ENSEIGNEMENT INDUSTRIEL ÉLÉMENTAIRE
i in Fortbildungsschulen in dans la Zeitschr. /. d. Ges. Fortbil- ^
dungsschulwesen in Preussen, 1909, p. 193 et suiv. ; R. Dan- NEBERG, Staatslehrwerkstâtten, 1907 ; Neukampf, Die rechtl.
Regelung der Verhaltn. der Fabriklehrlinge, dans les Drücks. d.
Ver. deutscher Maschinenbauanstalten, 1912, n° 76.]
(10) En Autriche- Hongrie, Suisse et Belgique, on a également accueilli le principe de l’institution des écoles techniques.
En Autriche, c’est une règle d’établir ces dernières aux lieux où une industrie s’exerce déjà en fabrique ; où une industrie domestique est à favoriser ; où des circonstances locales avantageuses font espérer le développement d’une branche nou-
, velle. [En 1906-07, on comptait 143 écoles techniques, dont 81 nationales, pour le tissage, la filature, le travail du bois, la dentelle, la broderie, etc.] Von Eitelberger, qui s’est acquis de grands mérites pour l’essor des écoles d’art industriel en Autriebe, recommande qu’elles s’occupent en même temps d’ar- \ chitecture, de sculpture et de peinture, qu’elles évitent d’être
des appendices de l’Académie ou de l’Ecole du bâtiment, et qu’elles observent toujours cette double tendance, de garder leurs rapports avec le grand art, tout en se maintenant indé-
pendantes dans leur conception du petit {Kunsthistorische Schriften, 2, p. 121 et suiv., 285 ; Ilg, Die Kunstgewerblichen ■ Fachschulen des k. k. Handelsministeriums, 1876). L’enseigne-
! ment de l’histoire de l’art est aujourd’hui d’autant plus néces-
j saire pour l’industrie, que notre époque demeurera sans doute
I éclectique en ce qui touche le style (Ilg, dans Oesterreich. Mu-
I seum, p. 65). Au surplus, l’enseignement industriel artistique a
beaucoup d’importance au point de vue politique.
(11) Pour éviter ces inconvénients, il est un moyen qui consiste à ne pas transformer des théoriciens en professeurs, parce qu’ils ont également à apprendre la pratique, mais à choisir les professeurs parmi les praticiens habiles, qui communiqueront volontiers les résultats de leur expérience. En Würt-
I temberg, les professeurs doivent avoir effectivement travaillé
I quelque temps comme salariés dans un atelier. C’est la meilleure
sauvegarde contre 1’ « odeur scolaire, qui n’est pas précisément
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favorable au plaisir et à l’habileté dans le travail » et que von Steinbeis reproche à tant d’ateliers en Allemagne.
(12) [Roscher, dans le Handw. d. Staatsw., 4® éd., 4, p. 1078 et suiv. ; Fiinfter Bericht über d. gesamten U nterrichts-u. Erziehungsansialten im Kônigreich Sachsen, 1904, et Zwischenbericht über das Jahr 1908 ; Der Gewerbeverein f. d. Grossherzogtiim Hessen, Denkschr. z. Feier d. 75 jàhrigen Bestehens verf. von d. Grossherzoglichen Zentralstelle ; Meyer, Gewerbliches U nterrichtswesen, p. 69 et suiv. ; Altenrath, Das Lehrlingswesen, 1911, p. 136-159, 220-236 ; Verwaltungsberichie d. Kônigl. Preuss. Landes gewerbeamts seit 1905 ; Bechtle, Die Gewerbebefôrderung im Kônigreich Württemberg, 1905, p. 28 et suiv. ; Bouquet, L’enseignement technique commercial et industriel, 1900 ; Kerschensteiner, Beobachtungen und Vergleiche über Einrichtungen f. gewerbl. Erziehung, 1910 ; Badische Denkschrijt über Lehrlingswerkstâtten ; Bûcher, Lehrlingsfrage und gewerbl. Bildung in Frankreich, 1878 ; Paul Scheven, Die Lehrwerkstàtte, 1894, un vol.) ; Melchior, Das Gewerbschulwesen in Hamburg, 1891 ; M. Wolff, L'œuvre des associations dans l'enseignement professionnel en Allemagne, dans le Musée social, 1907 ; Mém. et Doc., p. 125 et suiv. ; J. B. Paquier, L'enseignement professionnel en France, 1908 ; J. H. Cagi- NACCi, L'instruction professionnelle de l'ouvrier, 1910 ; Astier et CuMiNAL, L'enseignement technique industriel et commercial en France et à l'étranger, 1909 ; De Ribes-Christofle, Etude sur l'enseignement technique en France, 1910.]
