‹ Économie industrielle [microform]Chapitre 135 sur 155 · EFFETS · texte numérisé non relu

EFFETS

des compagnies d’assurances elles-mêmes avaient suivi leur exemple ! {Zeitschr. f. Staatsw., 30, p. 31).

La mesure du dommage causé par une crise de débouchés à la fortune nationale ne peut immédiatement trouver son expression dans la chute des cours des actions et autres valeurs analogues (1). Cette chute ne traduit que la différence entre les espoirs antérieurs et le découragement consécutif. Au surplus, elle n’a pour sa plus forte partie que le sens d’un transport de certaines mains de la nation dans d’autres. Néanmoins, il est incontestable que beaucoup de capitaux réels bien qu’incorporels sont détruits, notamment certaines organisations utiles, ainsi que la confiance permettant d’épargner le travail et l’argent. Lorsque des produits sont vendus à un prix inférieur au coût de production, les producteurs perdent en général plus que les consommateurs ne gagnent (2). Mais la perte principale, qui consiste en ce que le public a placé de façon plus ou moins irrévocable ses capitaux dans des spéculations fausses, s’est déjàjproduite avant la crise ; seulement, le public n’en a le sentiment que par la catastrophe. La lutte entre les intéressés à qui supportera le dommage forme la substance de la crise, et l’incertitude sur l’issue du conflit, le principe de la panique qui l’accompagne (3). Il ne faut pas évaluer trop haut l’importance de ce dommage matériel, chez les nations vigoureuses et en croissance. Le taux élevé de l’intérêt renferme en luimême un puissant encouragement à la formation nouvelle de capitaux. Le luxe auquel, lors du vertige spéculatif, on avait poussé,soit à dessein, soit par suite d’une illusion,fait à nouveau place à la modération et à l’économie d’autrefois.

Lorsque les maisons de commerce et les postes de placement des capitaux ont honorablement surmonté la crise, c est pour jouir désormais à juste titre d’une confiance plus grande encore qu’auparavant (4). L’économie sociale française, à la mesurer d’après les escomptes de la Banque de France, s’est depuis 1799, en dépit de toutes les crises, puissamment développée ; le point auquel, la crise une fois passée, a repris l’essor des affaires, a toujours été plus bas que le sommet atteint à l’époque de la surspéculation, mais il a été non moins régulièrement plus élevé que le point correspondant inférieur touché à la suite des crises précédentes (5).

Un danger bien plus considérable résulte de la tendance de chaque crise de débouchés à accentuer encore davantage le contraste entre la richesse et la pauvreté^ ainsi que l’état de dépendance de cette dernière. Si la crise est issue d’une production industrielle immodérée, les grands fabricants subissent une perte temporaire, le plus souvent bientôt compensée pour eux par la permanence de la ruine de nombreux petits rivaux, venant les débarrasser d’une concurrence onéreuse. Le salaire des ouvriers s’élève, pendant la marée montante qui précède la crise, en général plus tard que le prix des autres marchandises : c’est qu’en effet, la spéculation sur celles-ci n’est pas seulement influencée par leur demande actuelle, mais encore par celle espérée pour l’avenir. Ce même salaire commence à s’abaisser par contre dès l’apparition du reflux, parce qu’il est impossible ici d’accumuler des réserves dans l’attente de temps meilleurs (6). Dans les crises boursières au sens étroit,la coulisse, c est-à-dire les petits spéculateurs inexpérimentés? sont en général les victimes des grandes maisons financières « de l’intérieur du péristyle ». Ces dernières ont le plus souvent conduit systématiquement la hausse, pré-

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