à l’agriculture, à l’industrie ou à toute autre exploitation quelconque. Mais alors, on est forcé de se rendre compte que les intérêts des divers milieux du travail sont eux- mêmes entre eux entièrement différents. Si des journaliers agricoles et des apprentis artisans, des domestiques et des garçons, des ouvriers d’usine et des employés de commerce choisissent ensemble des représentants pour les chambres ouvrières, on ne peut en attendre un résultat qui satisfasse. Si l’on prend à part une seule catégorie d’ouvriers, pour la représenter seule, cela peut aisément être considéré comme une injustice au regard de tous, les autres ouvriers qui demeurent sans représentation.

Aujourd’hui, les chambres ouvrières existent en Belgique depuis 1887, en Hollande depuis 1897, en France depuis 1900, et des efforts similaires ont été accomplis en Italie et dans quelques cantons suisses.En Italie les camere di lavore

sont des organes du salariat, des unions d’associations professionnelles ouvrières ; elles ne sont nullement des représentations des intérêts ouvriers organisées par l’État, mais elles ont l’aspect d’une sorte d’institution réglementée par le droit public. Au début de 1900, il en existait 104 comptant ensemble 4.169 sections professionnelles, avec 503.991 membres. Des subventions communales atteignant au total 93.000 lires étaient accordées à 43 d’entre elles. En Suisse, les organisations offrent un caractère analogue. A Genève, la chambre de travail }»eut témoigner de services particulièrement importants. En Hollande, les Kamers van arbeid ne se sont pas affirmées comme des organes de conciliation des difficultés d’intérêts entre ouvriers et entrepreneurs, mais elles ont par contre été de quelque utilité pour l’exécution de la statistique du travail et pour la rédaction de consultations. Les chambres françaises et belges n’ont pu parvenir encore jusqu’ici à une activité d’un bon rendement.

En A //emagne, depuis 1870, Schônberg tout d’abord, par sa proposition d’instituer des offices de travail, et après lui, le parti du centre et les socialistes au Reichstag, ont amorcé la discussion de la question. Les décrets impériaux du 4 février 1890 ont repris l’idée. Stieda, à son tour, a appuyé celle-ci en conscience, au neuvième congrès des protestants sociaux tenu en 1898, en recommandant les chambres ouvrières, pour donner aux travailleurs l’occasion d’exposer directement aux autorités publiques leurs opinions et leurs vœux. La pensée directrice de la novelle de 1897 à l’ordonnance sur l’industrie relative aux syndicats était bien d’exiger, pour les ouvriers aussi, une représentation légale, mais c’est seulement onze ans après que le gouvernement d’Empire a déclaré vouloir passer à la réalisation, et qu’en 1908 un projet a été soumis au Reichs-

§ 70 a. CHAMBRES OUVRIÈRES

tag. La discussion en a été vive et n’a abouti à aucune décision. Le projet établissait une combinaison paritaire, e’est-à-dire qu’ entrepreneurs et ouvriers devaient être membres des chambres, mais ceux seulement appartenant à la grande industrie. Demeuraient exclus les ouvriers agricoles, les employés et premiers de magasins, les ouvriers techniques, et les conducteurs de travaux. Quant aux métiers,on renvoyait aux délégations de compagnons existant près des chambres de métiers. L’organisation des chambres,au point de vue du territoire et de la compétence, devait s’appuyer sur les circonscriptions et districts des syndicats professionnels industriels. En ce qui touche leurs fonctions, les chambres avaient pour mission générale de veiller à la paix économique. Elles devaient prendre en mains, pour les industries représentées dans leur sein, les intérêts industriels et économiques communs aux employeurs et aux employés,et ceux spéciaux à ces derniers. A un point de vue plus particulier, deux fonctions ressortaient pour elles au premier plan : émettre des avis sur les questions de leur compétence, et favoriser l’établissement de bonnes relations entre ouvriers et entrepreneurs. En outre, les chambres ouvrières devaient avoir dans leurs attributions de recueillir des données sur les conditions économiques et industrielles de leur district, ainsi que de proposer des arrangements ou des mesures propres à contribuer à l’amélioration de la situation économique des travailleurs et de leur bien-être en général. Ce premier effort pour aboutir à une législation n’a pas encore atteint son but, non plus qu’en Autriche, où l’on n’est pas davantage sorti de la période des délibérations parlementaires (1874-1886). Il est toutefois extrêmement vraisemblable que tôt ou tard, l’institution des chambres ouvrières deviendra un fait accompli. Elle renferme en elle

