‹ Économie industrielle [microform]Chapitre 137 sur 155 · ECONOMIE MINIÈRE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

ECONOMIE MINIÈRE EN GÉNÉRAL

Les mines offrent un certain ensemble de particularités qu’on ne rencontre d’autre part que séparées, dans les branches très diverses de l’économie sociale. Les mines appartiennent aux industries dites d'occupation. Mais tandis que, par exemple, les produits de la chasse, aux degrés inférieurs de la civilisation, sont extrêmement bon marché et deviennent, avec les progrès de celle-ci, plus chers dans une surprenante mesure (Vol. I, § 130 et suiv.), dans les mines au contraire, le capital et le travail jouent en tout temps un rôle tel, qu’une économie sociale en progrès, grâce à l’augmentation du bon marché des capitaux et de l’habileté de la main-d’œuvre, arrive à pouvoir compenser le renchérissement des services de la nature (1). Tandis qu’en général, c’est aux degrés de civilisation supérieurs que la plupart des industries d’occupation n’ont qu’une importance relativement faible, c’est à notre époque aussi seulement que l’extraction de la houille, par exemple, est devenue l’une des branches les plus essentielles de l’économie (2 .Les présents naturels que les mines extraient du sol ne peuvent, même avec les plus grands ménagements dans

OHAP. XII. MINES

leur exploitation, se reproduire à nouveau, ce qui constitue derechef une différence notable avec les autres industries d occupation, et plus encore avec V agriculture et son cycle pour ainsi dire éternel (3). Aussi la comparaison souvent établie, entre la rente minière et la rente du sol en agriculture,est-elle boiteuse pour une part importante, et les règles ordinaires de 1 amodiation ne sont-elles pas, sans plus, applicables aux mines (4). D’ailleurs sans doute, même les mines des qualités les plus hautes, si l’on disposait d’une quantité illimitée d’équivalentes, ne rapporteraient à qui les exploite que le salaire et l’intérêt courants dans le pays. Une rente ne devient possible que lorsque, pour satisfaire les besoins, on se trouve obligé d’exploiter les mines de seconde qualité, etc. (5). Comme en agriculture, la situation du terrain a,danslesmines,presquele même résultat que la richesse du sol, et nous envisageons ici non seulement le voisinage des marchés (6), mais encore l’altitude de la mine (7) et sa proximité du combustible, etc. (8).— Les mines participent à beaucoup des particularités de Vindustrie urbaine. Bien qu on puisse y montrer aussi la différence entre 1 exploitation extensive et l’intensive (9), celle-là étant en général la première à se manifester, les capitaux, surtout ceux fixes, acquièrent dans les mines bien plus tôt de l’importance que dans l’agriculture, notamment les machines (10), et le capital considérable et intransportable représenté par les puits et les galeries (11). Les mines forcent presque leurs exploitants de grouper leurs demeures dans le voisinage des fosses ou des forges. La grande habileté technique que suppose leur exploitation intensive, et le fait que la plupart de leurs produits servent en premier lieu à 1 industrie urbaine,impriment à bien des égards à leur production brute, bien que résultant d’un fait d’occupation, un caractère presque urbain (12). En même temps,la situa-

Page 1