‹ Économie industrielle [microform]Chapitre 129 sur 155 · REVERS DE LA CIVILISATION SUPÉRIEURE · texte numérisé non relu

REVERS DE LA CIVILISATION SUPÉRIEURE

NOWSKi, Studien zur Théorie und Geschichte der H andelskrisen in England, 1901 ; Engels, Die Entwicklung des Sozialismus von der Utopie zur Wissenschaft, 4« éd. ; Schr.d. Ver. f. Sozialp. 1903, p. 105-112 ; Eulenburg, Die gegenwàrtige Wirtschaftsdans le Jahrb. f. Aat.,3^ F., 24, pp. 359 et suiv. ; André E. Sayous, La crise allemande de 1900-1902,1903 ; O. ScHMOLLER, Grundriss der allgemeinen Volkswirtschaftslehre, 2, pp. 464 et suiv. ; 1904 ; W. Lexis, Ueber produktion, dans le HandiV. d. Staatsw., 3® éd., pp. 2 et suiv. ; J. Lescure, Des crises générales et périodiques de surproduction, 1910, 2® éd. ; Walter Fischer, Das Problem der Wirtschaftskrisen, 1911].

Plus la division du travail se développe, plus il est difficile de maintenir constamment l’offre d’un produit dans les limites de la demande éventuelle. Aussi trouvons-nous, aux -échelons supérieurs de la civilisation économique, des crises de débouchés de toute sorte, non seulement des plus fréquentes, mais encore des plus dangereuses. Plus il y a d’intermédiaires participant à un procédé de production ou de débouchés, plus doit prendre d’extension, dans son influence perturbatrice, le défaut final de payement, et paralyser d’autant plus l’envie de consommer du public. Par contre, les crises peuvent avoir moins d’importance, lorsque la prépondérance est acquise aux métiers qui travaillent sur commande du consommateur direct, ou lorsque le commerce ne s’occupe que d’articles de luxe,et les écoule au comptant en visitant lui-même les foires. Le mal a plus de gravité lorsque la spéculation (1), la fabrique et le commerce en gros prédominent, lorsque le capital fixe, si difficile à dériver d’une voie sur une autre, prend le pas sur le capital circulant, lorsque le travail mécanique arrive à

Roscher J*. 26

dépasser le travail manuel. Le commerce intérieur offre^ devant les crises, plus de sécurité que l’extérieur, parceque les besoins du marché national peuvent en général secalculer plus aisément d’avance. Un pays, où prévaut la ‘circulation fiduciaire, incline particulièrement à des crises plus répétées et plus violentes, qu’un pays à circulation métallique. Le papier est sujet à des oscillations des plus accentuées, et prête, lorsqu’on en joue inconsidérément, à des spéculations beaucoup plus hardies. L’arme à deux tranchants du crédit fait sentir ses effets surtout en ce que, s’il favorise la production,et en temps ordinaire, les débouchés, il rend également les crises beaucoup plus désastreuses (2). En un mot, ces maladies sont le revers de la civilisation supérieure (3, 4), une suite difficilement évitable de son zèle sans trêve et de son esprit d’innovation. La suppression de toutes les barrières commerciales intérieures et extérieures, ainsi que la constitution d’un marché mondial proprement dit (5), doivent, pendant la période transitoire, jusqu’à ce que les hommes se soient accoutumés à ces champs d’action plus libres, être considérées comme des stimulants des crises de débouchés.

Si les colonies, k toutes les phases de leur jeune développement, ont fréquemment à souffrir de crises de débouchés douloureuses, cela tient au trait fondamental de leur caractère, qui est la faiblesse d’exploitation de leurs ressources naturelles, la grande prédominance de la production brute, l’insignifiance de leurs capitaux, mais aussi le fait que leur population est pourvue de tous les besoins et de toutes les ressources intellectuelles qui sont le propre d’une civilisation avancée. C’est pourquoi l’importance du commerce extérieur est disproportionnée, dans la plupart des colonies, dont la production compte principalement sur l’exportation lointaine (6). C’est pourquoi encore elles.

Page 1