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la saine idée de l’organisation, et celle-ci est des plus nécessaires aux ouvriers, parce que l’union chez eux est plus difficile, et qu’ils représentent les couches sociales économiquement les plus faibles. Les chambres pourraient surtout canaliser pacifiquement les tendances qui agitent les unions ouvrières, et prendraient sans aucun doute, en cas de grève ou de lock outs, l’importance la plus considérable (1)].

(1) [R. Stegemaxx, dans la Zeitschrift, f. Handel u. Gewerbe, 1889, p. 43-45 ; R. Graetzer, Organisation der Ber ufsinteressen, 1890, p. 28 et suiv. ; Œcheliiauser, Di sozialen Aufgaben der Arbeiter, 1887 ; p. 35 ; Stieda, dans les Verh. d. evangel. soz. Kongresses, p. 44 et suiv. (1898) ( Mataja, dans le Handcv. d. Staatsw., 2^ éd., 1898 ; Schriften d. Gesell. /. soz. Reform, fasc. 12, 14, 16, 19 ; Soz. Pr., 7. 289, 1079; 18 ; 19 ; 20 ; table ; M. Erzberger, Die Industriekammern im Reichstage, 1905 ; B. Harms, Die hollàndischen Arbeitskammern, 1902 ; B. Harms, Deutsche Arbeitskammern, 1904 ; B. Harms, Arbeitskammern und Kaufmannskammern, 1906 ; Cn. Moris- SEAUX, Les conseils de l'industrie et du travail, 1890 ; Arch. f. soz. Ges., 11, p. 750 et suiv., 20, p. 101 et suiv. ; Jahrb. f. Ges., 28, p. 1090 et suiv. ; Musée social, 1901, p. 17, 331 ; Wallroth, Référât über Arbeitskammern, 1908 ; H. Potthoff, Vertretung der Angestellten in Arbeitskammern, 1905 ; Viktor Szczesxy, Kritische Betrachtungen zum Arbeitskammern- Gesetzent^urf, 1910 ; Brandt, Handelskammer und Arbeitskammer, 1907.]

Aux associations ouvrières correspondent les associations patronales. Celles-ci, abstraction faite de quelques-unes temporaires et ayant pour but de s’opposer aux grèves, se sont, précisément en Angleterre, particulièrement peu dé-

veloppées. Cela plient sans doute à ce qu’en ce pays, les très grandes entreprises dominent, tandis qu’en France les chambres^syndicales des patrons sont surtout composées d’entrepreneurs moyens.En Allemagne,les artisans d’abord, plus tard aussi les^atrons de la grande industrie, ont éorouvé le besoin d’associations plus étendues, provinciales ou même nationales. Si l’on en devait jamais venir à ce que tous les ouvriers d’une part, tous les patrons de l’autre s’organisent en associations, il en résulterait fatalement, au cas d’explosion d’un conflit réciproque, l’ébranlement le plus terrible de toute l’existence de la société. Je crois néanmoins que la seule présence de ces puissantes organisations, avec la:discipline de chacun de leurs participants,

‘ n’empêcherait pas seulement d’éclater les petits désaccords si fréquents aujourd’hui, mais établirait, grâce à l’aspect seul de la grandeur des deux armées en présence, et à 1 immense portée de la décision, la règle de l’accommodement pacifique. On a souvent observé jusqu’ici que dans les petites grèves, ou dans les petits lock-outs, la victoire tourne en faveur du parti que « l’opinion publique » tient pour le meilleur. Au cas d’une cessation du travail ou d’un lock-out gigantesques, cette opinion publique apporterait un scrupule tout autre encore dans son examen de la situation, et une énergie également toute autre dans

l’exécution de la sentence rendue.