fil
Les écoles réales allemandes, apparues dans la Prusse frédéricienne (1), n’ont pu réaliser aucunement la même unité et sûreté de plan que les gymnases. C’est qu’en effet, elles fournissent « une culture scientifique préparatoire pour les professions d’un genre supérieur, auxquelles les études académiques ne sont pas nécessaires » ; qu’elles
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veulent souvent en même temps constituer le premier échelon de l’école supérieure technique, et que néanmoins elles sont dans l’obligation de demeurer accessibles aux meilleurs artisans ou autres, qui ne veulent pas suivre jusqu’au bout le cercle de leurs études. Pour atteindre la culture la plus haute de l’esprit, le chemin le plus normal continue toujours de passer par le gymnase classique (2), et pour tout homme, la valeur morale et spirituelle demeure ce qu’il y a de plus indispensable. Aussi les écoles réales, pour ne pas nuire à l’âme du peuple en lui apprenant à s’enrichir, doivent-elles se mettre en garde contre deux écueils principaux, auxquels se heurtent si facilement, surtout chez les esprits non encore parvenus à leur maturité, la surestimation naïve du moment actuel, et la généralisation aveugle des sciences exactes. Nous voulons parler du mépris de l’Idéal classique ainsi que de la Vérité de la vie morale et spirituelle. C’est justement pour l’instruction de la jeunesse, qu’est surtout dangereuse la folie de ceux qui « voudraient arracher à la nature, au moyen de leviers et de vis, ce qu’elle se refuse à révéler à leur esprit ». [Des écoles industrielles moyennes, offrant plus de ressources que les industrielles élémentaires, et moins que les écoles supérieures techniques, sont nécessaires. Sans elles, les écoles supérieures se trouveraient amenées, par égard pour certains élèves qui n’ont besoin que d’une formation moyenne, à rester en arrière de leur but d’instruction, tandis que les écoles élémentaires dépasseraient celui-ci. (Cari Roscher) (3) En 1908, il a été créé en Allemagne un comité des écoles techniques, sur la proposition de la Société des ingénieurs allemands, dans le but de rechercher quelle doit être la tâche des écoles techniques inférieures et moyennes, pour les industries mécaniques et assimilées.] — Les écoles pohjtechniques (4) sont, au cours des deux dernières générations.
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devenues de plus en plus des écoles techniques supérieures. Cette évolution a des raisons multiples. Il a fallu tenir de plus en plus compte de toutes les industries intéressées ; les matières comportant l’enseignement du travail se sont accrues ; les sciences fondamentales ont dû être étudiées avec plus de soin ; il a fallu ajouter aux programmes des sciences auxiliaires appartenant à la culture générale supérieure ; enfin les prétentions se sont élevées quant aux connaissances préliminaires des élèves à admettre, et on leur a donné plus de liberté dans le choix des matières à apprendre (5). Partout où cet idéal a pu être atteint, la fusion de l’école polytechnique avec l’université, comme faculté particulière de celle-ci, ne serait pas seulement à recommander dans un but d’économie, mais encore pour toutes les autres raisons qui ont fait récemment accomplir le même pas aux écoles supérieures d’agriculture, et partiellement aussi aux écoles forestières (vol. II, § 172) (6).
