ENSEIGNEMENT PRIMAIRE INDUSTRIEL
efforts essentiellement concordants à ce point de vue du ! grand piétiste A. H. Franke et du rationaliste Cbr. Sem-
I 1er (2). Un système complet à' enseignement industriel dirigé
j par l’Etat, et dont l’échelon inférieur se trouve en contact
I avec l’école primaire, tandis que l’échelon supérieur se tient
; au niveau de l’Université et se développe parallèlement à
j elle, s est peu à peu constitué au cours seulement du
[ xix^ Siècle. Si notre époque surpasse en forces matérielles,
[ en jouissances, et en progrès toute époque antérieure, cela
I tient en grande partie à ce que,surtout depuis la Révolution
française, la science et la technique se sont unies à un degré auparavant inconnu. Même en Angleterre, dont 1 hégémonie industrielle était fondée dès avant cette époque, on a commencé récemment, et de plus en plus, à redouter la supériorité de l’enseignement technique à l’étranger (3).
Une industrie vigoureuse n’est en sécurité que sur les assises d une masse populaire vigoureuse elle-même, et l’industriel habile doit être avant tout un homme digne de ce nom. Il en va de même pour l’enseignement industriel, qui ne peut véritablement être utile que s’il n’est pas fourni aux dépens d’autres fins vitales d’une importance semblable j ou même prépondérante. Il faudrait donc,autant que pos-
sible, que l’école primaire demeurât à l’écart de toute idée accessoire d enseignement industriel (4). La quantité d’enfants qui en sortent sans posséder suffisamment les connais- [ sances pratiques les plus nécessaires, au point de vue reli-
I gion, lecture et écriture de la langue maternelle, calcul, est
^ attestée déjà par le besoin souvent .exprimé de l’école
fi complémentaire. Le temps et la force ne suffisant pas ainsi
I à leur tâche, en prélever encore une partie pour l’industrie
i serait s exposer au même reproche qu’on adresse au travail
. prématuré des enfants dans les fabriques (5). Je voudrais
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toutefois, partout où faire se pourrait, voir entreprendre l’enseignement du dessin dès l’école primaire. L’éducation qu’il apporte à l’œil et à la main dans le but, comme dit von Eitelberger « de mettre en image sur une surface plane les représentations de l’esprit », ne prépare pas seulement à la plupart des industries, mais favorise en même temps la culture générale de l’homme, sans lui faire courir les dangers d’une formation intellectuelle unilatérale et pourtant insuffisante (6, 7). L’idée de Clauson-Kaaschen elle-même, d’étendre l’enseignement scolaire au travail élémentaire de l’artisan peut, lorsqu’elle est intelligemment appliquée en cherchant à subordonner le caractère industriel au caractère éducateur, exercer à son avantage des effets aussi bienfaisants que l’enseignement de la gymnastique 8).
[Les écoles complémentaires industrielles (cours du soir et du dimanche), sont indispensables pour consolider l’acquis chez ceux qui ont quitté l’école primaire, et pour leur donner conscience de leur nouvelle activité pratique. Elles ont la double mission d’affermir et d’augmenter les connaissances générales, (langue allemande, calcul, etc.), ainsi que de procurer les notions nécessaires à diverses branches d’industrie comme la comptabilité industrielle, la science des affaires, etc. 11 est douteux qu’il soit utile de favoriser l’éducation professionnelle,en incorporant aux écoles des ateliers scolaires suivant le système Kerschensteiner. On a soutenu que l’annexion de l’atelier à l’école complémentaire est un procédé facilement trop théorique, et que ce système ne saurait remplacer l’enseignement donné dans l’atelier proprement dit. 11 est en effet exact que si l’enseignement dans les ateliers d’apprentissage annexes d’une école complémentaire peut être organisé de façon plus vivante, plus claire, plus universellement instructive, il ne faut pas oublier que c’est avant tout l’éducation de l’esprit qui est en jeu-
L’exercice de la technique manuelle ne vient qu’ ensuite, ou ' bien doit se donner dans un autre local.] Les plus anciennes
de ces écoles complémentaires sont apparues dans le Wiirttemberg, où elles sont issues des écoles du dimanche instiuées depuis 1739 pour tous les célibataires. L’office central pour l’industrie et le commerce a arrêté, en 1853, les dispo- I sitions normales ci-après pour ces écoles complémentaires :
1° Une commission composée de membres du conseil d’études et de membres de l’office central doit surveiller les écoles ; 2° La fréquentation de celles-ci est facultative et oblige à une rétribution ; 3° La direction incombe aux autorités municipales, et l’Etat assure la moitié du déficit, si la commune se charge de l’autre. [Depuis le 17 août 1909, les écoles complémentaires industrielles et commerciales ont été réorganisées dans le sens de l’introduction du principe de l’obligation scolaire et de la transformation de l’enseignement. On comptait en 1908-1G09, 208 écoles avec 25.005 élèves. Dans la Hesse, il existait depuis 1837 des écoles de dessin pour les artisans, ainsi qu’un enseignement complémentaire du soir, pour le calcul, la géométrie et le style, à côté des cours de dessin du dimanche. La loi scolaire de 1874 a obligé les communes à ouvrir des écoles complémentaires, qui doivent être fréquentées pendant trois ans par tous les enfants ayant quitté l’école primaire. Ces écoles n’étaient pas organisées suivant les professions, et la plupart du temps n’enseignaient pas le dessin industriel. Aussi les apprentis en restaient-ils réduits aux écoles du dimanche pour les artisans, dont le transfert aux jours de semaine s’est manifesté peu à peu i comme désirable. Le syndicat industriel national refusa
pourtant en 1909, lors de sa session générale à Wôrrstadt, cette modification, et il n’y eut que quelques syndicats industriels isolés pour essayer de l’introduire à partir de
