ACTION IMMÉDIATE DE
l’État, etc.
l’enseignement du patron, de le reprendre, et de le pousser plus loin. Dans presque tous les Etats confédérés de l’Allemagne, l’Etat ou les communes leur accordent des subbentions. Environ 60 ou 70 0 /O de tous les apprentis embrassant annuellement les carrières commerciales sortent des écoles primaires. A peine 15 0/0 du total de ces apprentis sont en possession du certificat d’études exigé pour le volontariat d’un an. Cet état de choses met en lumière la nécessité d’un enseignement, continué suivant les purs principes de l’école. Ajoutons d’ailleurs que la formation pratique a besoin d’être complétée par la théorie. Un cours de deux à trois ans,comportant de 6 à 8 heures d’enseignement hebdomadaire, paraît répondre aux besoins de la façon la meilleure. La question demeure ouverte,de savoir si la fréquentation de ces écoles complémentaires commerciales doit être déclarée obligatoire. On s’épargnera au mieux le scrupule de se demander s’il est juste d’imposer à un homme une formation,qu’il ne reconnaît pas lui-même nécessaire, en laissant aux communes le soin de proclamer une obligation de ce genre. Dans tous les cas où celle-ci paraîtrait, à l’égard d’apprentis plus avancés dans leur formation, une sévérité inadmissible, une 'dispense devra être accordée. En 1909, le nombre des écoles complémentaires commerciales existant dans les divers Etats de l’Allemagne pouvait dépasser 600, dont 381 pour la Prusse, 79 pour la Bavière, 67 pour la Saxe, 42 pour Bade et 50 pour la Hesse.
La formation préparatoire du jeune commerçant est plus importante que sa formation complémentaire. Le patron n’est pas, dans tous les cas, un éducateur convenable, et n’a ni le temps, ni le goût, d’initier à tous les détails, le jeune homme confié à ses soins. En outre, l’enseignement du soir ne produit pas son plein effet, en raison de ce que
le meilleur des forces de l’apprenti a été, pendant tout le jour, consacré aux affaires. On a donc été conduit à la création d’écoles moyennes commerciales, à nouveau subdivisées en écoles réales de commerce et en écoles commerciales du second degré. Toutes deux ont pour mission de procurer à l’apprenti qui se prépare, et avant son entrée dans la pratique du commerce, une certaine formation technique et générale. L’école réale de commerce donne un enseignement journalier complet, embrassant toutes les parties commerciales ainsi que les langues étrangères ; on y enseigne la tenue des livres, la correspondance, l’arithmétique, la science des marchandises, etc. L’école commerciale du second degré est une école technique, supposant une formation générale acquise, et assurant une formation répondant à des besoins spéciaux. Elle s’adresse aux hommes déjà en possession d’une formation préparatoire suffisante, et capables de se perfectionner eux-mêmes, à condition de recevoir une certaine impulsion.
L’afflux des personnes du sexe féminin, vers les professions commerciales, est un fait récent qui ne permet pas de négliger la question de leur éducation. En Allemagne, de 1875 à 1882, le nombre des apprentis du sexe masculin, dans les professions commerciales, s’est accru de 58 0/0, contre 125 0/0 pour le sexe féminin, ces chiffres passant respectivement à 59 et à 161 0 /O pour la période 1882-1895. En 1902, une enquête entreprise par la commission d’Empire pour la statistique du travail, et portant sur 8.235 magasins commerciaux, y a montré l’existence, à côté de 8.211 apprentis du sexe masculin, de 8.634 de l’autre sexe. Le recensement professionnel de 1907 a dénombré, pour le commerce fixe de marchandises et produits,392.058 commis et apprentis de commerce, demoiselles de magasin, etc..
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sur lesquels 220.917 appartenaient au sexe masculin, et 171.141 au sexe léminin. Rien (l’étonnant par suite, à ce que 1 on s intéressé à organiser, mieux qu’il n’a été fait jusqu ici, leur préparation. D’autre part, il est impossible etouiïer les plaintes légitimes, touchant l’abaissement du salaire masculin causé par l’emjdoi des forces de travail non e uquees de la femme. Le jeune commerçant d’aujourd hui doit compter avec la concurrence de celle-ci comme vendeuse, comptable, etc. Il est dès lors manifeste qu’il est pour lui plus utile, de voir imposer à cette concurrehte des conditions de formation analogues aux siennes, pour éviter d etre gêné par elle. On ne s’est dans bien des cas d’ailleurs pas rendu compte, dans les familles destinant leurs filles au commerce, du devoir de leur assurer une formation professionnelle. On leur faisait apprendre six mois la pratique de la vente, ou bien on les envoyait pour trois ou six mois dans ce que l’on appelait une « académie de commerce », qu’il aurait été préférable de qualifier de four à candidates. Après quoi, la jeune fille passait pour parfaite vendeuse ou comptable. Le résultat ne pouvait être que des services insuffisants de la part des employées du sexe féminin, et un salaire inférieur à leurs besoins. Les organisations groupant les employées de commerce ont donc expressément insisté sur la nécessité d’une formation technique a fond, et institué des écoles de commerce élémentaires,supérieures,et également complémentaires.Des motifs d’utilité pratique recommandent d’assurer l’indépendance des établissements d’enseignement de ce genre à l’usage des commerçantes, et d’éviter de les rattacher à ceux destinés au sexe masculin. Seuls les objets de l’enseignement et le temps de scolarité devraient être identiques. Les malencontreux fours à candidates devraient être éteints autant que possible, et le caractère obligatoire devrait de
même assurer la fréquentation des écoles complémentaires à l’usage des commerçantes (2).
Actuellement en 1908, il existe en Allemagne, à l’usage des commerçantes, 61 écoles complémentaires libres et 30 obligatoires, 50 cours commerciaux ou écoles de commerce avec matières à option, 72 écoles commerciales à programme fixe d’enseignement, et 15 écoles commerciales supérieures. La progression du nombre d’établissements d’enseignement de ce genre a été particulièrement forte en 1905-07. Mais on ne s’est encore occupé que très peu de la formation de maîtresses d’enseignement commercial. Sous ce rapport, on dispose pour l’éducation des femmes qui se destinent à cet enseignement, de ce qu’on appelle les cours d’Etat, organisés pour la première fois en 1898 par le ministère prussien du commerce. D’une longueur de quatre semaines, et comportant en partie un cours supérieur d’une même durée, ils ont lieu en différents endroits. On dispose encore des cours d’institutrices de l’école complémentaire \ictoria, à Berlin, et des cours de vacances créés par la société allemande des Ecoles complémentaires. Isolément, on compte quelques séminaires commerciaux pour institu-
trices, notamment à Dortmund et à Münich.
Le couronnement de toute la réforme de l’enseignement commercial est constitué par Vécole supérieure de commerce. Il est rare qu’une idée ait rencontré semblable unanimité d accueil, et se soit si rapidement transformée en une réalité tangible, comme celle qui a conduit à l’institution ' d’écoles supérieures de commerce. Les résolutions adoptées au second congrès de l’Union pour l’enseignement commercial en 1897, ont été immédiatement mises en application. Leipzig et Aix-la-Chapelle ont marché de l’avant dans la voie du bon exemple. Francfort-sur-Mein, Cologne, Berlin, Mannheim, Münich ont suivi. A Konigsberg de Prusse et à