(1) A Berlin, « l’école d’économie et de mathématiques pour les jeunes gens qui ne sont pas précisément destinés aux études, et que nous jugeons cependant capables et habiles pour les écritures, le négoce, les fermes et gestions rurales, les beauxarts et les manufactures», a été fondée, en 1747, par J. J. Hecker. Elle a été réorganisée, en 1822, par Spillecke dans le sens d’une séparation plus accentuée d’avec le gymnase, comme institut scientifique devant préparer aussi bien aux instituts professionnels spéciaux de la vie pratique supérieure, que le gymnase à l’université (Ranke, Progr. der K. Realschule zu Berlin, 1861).
(2) Liebig avait constaté que dans son laboratoire, les anciens élèves des gymnases se montraient, au début, plus malhabiles que les élèves des écoles réales qui sortaient immédiaternent d’être exercés ; ils les rattrapaient généralement bientôt, parce qu’ils avaient appris davantage à penser. Ce fait est d’autant mieux démonstratif, que Liebig lui-même n’avait pas suivi les cours complets d’un gymnase. En 1866, K. Hillebrand
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^ m’a certifié avoir observé, comme inspecteur des lycées fran-
çais, que les classiques, lors de leur sortie, étaient en moyenne ^ plus forts, même en langues vivantes,que les élèves de l’ensei-
gnement spécial.
i (3) [L’école industrielle moyenne la plus ancienne de l’Alle-
magne est l’école industrielle royale saxonne, fondée en 1836 à Chemnitz. Elle a servi de modèle aux autres écoles, en particulier aussi aux écoles industrielles d’État autrichiennes. Elle comptait, en 1908, 836 élèves et il existait, en outre, 4 instituts ! techniques privés à Zwickau, Hainichen, Riesa, Mittweida. En
^ Prusse, on manque beaucoup d’écoles industrielles moyennes.
I En 1907, il y existait 19 écoles supérieures et préparatoires de
constructions mécaniques. En Bavière, on trouve 4 écoles d’industrie à Nüremberg, Münich et Augsbourg, avec 309 élves et 55 assistants. En Bade, l’école grand-ducale du bâtiment de Carlsruhe est une école d’État. Il existe enfin des écoles techniques dans diverses villes de l’Allemagne. L’Autriche possède 20 grandes écoles industrielles d’État organisées de façon I modèle, c’est-à-dire des groupements d’écoles supérieures d’in-
I dustrie, des écoles de conducteurs de travaux, des salles pu-
[ bliques de dessin, des écoles industrielles complémentaires, etc.]
(4) La France a fondé, dès 1747, une école pour les ingénieurs civils ; en 1748, une école pour les ingénieurs militaires ; en 1756, pour l’artillerie ; en 1783, pour les mines. L’école des mines de Freiberg date d’ailleurs de 1766. Toutes les écoles ' françaises sombrèrent pendant la Révolution. Pour les rem-
placer on fonda, en 1794, sous Monge, l’Ecole Polytechnique,
I dont les élèves, sous Napoléon, en 1804, reçurent un uniforme
I et furent logés en caserne. Cette école dépend encore aujour-
1 d’hui du ministère de la Guerre et son directeur est un général.