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l’automne 1910. Entre temps, avaient été créées depuis 1876, des écoles d’artisans plus développées, donnant l’enseignement, non seulement le dimanche et les soirs de la semaine, mais encore en semaine pendant la journée, aux artisans pouvant le recevoir, soit tous les jours pendant l’hiver, soit pendant toute l’année quelques jours ou quelques heures. Ces dernières écoles sont au nombre de 10 pour 1909-10. Depuis 1899, elles portent la désignation d’ « écoles industrielles », et elles ont reçu en 1900 un programme nouveau d’enseignement s’étendant sur trois semestres. A côté d’elles existent 37 écoles industrielles complémentaires ou du soir, pour les professions ne comportant pas l’emploi du dessin, et 120 'écoles d’artisans du dimanche. En Prusse, on n’a pas encore introduit, par voie législative, une réglementation générale des écoles complémentaires. Toutefois, l’instruction sur l’application de l’ordonnance sur l’industrie, du 1®^ mai 1904, prévoit qu’il doit être établi un statut normal comme base des statuts locaux, pour les écoles complémentaires instituées en conformité de l’ordonnance d’Empire sur l’industrie..En 1909, on comptait 1.715 écoles complémentaires industrielles, et 381 commerciales. En Bavière, les écoles du dimanche introduites le 12 septembre 1803 en faveur des compagnons artisans, des apprentis, et de tous les jeunes gens des deux sexes, servaient à l’enseignement complémentaire industriel. Celui-ci était obligatoire pour tous les apprentis de 12 à 18 ans. L’ordonnance sur les écoles du 14 mai 1864 associa aux écoles industrielles, qui plus tard furent désignées sous le nom d’écoles réales, des écoles complémentaires industrielles, dont la réglementation suivit le 1®'^ octobre 1870. Toute école de ce genre comprend une section élémentaire destinée à consolider et à étendre l’enseignement de l’école primaire, et à exercer au dessin, ainsi que plusieurs
sections techniques pour l’application des connaissances acquises, aux branches choisies d’industrie et de fabrique. 11 en existe actuellement 263 avec 58.327 élèves. Pour la Saxe, la loi du 3 avril 1880 établit, pour tous les instituts d’enseignement industriels n’appartenant pas à l’Etat, les principes de leur création. Auparavant, la loi du 26 avril 1873 sur l’enseignement primaire avait proclamé obligatoire la fréquentation des écoles complémentaires. Une ordonnance de 1907 s’est occupée des progrès de celles-ci, en prescrivant aux inspecteurs primaires de district de ne faire qu’un usage restreint de leurs pouvoirs de dispense. Un arrêté du ministre de l’Intérieur du 14 novembre 1910 règle la durée de l’enseignement, établit un plan normal d’études, et recommande une division des classes suivant les professions. On comptait en 1908, 57 écoles complémentaires industrielles avec 11.385 élèves.
La création d’instituts d’enseignement industriel spéciaux au sexe féminin se recommande, en ce qu’ils ne s’attachent pas seulement à l’enseignement des matières de la culture générale, mais aussi à celui des travaux manuels féminins et des travaux d’art industriel. Ils satisfont de même aux besoins de la formation commerciale, exigée par l’emploi, aujourd’hui de plus en plus fréquent, des personnes du sexe féminin dans le commerce (9).
Les écoles techniques, à la différence des écoles complémentaires industrielles, qui en général ne sont pas spécialisées par profession, sont destinées à fournir aux représentants d’une industrie déterminée la formation intégrale pour eux désirable. Elles associent l’enseignement théorique et pratique, et ont besoin d’un contact étroit et constant avec l’atelier et l’usine. Parmi les plus anciennes' et les plus nombreuses sont les écoles techniques de tissage, instituées en 1830 en Saxe, en 1854 en Bavière, en 1855 en Roscher II,
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Württemberg.Elles se sont fortement développées en Saxe et en Bavière, et beaucoup moins en Prusse. En Saxe, il existe des écoles techniques depuis le commencement du XIX® siècle, pour lesquelles on a surtout envisagé les branches, particulières au pays, d’industries à domicile et en. fabrique, telles que celles des instruments de musique, de la passementerie, de la broderie, etc.
En 1908, on comptait 5 écoles royales d’architecture et des mines, 2 écoles des mines à Freiberg et Zwickau, 7 écoles de batellerie, 30 écoles de tissage et passementerie, 112 autres écoles techniques industrielles pour les ouvriers du jouet, les bouchers, les tapissiers, les horlogers, les tuiliers, les photographes, les décorateurs, etc., ainsi que des cours d’instruction à l’usage des chauffeurs de chaudières à vapeur et des mécaniciens. L’habileté pratique est dans ces écoles considérée comme le principal, la théorie seulement comme un complément indispensable, et l’attention la plus grande est apportée à la formation de véritables artisans. La grande industrie toutefois, particulièrement pour les constructions mécaniques, est aussi redevable aux écoles d’une grande partie de son essor. La Bavière possède 89 écoles techniques, presque toutes pourvues d’ateliers d’apprentissage, pour la sculpture sur bois, la lutherie, la poterie, la sculpture sur pierre, la vannerie, etc.Le Württemberg a des écoles de tissage et de broderie, une école technique d’imprimerie à Stuttgart, une autre pour la mécanique de précision à Schwenningen, un institut technique pour le textile, depuis 1855, avec des divisions pour la filature, le tissage, etc. Bade possède une école d’horlogerie à Furtwangen, la Hesse une école technique pour la sculpture sur ivoire et industries similaires à Erbach-en- Odenwald. La Prusse compte 7 écoles techniques supérieures pour le textile, et en outre, des écoles techniques