[Les premières unions d’employeurs et d entrepreneurs ont commencé à se constituer en Allemagne vers 1890, et se sont développées ultérieurement surtout de 1898 à 1900. On peut les classer en quatre groupes d’après leurs fonctions principales, suivant qu’elles s’occupent : 1° de questions générales économiques ; 2° de questions générales de politique sociale ; 3® de la réglementation d’intérêts d’affairesdéterminées (cartels) ; 4° de la protection des intérêts par-

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ticuliers des entrepreneurs vis-à-vis des ouvriers. La distinction entre ces quatre catégories ne saurait être strictement tranchée. Les deux premiers groupes en effet se rencontrent souvent dans leurs fonctions, et leur activité s’étend dans les deux sens. Toutefois, une indéniable tendance s’est manifestée, ces dernières années, pour confier le règlement des conditions concrètes du travail, en particulier la fixation de la durée de celui-ci et du salaire, e’est-à-dire la mission du quatrième groupe, à des unions spéciales uniquement patronales au sens étroit. Celles-ci figurent dans la statistique officielle de l’Empire allemand, qui en dénombrait au début de 1912, 3.085, partagées en 103 unions d’Empire, 461 unions nationales ou régionales, et 2.521 locales. Par comparaison avec l’année antérieure 1911, on constate une augmentation de 157 unions. L’ensemble des unions comprend 132.485 membres, occupant 4.378.275 ouvriers, soit 5.061 membres et 350.830 ouvriers de plus que l’année précédente. La date de la fondation n’a été relevée que pour 869 unions, dont 155 sont antérieures à 1900, 142 à 1900-1903, et 572 aux années suivantes.

L’idée d’organisation a pénétré dans tous les groupes professionnels, dont la constitution a lieu de préférence selon les branches particulières d’industries, ce qui toutefois n’empêche pas de distinguer des unions mixtes et des unions par branches. Les premières comprennent des patrons d’industries diverses, les secondes d’une industrie unique En première ligne, c’est aujourd’hui la grande industrie qui se montre organisée, et à sa tête se placent numériquement, d’après le chiffre des ouvriers occupés, la métallurgie. Je textile et les mines. Le métier peut également témoigner d unions importantes, à la fondation desquelles il semble que 1 ait engagé le § 81 a de l’ordonnance sur l’industrie : celui-ci érige en effet en devoir l’effort vers l’établissement

de relations satisfaisantes entre maîtres et compagnons. Mais cette manière d’agir ne mettant pas les artisans en situation de prendre part aux conflits possibles du travail, ils ont préféré établir des unions de protection patronale pour régler les affaires qui ne pouvaient être suffisamment traitées à l’intérieur des syndicats. C’est ainsi que la fédération patronale allemande du bâtiment est une fondation de lu’nion syndicale des maîtres d’œuvres allemands et l’union générale allemande de protection patronale pour la boulangerie, une autre fondation de 1 union centrale des syndicats allemands de boulangers. L’avenir appartiendra sans doute aux unions d’Empire des industries particulières, qui grâce à la puissance d’organes centraux, paraissent devoir à la longue se trouver seules en mesure de faire face aux syndicats vigoureusement centralisés. Il est probable qu’à chaque union ouvrière notable s’opposera une union patronale de même importance. Si avec le temps, plusieurs unions ouvrières devaient se mesurer avec une union patronale unique, ce fait aurait le sens d’un renforcement de la situation de ces dernières.

Les unions patronales se sont développées dans un contraste conscient vis-à-vis des organisations ouvrières, s’étant d’abord formées pour se défendre contre celles-ci. Elles sont depuis longtemps devenues dé véritables organisations de la lutte des classes. Leur importance consiste aujourd’hui en ce qu’elles embrassent les entrepreneurs en tant que classe, en tant qu’intéressés s’orientant dans un sens unitaire. Elles acquièrent une puissance d’autant plus considérable, qu’il se crée davantage de cartels et de syndicats, c’est-à-dire qu’il se constitue d’organisations purement économiques. Lorsque, vers 1890, les organisations ouvrières prirent une extension inquiétante, un mouve ment partit de Hambourg-Altona en vue d’envelopper

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