^ Les cours ne sont que de deux ans, mais on exige une somme
‘ très considérable de connaissances préliminaires (Foürcy, His-
/ toire de l'Ecole Polytechnique, 1828). Il existe, en outre, l’Ecole
1 des Ponts et Chaussées et l’Ecole des Mines. L’Ecole Centrale
I des arts et manufactures, fondation privée datant de 1829, et
reprise en 1859 par l’État, est une école supérieure régu-
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lièrement organisée pour les constructeurs de machines, les ingénieurs, les mineurs et les chimistes. Les cours rattachés depuis 1819 au Conservatoire des Arts et Métiers n’ont pas tardé à se constituer en une école technique supérieure, bien que chez elle la prédominance de l’enseignement du soir et du dimanche rappelle toujours son caractère primitif d’école complémentaire pour les ouvriers. D’autres écoles polytechniques ont été fondées à Prague en 1806, à Gratz en 1811, à Vienne en 1815, à Berlin en 1821, et dans cette dernière ville, l’ancienne Académie de bâtiment a été en 1879 réunie à l’Académie d’industrie, pour constituer une école supérieure tephnique. Citons encore les polytechniques deCarlsruhe en 1825 ^ de Darmstadt, fondée en 1826 comme école technique, transformée en 1836 en école supérieure industrielle, et élevée, en 1868, au rang d’école polytechnique ; celles de Münich en 1827, de Dresde en 1828, de Stuttgart en 1829, do Hanovre en 1831, de Brünn en 1850, de Zürich en 1855, de Brunswick en 1862, d’Aix-la- Chapelle en 1870, de Dantzig en 1904, de Breslau en 1910, [En Allemagne, les écoles supérieures techniques comptaient, comme élèves et assistants, en 1882 /83, 2.826 inscrits ; en 1898-99, 10.812 ; en 1911-12, 16.447. Les conditions d’admission et d’examen ont été récemment rendues plus sévères. Seuls les candidats pourvus du diplôme de fin d’études secondaires sont admis à se présenter, et pour les ingénieurs mécaniciens, il est exigé un an de pratique dans un atelier, qui doit s’accomplir avant que les études techniques ne puissent commencer. Les titres « d’ingénieur diplômé » et « d’ingénieur docteur » constituent la récompense bien méritée d’efforts scientifiques véritables (W. Lexis, Die technischen Hochschulen, 1904).] En Suisse, dès 1798, quelques hommes d’État avaient conseillé la création d’une école supérieure polytechnique (Wolff, Jubilâumschrift des Züricher Polytechnicums, 1880). La constitution fédérale de 1848 a reconnu à la Confédération le droit d’instituer une Université et une Ecole polytechnique.
(5) C’est ainsi que le cours de mécanique a été divisé en mécanique théorique, science mécanique, mécanique construc-
tive, et qu il y a encore été ajouté des cours spéciaux sur les machines à vapeur et les locomotives (F. B. \V. Hermann, Ueber polytechnische Institute, 1826 ; Nebenius, Ueber technische Lehranstalten, 1833 ; Karmarsch, Die hôhere Gewerbeschule in Hannover, 1844 ; Koristka, Der hôhere Polytech- I nische Unterricht in Deutschland, der Schweiz, Frankreich,
ï Belgien und Engiand, 1863 ; Ueber Organisation der technischen
Hochschulen, dans la Augsburger Allgemeine Zeitung du 19 janvier 1879. L’école technique supérieure de Dresde ^ possède aujourd’hui 26 professeurs ordinaires et 6 extraordi-
naires, plus 9 autres» docents ». Parmi les matières enseignées figurent également l’économie politique et la statistique, l’histoire, la géographie, l’histoire de l’art, l’histoire de la littérature, la philosophie. La division la meilleure pour un institut aussi complet est en cinq facultés : chimie, mécanique, architecture, génie (ponts et chaussées), section générale. Il en est ainsi aujourd’hui à Carlsruhe.
(6) En Belgique, les écoles polytechniques constituent des sections des deux Universités d’État. Il en existe une à Gand, depuis 1835, pour le génie civil et les fabriques, et une autre à Liège pour les mines, les constructions mécaniques et les fabriques.Si les Universités désirent garder leur situation actuelle dans la vie sociale allemande, il faut qu’elles soient en mesure de satisfaire les besoins de quiconque entend élever la routine de sa profession à la hauteur d’une science. H est fort à j désirer, dans l’intérêt de l’unité de notre culture nationale.
I qu il ne se produise pas, entre les sommités intellectuelles des
; classes sociales jusqu’ici prépondérantes, théologiens, juristes,
médecins, etc., et celles des classes nouvellement promues à 1 intellectualité, agriculteurs, techniciens, négociants, un * abîme d’ignorance réciproque, et par suite, de mésestime. [/ ux
États-Unis, un fort mouvement se manifeste dans le sens d’une fusion avec toutes les Universités, de toutes les écoles d’ingé- I nieurs auxquelles est organiquement annexé l’enseignement de
1 atelier et du laboratoire (K. Roscher, dans le Handw. d. Staatsw., 3® éd., p. 1104).]
R'-schcr II.
CHAP. X. ACTION IMMÉDIATE DE L’ÉTAT, ETC